27.11.2008

Drôles de dames au PS

La crise interdit les audaces et favorise les comportements conservateurs. En confirmant, du même coup, la vieille règle mitterrandienne selon laquelle le Parti socialiste se prend toujours à gauche.
Le PS s’est donc refusé à Ségolène Royal, symbole de changement dans un parti nécrosé ayant plusieurs fois échoué depuis 1995 à remporter la magistrature suprême. Il lui a préféré Martine Aubry, figure emblématique des 35 heures, des emplois aidés et de la couverture maladie universelle (CMU). Autrement dit, des acquis sociaux de la période heureuse du jospinisme porté par une forte croissance. Pour s’imposer, Mme Aubry a su avancer masquée, se déclarant au dernier moment et évinçant l’autre héritier de Jospin, Bertrand Delanoë, qui avait commis l’imprudence de se déclarer « social et libéral ». A l’heure où les avatars financiers du libéralisme produisent des effets désastreux, il est des mots, surtout à gauche, à ne pas prononcer. Pour autant, la maire de Lille se retrouve à la tête d’un cartel quelque peu archaïque qui rassemble des antieuropéens et des anticapitalistes. N’est-ce pas condamner les socialistes à une longue cure d’opposition que de s’enfermer dans cette posture régressive qui rappelle celle de Neil Kinnock chez les travaillistes anglais avant l’arrivée de Tony Blair ? Et ne correspond plus à l’état du monde d’aujourd’hui. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer Martine Aubry qui a promis aux socialistes qu’ils retrouveraient avec elle une voix pour s’opposer à Nicolas Sarkozy. Malgré la volonté implicite de Ségolène Royal de lui mettre des bâtons dans les roues, le chemin vers la présidentielle sera plus compliqué pour la présidente du Poitou-Charentes en dépit de la légitimité que lui confère sa première tentative. La madone a désormais une sérieuse rivale sur son chemin.

24.11.2008

Sarkozy sur un champ de ruines

Une opposition complètement déstabilisée, Villepin occupé avec la Justice, MAM muette... Le président de la République ne se plaindra pas d’être actuellement privé d’adversaires politiques. Quels que soient les discours sur la refondation du capitalisme qu’on entend ici et là, l’américanisation de la vie politique française se poursuit. La bataille des chiffres au sein du PS rappelle furieusement le « recount » (recomptage des voix) de Floride qui avait finalement permis à George W. Bush de l’emporter avec moins de voix qu’Al Gore. Elle jette, par ailleurs, un éclairage sur des pratiques de tripatouillage électoral qu’on croyait révolues.

Villepin neutralisé
Certes, l’implosion prévisible du Parti socialiste marque la fin d’un cycle, d’une génération mais aussi d’une certaine manière de faire de la politique. Ségolène Royal, qui n’a rien d’une oie blanche, tente, comme Sarkozy l’a fait dans son camp, d’incarner le renouvellement au sein d’un parti dont les caciques ont vieilli. D’autant que son idéologie n’a pas résisté à l’épreuve de la réalité. François Bayrou a raison de s’étonner qu’un rapprochement du PS avec son MoDem fasse l’objet d’une polémique alors qu’un tel axe semble évident pour reconquérir le pouvoir. Mais pour l’heure, Nicolas Sarkozy règne sur un champ de ruines, quasiment privé d’adversaires. L’opposition, déjà déstabilisée par l’ouverture, n’existe plus, et hormis Bayrou qui a approuvé le Président lors de la crise financière, il n’y a plus personne pour le contrer. Renvoyé en correctionnelle, Villepin semble neutralisé pour de longs mois par l’affaire Clearstream. MAM est silencieuse, sans doute par peur de perdre son ministère que convoite Brice Hortefeux, et Juppé s’est replié dans son donjon bordelais.

En première ligne face à la rue
Servi par les circonstances, Nicolas Sarkozy a marqué d’incontestables points en politique étrangère lors de la crise géorgienne et à l’occasion du G 20 à Washington. Il doit néanmoins affronter une redoutable crise économique qui n’a pas encore produit ses effets. Or, certaines de ses rodomontades qui ressemblent à des communiqués de victoire dans une situation mouvante finissent par inquiéter. Faute de relais parmi les corps intermédiaires, notamment les syndicats déçus, la presse se montrant partagée, le Président se retrouve en première ligne face à la rue. Un risque qu’il semble juger négligeable, comme si la démocratie traditionnelle avait vécu.

