14.01.2009

Tradition monarchique et fait parlementaire

Donner plus de pouvoir au Parlement, notamment dans la maîtrise de l’ordre du jour, est une démarche logique. Laquelle nous rapproche de la pratique en vigueur dans les grandes démocraties occidentales. C’est également conforme à la présidentialisation du régime amorcée par le quinquennat et poursuivie par Nicolas Sarkozy qui a fait quasiment disparaître la fonction de Premier ministre. Victime consentante, il l’avait même annoncé, François Fillon n’est plus qu’un chef d’état-major. Chacun sait qu’il n’aura joué aucun rôle dans le remaniement qui s’annonce. Au fond, Dominique de Villepin aura été le dernier Premier ministre de la V e République après qu’Edouard Balladur et Lionel Jospin eurent magistralement occupé la fonction en marginalisant le Président. Dans ce contexte d’effacement du chef du gouvernement, l’émergence d’un contre-pouvoir parlementaire est une exigence démocratique. Mais ce n’est pas la tradition française, volontiers monarchique dans laquelle Nicolas Sarkozy, faux libéral et vrai conservateur, s’est moulé avec aisance. Et encore, n’avons-nous sans doute rien vu puisqu’Alain Duhamel estime qu’il n’en est pour l’instant qu’à la « marche consulaire » ! C’est pourquoi la montée en puissance d’un Jean-François Copé à la présidence du groupe UMP agace l’Élysée, surtout depuis le rejet du travail le dimanche. Comme si les députés de la majorité étaient condamnés à rester des godillots manœuvrés par un adjudant. Certains en venant même à regretter le bon vieux temps du RPR avec Claude Labbé dont l’Histoire ne retiendra sans doute pas le nom. Même chose pour le temps de parole et le droit d’amendement dont l’opposition aurait le tort d’abuser au point d’être accusée d’obstruction, comme le firent les cadets de la droite au début des années 80. Chacun sait pourtant que c’est ainsi que l’opposition peut attirer sur elle l’attention des médias qui s’est détournée d’une institution parlementaire n’ayant plus qu’une fonction de chambre d’enregistrement. Partisan d’un compromis, Bernard Accoyer propose un « crédit-temps ». Mais si tel était déjà le cas, la reforme de l’audiovisuel public serait passée comme une lettre à la poste !

10.12.2008

L'UMP, un parti qui doute

La scène se passe dans un grand hôtel parisien réunissant de nombreux représentants de professions libérales et de Chambres des métiers en présence des conseillers de Paris du groupe UMP. L'atmosphère n'est pas vraiment à la fête, elle est même franchement hostile au président de la République. « On en était revenu à l'ancien RPR, structurellement et intellectuellement hostile à Nicolas Sarkozy », note un observateur sur le thème « si on avait su, on n'aurait pas voté pour lui ». Et notre interlocuteur de déplorer l'abscence d'un parti du président pour accompagner les réformes plus que jamais nécessaires en période de crise, l'UMP étant, selon lui, resté un parti de colleurs d'affiches. Pour caricaturale qu'elle soit, cette analyse dénote un état d'esprit. Et l'on peut comprendre que, face à l'obstruction des députés socialistes qui retarde l'adoption de la réforme sur l'audiovisuel public, le président de l'UMP, Jean-François Copé, préfère passer à la loi sur le logement, bottant en touche sur le travail du dimanche, qui mobilise contre lui une soixantaine de députés UMP sous la houlette de l'élu des Côtes-d'Armor, Marc Le Fur. On avait vu comment le gouvernement avait capitulé lors de la grogne des taxis. Comme si le parti majoritaire restait fondamentalement hostile à la réforme et n'avait pas intégré la dynamique portée par les nouveaux adhérents lors de la vague ayant permis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Or, le danger d'une période difficile comme celle que nous traversons, serait le repli sur soi, le retour aux fondamentaux de la soi-disant « exception française » qui enferme le pays dans l'immobilisme, les députés étant tétanisés par l'échéance législative qui dépend de la réélection du Président. C'est en cela que la nomination de Xavier Bertrand au poste de secrétaire général de l'UMP vise à redynamiser la droite. Tant il est vrai que la récession peut être une opportunité pour accélérer le mouvement lancé il y a dix-huit mois.

