18.11.2008
PS : deux conceptions de la politique
Passons d’abord sur les commentaires apitoyés de certains députés UMP, tel Frédéric Lefebvre, ou même de ministres, comme Michèle Alliot-Marie, qui s’inquiètent d’une disparition prochaine du PS.
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14.11.2008
L'affrontement nécessaire
« Il est ahurissant que les gauches européennes n'aient pas réussi à organiser un sommet face à la crise financière mondiale », note l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Moyennant quoi, c'est Nicolas Sarkozy qui va se poser en refondateur du capitalisme à Washington alors que les socialistes étaient jusqu'alors les champions de la régulation. Au fond, le drame du PS est de n'être jamais sorti de l'ambiguïté de François Mitterrand, alors que le nouveau Président semble aujourd'hui s'inspirer de ses méthodes, qui consistaient à brouiller les cartes en permanence tout en étant d'un pragmatisme à toute épreuve. Faute d'avoir acté le tournant de la social-démocratie comme le SPD allemand à Bad-Godesberg, le PS a préféré les synthèses de circonstance aux affrontements idéologiques qui auraient permis de clarifier sa ligne. Ainsi, le Premier secrétaire, François Hollande, qui aura tenté durant une décennie de se maintenir en équilibre au sein du parti, paie pour ne pas avoir tranché dans le vif. A force d'attentisme, de parenthèses et de débats trop théoriques, le PS n'a pas su se définir par rapport à certains enjeux de société comme la délinquance. Surtout, il s'est montré incapable d'appréhender la mondialisation et les contraintes qu'elle impose en termes de redistribution du pouvoir et des richesses à l'échelle mondiale. En privilégiant l'alliance avec le centre, même si elle estime désormais que le MoDem est un faux problème qu'on lui oppose pour la discréditer, Ségolène Royal a eu le mérite de choisir un cap. Car, c'est d'un compas dont les socialistes ont aujourd'hui besoin pour naviguer. Et beaucoup en viennent à souhaiter à Reims un affrontement salutaire comme au congrès d'Epinay, qui permette au parti de sortir de ses contradictions.
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12.11.2008
Ségo sort du frigo
Ce ne sera sans doute ni Vincent Peillon ni Julien Dray et encore moins François Rebsamen. C’est tout simplement Ségolène Royal qui devrait revendiquer le poste de premier secrétaire du PS. À moins qu’elle ne s’attribue un titre de présidente, si l’on en croit désormais « Le Monde », chapeautant par là-même un premier secrétaire délégué. La mise au « frigidaire » de sa candidature pourrait ainsi apparaître purement tactique. Même si le front uni, qui risque de se dessiner contre elle, l’oblige à monter en première ligne. Ce qui n’est pas encore totalement acquis. Mais, forte du soutien des barons régionaux (notamment des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault), la madone du PS tente de jouer la base et les jeunes contre les cadres qui tiennent l’appareil. Toutefois, même si elle apparaît en tête du peloton, Ségolène Royal est loin d’être majoritaire. Or, échaudés par la présidentielle, la plupart des barons du parti n’ont aucunement l’intention de lui faire la courte échelle. Pas plus Bertrand Delanoë que Martine Aubry. Quant à Benoît Hamon, vu leur positionnement réciproques, lui radical, elle centriste, ce serait l’alliance de la carpe et du lapin. On s’achemine donc vers un congrès de Reims qui pourrait fort bien ressembler à celui de Rennes, de sinistre mémoire. D’ici là, la présidente du Poitou-Charentes trouvera-t-elle des alliés ? Saura-t-elle rallier à sa cause une partie de ceux qui l’accusent toujours de jouer trop perso et rejettent son style résolument « télévangéliste » ? Beaucoup pourraient être tentés par la politique du pire à travers un TSS (Tout Sauf Ségolène). En faisant du même coup l’impasse sur la prochaine présidentielle. Après tout, me confiait récemment un cacique : « Le calendrier qui prévoit une sortie de crise en 2010 est favorable à Sarkozy ». C’est oublier que les Français voudront peut-être rejouer le match de 2007 entre Sarko et Ségo.
08:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, PS, parti socialiste, Vincent Peillon, Julien Dray
10.10.2008
PS, à la recherche d’un nouveau souffle
La crise financière internationale bouscule tous les repères. Alors que Nicolas Sarkozy opte pour un discours socialisant, le PS, continue, lui, à chercher sa voie. Préconisant un grand emprunt européen et un plan européen de sauvetage des banques, le premier secrétaire du PS, François Hollande, ne s’est pas opposé frontalement au premier ministre François Fillon qui annonçait à l’Assemblée nationale la création d’une « société de prises de participations de l’Etat ». C’est que les socialistes voient, dans cette crise financière mondiale, la confirmation de leurs thèses sur le capitalisme dévoyé. Mais ils ne savent pas comment restructurer l’Etat providence sur lequel ils ont assis leur prospérité électorale. Et ils ne disposent pas d’une boîte à outils très performante pour appréhender la mondialisation, tout comme cette crise qui est la conséquence des dérives du capitalisme anglo-saxon depuis 30 ans (*). De surcroît, même s’ils ne se laissent pas enfermer dans l’union nationale que leur propose le tandem Sarkozy-Fillon, ils ne peuvent guère ajouter de la confusion à une situation qui est déjà assez confuse.
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22.04.2008
Le PS en lente mutation
08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Parti Socialiste, Lionel Jospin, François Hollande, MoDem, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Julien Dray
29.11.2007
Sarko ou le défi de l’autorité
Lors de son intervention télévisée, ce soir, le chef de l’Etat va devoir reprendre la main. Le dénouement de la crise sur les régimes spéciaux et son voyage plutôt réussi en Chine, n’ont pas empêché le climat de s’assombrir dans l’Hexagone. Du coup, le Parti socialiste que l’on trouvait singulièrement atone sur les conflits sociaux, tente de reprendre l’initiative avec un premier secrétaire qui joue son va-tout dans la perspective des prochaines élections pour se remettre en selle. Passé l’ivresse de son élection, le président de la République se retrouve confronté à une conjoncture économique difficile, à laquelle il paraît opposer un déni de réalité. Avec la controverse sur le pouvoir d’achat, il semble s’être lui-même mis dans une seringue car la lenteur des réformes et les sombres perspectives de l’économie mondiale ne lui permettront pas d’obtenir rapidement des résultats. Aussi l’idée d’un plan de rigueur, émise par Christine Lagarde avant d’être sèchement démentie par l’Élysée, progresse t-elle dans les milieux informés. D’autant que pour colmater les brèches qui s’ouvrent ici et là, des pêcheurs aux cheminots en passant peut-être demain par les banlieues, l’Exécutif a pris l’habitude de lâcher du lest en contrevenant à ses engagements européens de rigueur budgétaire. Fillon qui reste solide à la barre a d’ailleurs rappelé qu’il n’y avait pas d’argent dans les caisses pour de nouvelles mesures de relance qui seront tout au plus symboliques. Ainsi l’aggravation de la situation sécuritaire en région parisienne exige d’abord des moyens de répression accrue. Il semble que le déploiement massif des forces de l’ordre et des hommes du Raid ait provisoirement apaisé le climat, tout comme, sans doute, la menace d’un passage en cour d’assises des tireurs. En s’adressant aujourd’hui aux policiers puis aux Français, Nicolas Sarkozy devra faire preuve d’autorité et montrer qu’au-delà des jeux tacticiens de l’ouverture qui désorientent sa propre majorité, il est encore capable de rassurer ceux qui ont voté pour lui au printemps dernier.
08:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, parti socialiste
24.01.2007
Ségolène : le procès en incompétence
08:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Québec, De Gaulle, Sarkozy, François Hollande, PS, Parti socialiste
28.11.2006
La guerre des sexes
| Faux problème, laisse-t-on entendre dans l’entourage du président de l’UMP. Il faut l’amener sur le fond. D’autant que Ségolène ne pourra pas lui reprocher d’être médiatique et populiste. En effet, ces qualificatifs s’appliquent tout autant à elle-même. Convaincus que Michèle Alliot-Marie se présentera aux primaires de l’UMP, les sarkozystes y voient déjà un galop d’essai avant d’affronter la candidate socialiste. Qu’il se déclare aujourd’hui devant les parlementaires, jeudi à la télévision ou vendredi en province, Sarko ne sera finalement confronté qu’à une seule question tout au long de cette campagne. Comment résister à la poussée féminine qui entend bien soumettre le mâle dominant, ou supposé tel ? Malgré les précautions de langage, nous pourrions être confrontés dans les prochaines semaines à un feuilleton intitulé « La guerre des sexes ».
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08:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Sarkozy, UMP, Alliot-Marie, Hubert Coudurier, Parti Socialiste, PS
31.10.2006
Démocratie et populisme
La dernière idée de Ségolène Royal sur des jurys populaires a donné lieu à l'accusation de populisme, même si elle déclare aujourd'hui dans Ouest-France que « le peuple n'a pas toujours raison ». Après avoir été lui-même la cible de ce genre de critique à laquelle il avait répliqué « le populisme, c'est le peuple », Nicolas Sarkozy a abondé dans le sens de ceux qui craignent que la présidente du Poitou-Charentes se transforme en une sorte d'Evita Peron, si elle accédait à la magistrature suprême. Mais que revêt exactement cette notion ?
Le syndrome argentin
Le parallèle avec la dictature péroniste n'est pas totalement déplacé si l'on considère que la France souffre d'un syndrome argentin (dixit l'économiste Jacques Marseille), celui du déclin d'un pays vivant toujours dans la nostalgie du passé. Cette impuissance à tourner la page, cette incapacité à la prise de risque engendre morosité et frustration des classes moyennes qui refusent de voir l'avenir avec un brin d'optimisme. L'échec du référendum européen de mai 2005 en a porté témoignage. Comme si l'embourgeoisement d'une génération et son culte de la « jouissance à tout prix », pour reprendre l'expression du psychanalyste Charles Melman, débouchaient, perte de valeurs aidant, sur le vide et l'angoisse du lendemain. Dans ce contexte, les élites traditionnelles qui occupent des positions de pouvoir, à commencer par les politiques, sont mises en accusation. Taxées au mieux d'incompétence, voire de corruption. Tout comme les patrons et tous ceux qui, à des niveaux divers, occupent des fonctions d'autorité. La culpabilité des dominants face à ces souffrances sociales, dont le mal vivre des banlieues est l'expression la plus grave, nourrit une certaine hystérie à l'égard d'une société très maternante où les limites ne sont plus fixées. Les jeunes s'enferment ainsi dans des attitudes de toute puissance et de transgression qui les rassurent, mais débouchent parfois sur des drames à force de trop nier la réalité.
Des approches nouvelles
Ségo et Sarko, qui occupent le devant de l'affiche, proposent une autre pratique de la politique que les élites traditionnelles, soucieuses de stabilité et généralement peu innovantes. Très opiniâtres, pragmatiques et moins institutionnelles, ces deux figures charismatiques ont contourné les résistances qui s'opposaient à leur irrésistible ascension. Face au conformisme de la politique française, ils ont proposé, l'un et l'autre, des approches nouvelles, affichant une apparente sincérité de nature à séduire les sceptiques, au premier rang desquels les médias sur lesquels ils se sont appuyés. La difficulté pour Nicolas Sarkozy sera de séduire, toujours et encore, alors qu'il occupe des responsabilités de premier plan depuis cinq ans. Après le constat de 2002, la lutte contre l'insécurité et une nouvelle forme de criminalité s'avère plus complexe que prévu, compte tenu de l'enkystement des causes de la délinquance dans notre société. En voulant réoccuper le terrain symbolique de l'autorité par des postures dont on attend encore les effets, le ministre de l'Intérieur, qui n'a pas ménagé sa peine, a néanmoins déçu. D'où la montée en puissance d'autres candidats, tel François Bayrou qui, lui, a réellement rompu avec Jacques Chirac et poursuit courageusement son chemin en solitaire.
