19.06.2008

Sarkozy veut donner une impulsion

L'objectif est d'abord de calmer le jeu. Faire en sorte que le non irlandais n'en entraîne pas d'autres par un effet domino. Et inciter les huit Etats qui n'ont pas encore ratifié le traité de Lisbonne à le faire le plus vite possible. A Prague, au début de la semaine, Nicolas Sarkozy a souligné qu'un échec bloquerait tout nouvel élargissement. Et cela même s'il ne veut acculer personne comme il l'a dit aux Tchèques. Le président français se souvient qu'au lendemain de l'échec du referendum français sur l'Europe, plusieurs dirigeants européens s'étaient tournés vers lui pour sortir de l'impasse dans laquelle Chirac avait plongé le vieux continent. Le succès du mini-traité concocté avec Angela Merkel qui n'avait pas supporté que le président français tire la couverture à lui, a montré, une fois les rapports entre Paris et Berlin pacifiés, l'importance persistante du noyau franco-allemand. Avec la présidence française de l'Union Européenne, Nicolas Sarkozy va avoir l'occasion de prendre une autre dimension. A travers les réformes que les Français mettent en oeuvre tardivement, il entend démontrer que son pays n'est plus « l'homme malade de l'Europe ». Par ailleurs la fonction qu'il assume est d'abord logistique. Elle implique l'organisation en six mois de milliers de négociations et de rencontres entre les 27 Etats membres pour faire progresser l'agenda européen. Parmi les principaux sujets, une relance de la défense européenne, dix ans après le sommet de Saint-Malo, les perspectives de l'agriculture pour l'après 2013, date à laquelle est prévue la fin de la Politique agricole commune (PAC), les questions de sécurité énergétique... Les dossiers sont complexes et avancent lentement. Mais sans espérer de percée décisive sur un aussi court laps de temps, le président français souhaite donner une impulsion nouvelle à une construction communautaire sérieusement enlisée.