18.11.2008

PS : deux conceptions de la politique

Passons d’abord sur les commentaires apitoyés de certains députés UMP, tel Frédéric Lefebvre, ou même de ministres, comme Michèle Alliot-Marie, qui s’inquiètent d’une disparition prochaine du PS.

C’est de bonne guerre mais cette hypothèse improbable n’est, de surcroît, pas souhaitable dans une démocratie moderne caractérisée par l’alternance. Les faux semblants de l’ouverture ne doivent pas plus priver le pays d’une formation d’opposition que d’une presse indépendante. Que le PS étale le spectacle de ses divisions traduit sans doute un certain masochisme mais procède également d’une volonté de transparence. Au fond, le débat pour l’essentiel porté par deux femmes, Benoît Hamon oscillant entre une force d’appoint ou de résistance, n’est pas médiocre. Il incarne deux conceptions de la politique. L’une traditionnelle pour Martine Aubry, à laquelle Bertrand Delanoë a fini par se rallier à contrecœur, visiblement amer de son échec. L’autre, plus moderne, mais pas forcément meilleure pour Ségolène Royal, qui dérange sans convaincre tout à fait. Résumons, la première incarne l’union de la gauche, qui ne peut plus être majoritaire dans le pays du fait de l’effondrement des communistes. La seconde, qui fut la première à revendiquer l’alliance avec le centre, remet, du même coup, en selle un MoDem bien isolé. Et François Bayrou de surenchérir en expliquant aux socialistes que le refus d’une alliance avec lui installerait Sarkozy au pouvoir pour dix ans. Face aux élites traditionnelles un peu usées, Ségolène Royal, quoiqu’en position de challenger, apparaît en phase avec le rajeunissement de la base militante, la montée en puissance des barons régionaux et une nouvelle manière de faire de la politique que contestent ses adversaires. Lesquels se disent hostiles à un parti de supporters à l’américaine flirtant avec une conception très show-biz de la politique dont Nicolas Sarkozy aura été l’initiateur. Mais n’ont-ils pas envie de voir se rejouer le match de 2007 ? A l’évidence, les militants choisiront celle qui a le plus de chances de l’emporter à la présidentielle.

 

14.11.2008

L'affrontement nécessaire

« Il est ahurissant que les gauches européennes n'aient pas réussi à organiser un sommet face à la crise financière mondiale », note l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Moyennant quoi, c'est Nicolas Sarkozy qui va se poser en refondateur du capitalisme à Washington alors que les socialistes étaient jusqu'alors les champions de la régulation. Au fond, le drame du PS est de n'être jamais sorti de l'ambiguïté de François Mitterrand, alors que le nouveau Président semble aujourd'hui s'inspirer de ses méthodes, qui consistaient à brouiller les cartes en permanence tout en étant d'un pragmatisme à toute épreuve. Faute d'avoir acté le tournant de la social-démocratie comme le SPD allemand à Bad-Godesberg, le PS a préféré les synthèses de circonstance aux affrontements idéologiques qui auraient permis de clarifier sa ligne. Ainsi, le Premier secrétaire, François Hollande, qui aura tenté durant une décennie de se maintenir en équilibre au sein du parti, paie pour ne pas avoir tranché dans le vif. A force d'attentisme, de parenthèses et de débats trop théoriques, le PS n'a pas su se définir par rapport à certains enjeux de société comme la délinquance. Surtout, il s'est montré incapable d'appréhender la mondialisation et les contraintes qu'elle impose en termes de redistribution du pouvoir et des richesses à l'échelle mondiale. En privilégiant l'alliance avec le centre, même si elle estime désormais que le MoDem est un faux problème qu'on lui oppose pour la discréditer, Ségolène Royal a eu le mérite de choisir un cap. Car, c'est d'un compas dont les socialistes ont aujourd'hui besoin pour naviguer. Et beaucoup en viennent à souhaiter à Reims un affrontement salutaire comme au congrès d'Epinay, qui permette au parti de sortir de ses contradictions.