Une société plus dure
Ségolène Royal, elle, peut se contenter des mots, sauf à en abuser, et de jouer sur des ressorts purement émotionnels. Encadrement militaire des délinquants, démocratie participative... N'ayant pas exercé le pouvoir, sauf dans sa région, elle nn'a pas d'obligation de résultat. Le rééquilibrage, qui se produit en faveur de DSK, n'est pas encore de nature à la menacer réellement. Reste que ceux qui conspuent le côté « radsoc » du chef de l'État et sa gestion précautionneuse du corps social devraient se méfier. En dépit des causes actuelles de mécontentement, l'avènement d'un candidat (ou d'une candidate) de type populiste annoncerait une société sans doute plus efficace, donc beaucoup plus dure que celle des années Chirac
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27.10.2006
Débats au PS. Ségolène l'Américaine
S'ils l'avaient ménagée lors du premier débat télévisé, les concurrents de Ségolène Royal l'ont affrontée avec plus de vigueur mardi soir, au risque pour eux de la maintenir au centre des débats après l'avoir dans un premier temps ignorée. Laurent Fabius l'accusant même de pratiquer une forme de « populisme qui ferait le lit de l'extrême droite ». Ayant acquis plus d'aisance, d'autant que le débat portait sur ses thèmes de prédilection, la présidente du Poitou-Charentes ne s'est pas démontée, dévoilant à cette occasion un autoritarisme masqué jusqu'alors par les sourires de circonstance. Elle a montré de surcroît son sens de la formule en estimant que le projet du PS n'était pas « le petit Livre rouge », ce qui ne manque pas de piquant car son projet de jury populaire fleure bon le maoïsme d'antan. A quand la création de comités de quartier pour surveiller les citoyens comme cela existe encore dans certaines démocraties populaires ? A trop jouer l'opinion contre les élus du peuple au risque de discréditer des hommes et des femmes intégrés dans leur très grande majorité, comme l'a justement rappelé Claudy Lebreton, président de la Fédération des élus socialistes et républicains, on mine la confiance dans la République, désormais en butte aux attaques des communautaristes de tout poil. Venant d'une élue qui ne s'est pas fait remarquer par son assiduité à l'Assemblée, il y a là la marque d'une dérive à l'américaine contraire à nos traditions. Que l'on souhaite mieux associer à l'action publique des citoyens de plus en plus conscients des enjeux politiques n'est pas en soi choquant. A condition toutefois de ne pas le faire par des propositions simplistes ou de simples gadgets comme le fait d'ouvrir à tous les vents le saint des saints que reste le conseil des ministres (dont les débats se retrouvent déjà tous les mercredis dans Le Canard enchaîné).
Une succession de coups médiatiques
La transparence à tout prix est un écueil qui menace nos sociétés contemporaines comme le montre l'étalage grandissant de la vie privée de nos dirigeants dans les magazines « people ». On attend de ceux qui aspirent à la magistrature suprême, un corps de convictions solidement étayées et pas uniquement une succession de coups médiatiques. D'autant que la reine des sondages fait régulièrement machine arrière après avoir testé ses recettes inspirées du marketing. N'en déplaise au chroniqueur d'un grand quotidien du soir qui voyait hier de façon caricaturale Ségolène en mère de famille agressée par les deux loubards que seraient Fabius et DSK, une candidate à la présidentielle ne peut être un sujet tabou. Surtout quand elle manie à merveille l'arme de la culpabilisation pour discréditer ses concurrents.
12:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Hubert Coudurier, Parti Socialiste, PS








