24.09.2008

Sarko maître du monde

Quand les événements les dépassent, nos dirigeants feignent, selon le vieil adage, de les organiser. C'est un peu l'argument du premier secrétaire du PS, François Hollande réagissant aux propos tenus par Nicolas Sarkozy à New York et réclamant des sanctions pour les responsables du krach financier de la semaine passée. Evoquant devant la fondation Elie Wiesel la peur de nos concitoyens de perdre leurs économies ou leurs placements immobiliers, le chef de l'Etat appelait les responsables de la planète finances à rendre des comptes. Lors de la précédente Assemblée générale de l'Onu, il préconisait un nouvel ordre mondial dans le droit fil des prêches de son prédécesseur. Cette fois, le Président français s'est lancé dans un grand discours en faveur de l'Afrique qu'il faut sortir de la pauvreté alors même que l'aide française au développement, traditionnellement la plus importante des pays occidentaux, a été divisée par deux. Sa suggestion de convoquer un G8 monétaire afin d'accroître les mécanismes de régulation publique risque fort de s'enliser. Car les Etats-Unis qui se méfient des systèmes collectifs, ne veulent pas se laisser engluer dans une gouvernance de type Nations-Unies qu'ils exècrent. La France y a tout intérêt pour s'en servir comme d'un levier d'influence car ses marges de manoeuvre sont faibles. Songez qu'avec son paquet fiscal de 15 milliards d'euros, elle a été au maximum de ses possibilités tandis que l'Amérique dépensait 700 milliards de dollars pour soutenir ses banques. De surcroît, l'Europe prive la France d'un levier budgétaire comme monétaire en l'enserrant dans un véritable corset. Certes, le fait que les Américains nationalisent à tour de bras brouille nos repères et incite au pragmatisme. Sarko a déjà agi de la sorte en sauvant Alstom tout en dénonçant les patrons voyous. Le pouvoir politique ne peut avouer qu'il est désarmé face à la mondialisation.