12.11.2008

Ségo sort du frigo

Ce ne sera sans doute ni Vincent Peillon ni Julien Dray et encore moins François Rebsamen. C’est tout simplement Ségolène Royal qui devrait revendiquer le poste de premier secrétaire du PS. À moins qu’elle ne s’attribue un titre de présidente, si l’on en croit désormais « Le Monde », chapeautant par là-même un premier secrétaire délégué. La mise au « frigidaire » de sa candidature pourrait ainsi apparaître purement tactique. Même si le front uni, qui risque de se dessiner contre elle, l’oblige à monter en première ligne. Ce qui n’est pas encore totalement acquis. Mais, forte du soutien des barons régionaux (notamment des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault), la madone du PS tente de jouer la base et les jeunes contre les cadres qui tiennent l’appareil. Toutefois, même si elle apparaît en tête du peloton, Ségolène Royal est loin d’être majoritaire. Or, échaudés par la présidentielle, la plupart des barons du parti n’ont aucunement l’intention de lui faire la courte échelle. Pas plus Bertrand Delanoë que Martine Aubry. Quant à Benoît Hamon, vu leur positionnement réciproques, lui radical, elle centriste, ce serait l’alliance de la carpe et du lapin. On s’achemine donc vers un congrès de Reims qui pourrait fort bien ressembler à celui de Rennes, de sinistre mémoire. D’ici là, la présidente du Poitou-Charentes trouvera-t-elle des alliés ? Saura-t-elle rallier à sa cause une partie de ceux qui l’accusent toujours de jouer trop perso et rejettent son style résolument « télévangéliste » ? Beaucoup pourraient être tentés par la politique du pire à travers un TSS (Tout Sauf Ségolène). En faisant du même coup l’impasse sur la prochaine présidentielle. Après tout, me confiait récemment un cacique : « Le calendrier qui prévoit une sortie de crise en 2010 est favorable à Sarkozy ». C’est oublier que les Français voudront peut-être rejouer le match de 2007 entre Sarko et Ségo.

10.10.2008

PS, à la recherche d’un nouveau souffle

La crise financière internationale bouscule tous les repères. Alors que Nicolas Sarkozy opte pour un discours socialisant, le PS, continue, lui, à chercher sa voie. Préconisant un grand emprunt européen et un plan européen de sauvetage des banques, le premier secrétaire du PS, François Hollande, ne s’est pas opposé frontalement au premier ministre François Fillon qui annonçait à l’Assemblée nationale la création d’une « société de prises de participations de l’Etat ». C’est que les socialistes voient, dans cette crise financière mondiale, la confirmation de leurs thèses sur le capitalisme dévoyé. Mais ils ne savent pas comment restructurer l’Etat providence sur lequel ils ont assis leur prospérité électorale. Et ils ne disposent pas d’une boîte à outils très performante pour appréhender la mondialisation, tout comme cette crise qui est la conséquence des dérives du capitalisme anglo-saxon depuis 30 ans (*). De surcroît, même s’ils ne se laissent pas enfermer dans l’union nationale que leur propose le tandem Sarkozy-Fillon, ils ne peuvent guère ajouter de la confusion à une situation qui est déjà assez confuse.

Le PS privé d’espace
En changeant totalement de pied,
celui qu’on surnommait jusqu’alors « Sarko l’Américain », épouse désormais un discours socialiste dont les Etats-Unis donnent, paradoxalement, l’exemple. Du coup, il prive le PS d’espace. Un parti au sein duquel émerge désormais des personnalités aux prises de position plus radicales, tel Benoît Hamon qui, par manque de réalisme, le condamnent à l’opposition pour 20 ans. En fait, la seule qui avait exprimé la bonne stratégie d’alliance au centre lors de la dernière présidentielle reste Ségolène Royal, mais sa récente dérive télévangéliste peut sembler déroutante, quoique cette redoutable amazone ait toujours un coup d’avance. Quant au seul capable de proposer un logiciel intellectuel rénové de par sa position d’observateur privilégié à la tête du FMI, c’est Dominique Strauss-Kahn. Ces deux-là seraient parfaitement complémentaires. Le reste n’est que divagations intellectuelles et batailles de clans, comme on le verra au Congrès de Reims. (*) Jean-Michel Quatrepoint - La crise globale, édition Mille et une nuits (17 €).

