02.04.2008
Un engagement logique
Jacques Chirac avait réduit notre engagement en Afghanistan, Nicolas Sarkozy va l’accroître (1). Cette décision constitue-t-elle, pour autant, le virage atlantiste dénoncé par une opposition pacifiste qui aurait aimé un Parlement votant à l’image du Congrès américain, ce que ne permet pas la Constitution ? Soyons clairs : en s’opposant à l’invasion de l’Irak, le précédent président fit preuve de clairvoyance car il n’y avait pas plus d’armes de destruction massive que de groupes d’al-Qaïda en liaison avec le régime de Saddam Hussein. En revanche, outre le régime médiéval des talibans, l’Afghanistan demeure le refuge du terrorisme international. Nos principaux alliés européens, comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne, y sont engagés à des niveaux supérieurs. N’en déplaise aux tenants de la sanctuarisation du territoire français, il est normal que la France paie son écot à la lutte anti-terroriste dans le monde. De surcroît avec Londres, Paris est le seul pays à disposer d’un corps expéditionnaire d’environ quinze mille hommes. Enfin sans rien exiger, Nicolas Sarkozy espère qu’en contrepartie de cette bonne volonté manifeste à l’égard de Washington, les Etats-Unis comprendront qu’ils n’ont rien à craindre de l’émergence d’une défense européenne. Voire même qu’un commandement opérationnel sera confié aux Européens au sein de l’Otan. On se souvient que Chirac qui revendiquait le commandement sud à Naples avait essuyé un refus poli des Américains. Quoi qu’il en soit, présenter la réintégration de la France au sein de l’Alliance Atlantique comme une question théologique en contravention avec la doctrine du gaullisme, ne tient pas. Car elle est déjà largement entamée, la France participant à la plupart des manœuvres militaires. 1. L’annonce par Fillon de l’envoi de quelques centaines d’hommes supplémentaires semble en retrait du millier de soldats envisagés par Nicolas Sarkozy.
08:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afghanistan, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Irak, armée française








