22.05.2008
L’Elysée, citadelle assiégée
En effet, les réformes en cours, que ce soit sur les institutions, la loi sur la modernisation économique, l’ajout d’une année supplémentaire pour les cotisations de retraite ou les suppressions de postes dans la Fonction publique, supposent un effort de pédagogie et une unité sans faille de la majorité. Or, la création d’une task force réunissant Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Nadine Morano, Laurent Wauquiez et Xavier Darcos n’est pas d’une grande habileté puisqu’elle marginalise les autres ministres, à commencer par le premier d’entre eux dont on dit désormais que le Président ne le supporte plus. Et pourquoi donc, si ce n’est que le chef du gouvernement a eu l’insolence de dépasser le chef de l’Etat dans les cotes de popularité ? Si l’on a pu, par le passé, considérer que l’accusation de dérive monarchique était quelque peu excessive, il y a là comme l’instruction méthodique d’un crime de lèse-majesté qu’une partie de la presse, toujours aussi moutonnière, s’est empressée de relayer. Or, les trois hommes, dont deux (Copé et Devedjian), ont déjà fait ouvertement alliance, constituent un triangle incontournable pour l’équilibre de la majorité que les manœuvres de contournement actuelles risquent d’encourager à la rébellion. Laquelle a été maladroitement exagérée lors du vote sur les OGM dont l’interprétation aurait pu être circonscrite à un problème de procédure. Ainsi, en donnant l’impression de vouloir régler des comptes, l’Elysée s’est mis dans la position inconfortable d’une citadelle assiégée avec un Président soucieux de couper toutes les têtes qui dépassent. D’où les propos apaisants pour calmer le jeu.
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25.04.2008
L’homme qui veut bien faire
« Tout est rentré dans l’ordre ». Le chef de l’Etat a évité d’évoquer, hier soir, sa vie privée pour mieux se concentrer sur les préoccupations des Français.
La leçon des derniers mois a été tirée quant au style largement décrié de sa présidence. Les questions politiciennes sur sa relation douce-amère avec son Premier ministre ont également été prestement évacuées. Tout comme la mise en orbite d’un rival de François Fillon en la personne de Xavier Bertrand. En revanche, les erreurs de jeunesse de certains membres du gouvernement ne seront plus pardonnées. Qu’on se le dise, l’indulgence à l’égard des débutants appartient au passé. Sur le fond, l’exercice auquel se voyait confronté Nicolas Sarkozy n’était guère aisé. Du moins sur la politique économique. En l’occurrence, le Président s’est contenté de rappeler les fondamentaux de sa campagne, concédant au passage une grave erreur de communication sur le paquet fiscal. Parce que les prix ont augmenté en France plus que partout ailleurs, que les salaires sont trop bas et les charges trop fortes, le mécontentement est patent. Mais au-delà de ce constat, le discours présidentiel patine, parce qu’il n’a pas les moyens d’une politique vigoureuse face à un environnement mondial défavorable. Le chef de l’Etat a rappelé le nombre important de réformes engagées (55) qui, à l’en croire, devraient créer une dynamique de changement, compte tenu de leurs imbrications. Toutefois, hormis l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires, la baisse du chômage et la généralisation annoncée du RSA, aucune annonce miracle n’apparaît de nature à inverser rapidement la tendance. La fermeté sur les clandestins avec un refus persistant de toute culpabilisation, une volonté de tenir sur la suppression de postes dans l’enseignement et un souci de conciliation avec la Chine : loin des grands principes, Nicolas Sarkozy continue à vouloir bien faire dans les limites du possible. Quitte à porter durablement le poids d’une opinion hostile.
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