22.04.2008

Le PS en lente mutation

A force d’évoluer dans les concepts et une vision sublimée des rapports humains, les socialistes avaient fini par oublier la vie. C’est pourquoi la nouvelle déclaration du parti, présentée sept mois avant son congrès, promet « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ». Une acceptation, certes, très mesurée de la mondialisation libérale pour un parti n’ayant jamais vraiment assumé son virage social-démocrate. Toutefois, à l’heure où le sarkozysme semble hésiter sur la marche à suivre, les socialistes ne se résignent pas à la culture d’opposition qui les poursuit depuis 1995. Leur angélisme sur les questions sécuritaires, leur incapacité à réformer l’État alors que Lionel Jospin avait bénéficié d’une forte croissance durant son passage à Matignon, les a mis sur le banc de touche. D’autant que la droite s’est unie comme jamais en 2002, alors même que le PS se trouve désormais seul, privé d’alliance solide. L’appel du pied aux écolos est assez clair. Mais le parti reste tenaillé par l’extrême gauche et hésite sur la conduite à tenir à l’égard du centre. Incontestablement le plus brillant, François Hollande manque de détermination. En revanche, il a bien compris que le PS devait récupérer les électeurs du centre plutôt que de s’allier au MoDem auquel il offrirait une bouée de sauvetage inespérée. Peut-il encore tenter sa chance pour la présidentielle de 2012 alors que se profile déjà l’affrontement programmé entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ? Si Julien Dray réussissait à emporter le poste de premier secrétaire du PS, François Hollande aurait alors une dernière chance de pouvoir jouer sa carte.

29.11.2007

Sarko ou le défi de l’autorité

Lors de son intervention télévisée, ce soir, le chef de l’Etat va devoir reprendre la main. Le dénouement de la crise sur les régimes spéciaux et son voyage plutôt réussi en Chine, n’ont pas empêché le climat de s’assombrir dans l’Hexagone. Du coup, le Parti socialiste que l’on trouvait singulièrement atone sur les conflits sociaux, tente de reprendre l’initiative avec un premier secrétaire qui joue son va-tout dans la perspective des prochaines élections pour se remettre en selle. Passé l’ivresse de son élection, le président de la République se retrouve confronté à une conjoncture économique difficile, à laquelle il paraît opposer un déni de réalité. Avec la controverse sur le pouvoir d’achat, il semble s’être lui-même mis dans une seringue car la lenteur des réformes et les sombres perspectives de l’économie mondiale ne lui permettront pas d’obtenir rapidement des résultats. Aussi l’idée d’un plan de rigueur, émise par Christine Lagarde avant d’être sèchement démentie par l’Élysée, progresse t-elle dans les milieux informés. D’autant que pour colmater les brèches qui s’ouvrent ici et là, des pêcheurs aux cheminots en passant peut-être demain par les banlieues, l’Exécutif a pris l’habitude de lâcher du lest en contrevenant à ses engagements européens de rigueur budgétaire. Fillon qui reste solide à la barre a d’ailleurs rappelé qu’il n’y avait pas d’argent dans les caisses pour de nouvelles mesures de relance qui seront tout au plus symboliques. Ainsi l’aggravation de la situation sécuritaire en région parisienne exige d’abord des moyens de répression accrue. Il semble que le déploiement massif des forces de l’ordre et des hommes du Raid ait provisoirement apaisé le climat, tout comme, sans doute, la menace d’un passage en cour d’assises des tireurs. En s’adressant aujourd’hui aux policiers puis aux Français, Nicolas Sarkozy devra faire preuve d’autorité et montrer qu’au-delà des jeux tacticiens de l’ouverture qui désorientent sa propre majorité, il est encore capable de rassurer ceux qui ont voté pour lui au printemps dernier.

24.01.2007

Ségolène : le procès en incompétence

Il y a une part d’injustice et de bêtise dans le procès en incompétence que beaucoup font aujourd’hui à Ségolène Royal. Après tout, sa sympathie exprimée en faveur du Québec ne fait que reprendre les propos historiques du général de Gaulle, qui frisaient certes la provocation. La question serait plutôt de savoir si cette « gaffe » a été faite ou non en toute connaissance de cause. Au Liban, n’importe qui aurait été piégé par les diatribes outrancières du Hezbollah. Ségolène s’en est sortie comme elle a pu, en faisant mine de n’avoir rien compris puis en tenant aux uns et aux autres, notamment en Israël, le discours qu’ils voulaient entendre. En Chine, elle a rectifié le tir en déclarant que ses propos visaient la justice commerciale que les tribunaux français devraient imiter. Une pirouette par rapport au propos initial dont on veut espérer qu’il ne traduisait pas le fond de sa pensée. En réalité, les tâtonnements de la candidate, en particulier à l’international, et le temps qu’elle met à présenter à l’opinion un programme cohérent, peuvent nous attendrir. Voilà une femme qui n’est pas du sérail, même si elle a fait l’Ena comme les autres, et qui écoute, par sa démarche participative où chacun peut donner son avis. 
Pour autant, ces approximations répétées, cette propension à dire une chose et son contraire, à mettre les pieds dans le plat puis à faire machine arrière peuvent traduire une certaine fragilité qui serait inquiétante. Courageuse et déterminée, Ségolène Royal l’est, assurément. Ce que les Français testent aujourd’hui, ce sont ses capacités de résistance, comme ils l’ont fait avec Nicolas Sarkozy. Avec une interrogation sur ses chances de gagner sans l’appui de François Hollande, lequel ironise en privé sur son manque de charisme mais qui, dans le fond, doit être assez épaté par ce parcours hors normes d’une femme longtemps sous-estimée.

28.11.2006

La guerre des sexes

Avec son coach, François (qui est un peu l’équivalent de l’imprésario René pour Céline Dion), Ségolène, telle une bonne mère, a promis aux socialistes de les mener à la victoire pour peu qu’ils soient disciplinés. Laissez venir à moi les petits enfants, semble dire la madone du PS, légèrement extatique dans une régression mâtinée d’autoritarisme où l’obéissance apparaît comme la meilleure garantie d’éviter une déculottée... électorale. Après avoir déroulé, avec un bonheur inégal, ses variations libérales dans un pays rétif à la réforme, Nicolas Sarkozy réalise ainsi qu’il a mangé son pain blanc. L’usure médiatique, d’abord, face à la naissance d’une nouvelle star qui prend particulièrement bien la lumière. L’usure du pouvoir avec le risque d’un maintien prolongé place Beauvau. Et cela même si le ministre de l’Intérieur a échappé, pour l’instant, à de nouvelles émeutes urbaines et à une bavure considérée comme telle (l’affaire du PSG montre la compréhension de l’opinion à l’égard de l’emploi des armes à feu par les forces de l’ordre dans les cas extrêmes). Le problème est aussi de savoir quel est le meilleur angle d’attaque contre la dame blanche qui se protège en évitant pour l’instant de nommer ses adversaires.
Faux problème, laisse-t-on entendre dans l’entourage du président de l’UMP. Il faut l’amener sur le fond. D’autant que Ségolène ne pourra pas lui reprocher d’être médiatique et populiste. En effet, ces qualificatifs s’appliquent tout autant à elle-même. Convaincus que Michèle Alliot-Marie se présentera aux primaires de l’UMP, les sarkozystes y voient déjà un galop d’essai avant d’affronter la candidate socialiste. Qu’il se déclare aujourd’hui devant les parlementaires, jeudi à la télévision ou vendredi en province, Sarko ne sera finalement confronté qu’à une seule question tout au long de cette campagne. Comment résister à la poussée féminine qui entend bien soumettre le mâle dominant, ou supposé tel ? Malgré les précautions de langage, nous pourrions être confrontés dans les prochaines semaines à un feuilleton intitulé « La guerre des sexes ».

 

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