09.12.2008

Sarko ou le retour en son royaume

A l’issue d’une présidence européenne brillante qui lui a permis de donner toute la mesure de son talent politique, Nicolas Sarkozy doit préparer son atterrissage sur la scène intérieure française. Son plan de relance ciblé sur l’investissement ne sera pas la panacée, vu l’ampleur de la crise, mais il a au moins le mérite d’exister. En réalité, cette tourmente financière, qui débouche sur une récession, donne au chef de l’Etat, outre l’abandon de ses promesses de campagne, l’opportunité d’une véritable pédagogie de la mondialisation à laquelle ses prédécesseurs se sont toujours refusés. Mais pour ce faire, il lui faut un dispositif gouvernemental en ordre de bataille sur le terrain essentiel de la communication. En intronisant Xavier Bertrand comme animateur en chef de l’UMP, Nicolas Sarkozy fait de cet assureur rassurant, qui a réformé les régimes spéciaux de retraite, son dauphin. Il ne lui livre évidemment pas le parti pour lequel Bertrand fera, dans un premier temps, office de courroie de transmission ce que Patrick Devedjian n’avait pas voulu comprendre. Mais nul doute qu’à un poste aussi stratégique, qui visera aussi à contenir les ambitions présidentielles de Jean-François Copé, Xavier Bertrand, bon communicant, saura s’imposer. Les critiques sur son style très « perso », derrière son énergie et les sourires de circonstance, n’ont pas ébranlé la volonté du chef de l’Etat, qui se retrouve assez bien en lui. D’autant que Brice Hortefeux ne voulait pas du poste, souhaitant rester au gouvernement où, à défaut de l’Intérieur, il pourrait obtenir un grand ministère des Affaires sociales englobant l’actuel portefeuille de Bertrand, comme une étape vers Matignon. Qui de Bruno Le Maire, villepiniste bon teint, ou de Rama Yade, autre « chouchou » (*) avec Bertrand du chef de l’Etat, succèdera aux Affaires européennes à Jean-Pierre Jouyet ? L’important, dès lors que le PS continue à se déchirer, étant que le gouvernement aborde l’année 2009, très délicate au plan social, en position de force.

(*) Lire « Le chouchou, le fabuleux destin de Xavier Bertrand », par Christophe Jakubyszyn et Muriel Pleynet (Anne Carrière)

18.11.2008

PS : deux conceptions de la politique

Passons d’abord sur les commentaires apitoyés de certains députés UMP, tel Frédéric Lefebvre, ou même de ministres, comme Michèle Alliot-Marie, qui s’inquiètent d’une disparition prochaine du PS.

C’est de bonne guerre mais cette hypothèse improbable n’est, de surcroît, pas souhaitable dans une démocratie moderne caractérisée par l’alternance. Les faux semblants de l’ouverture ne doivent pas plus priver le pays d’une formation d’opposition que d’une presse indépendante. Que le PS étale le spectacle de ses divisions traduit sans doute un certain masochisme mais procède également d’une volonté de transparence. Au fond, le débat pour l’essentiel porté par deux femmes, Benoît Hamon oscillant entre une force d’appoint ou de résistance, n’est pas médiocre. Il incarne deux conceptions de la politique. L’une traditionnelle pour Martine Aubry, à laquelle Bertrand Delanoë a fini par se rallier à contrecœur, visiblement amer de son échec. L’autre, plus moderne, mais pas forcément meilleure pour Ségolène Royal, qui dérange sans convaincre tout à fait. Résumons, la première incarne l’union de la gauche, qui ne peut plus être majoritaire dans le pays du fait de l’effondrement des communistes. La seconde, qui fut la première à revendiquer l’alliance avec le centre, remet, du même coup, en selle un MoDem bien isolé. Et François Bayrou de surenchérir en expliquant aux socialistes que le refus d’une alliance avec lui installerait Sarkozy au pouvoir pour dix ans. Face aux élites traditionnelles un peu usées, Ségolène Royal, quoiqu’en position de challenger, apparaît en phase avec le rajeunissement de la base militante, la montée en puissance des barons régionaux et une nouvelle manière de faire de la politique que contestent ses adversaires. Lesquels se disent hostiles à un parti de supporters à l’américaine flirtant avec une conception très show-biz de la politique dont Nicolas Sarkozy aura été l’initiateur. Mais n’ont-ils pas envie de voir se rejouer le match de 2007 ? A l’évidence, les militants choisiront celle qui a le plus de chances de l’emporter à la présidentielle.

 

23.09.2008

L'opposition sous perfusion

Même si la gauche ne peut au mieux espérer l'emporter qu'en 2011 du fait d'un mode de scrutin qui surreprésente toujours la ruralité au détriment des villes, sa progression de plus d'une vingtaine de sièges au sein de la Haute Assemblée est un nouvel avertissement pour la majorité. Après les régionales de 2004 puis les municipales de 2008, les Français manifestent leur mécontentement. Le paradoxe est qu'après les régionales, ils auront élu un nouveau président plus marqué à droite que Chirac en la personne de Sarkozy. Et que les municipales complétèrent la conquête du pouvoir local par une gauche qui contrôle 20 régions sur 22 sans pour autant instaurer, quinquennat oblige, une nouvelle cohabitation. De la même manière, le signal envoyé à l'occasion des sénatoriales ne menace pas le pouvoir central qui a encore presque quatre ans de tranquillité législative devant lui. Et ce n'est pas l'élection à la présidence de Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher ou Philippe Marini qui y changera quelque chose. D'autant que le PS est encore plein d'incertitudes sur son leader, son programme, ses alliances (à gauche ou au centre) avec la poussée d'un Besancenot qui joue le rôle de Le Pen naguère pour la droite. Acquise aux réformes même si elle n'apprécie pas le style bling-bling, incitant ainsi le chef de l'Etat à se représidentialiser, l'opinion lui donne le temps de son mandat pour faire ses preuves. Et obtenir des résultats notamment sur le pouvoir d'achat. Mais elle semble sans illusion sur une offre alternative qui d'ailleurs n'existe pas. Du coup, l'opinion se contente de maintenir l'opposition sous perfusion.

09.05.2008

Les boucs émissaires de Sarko

Après avoir fanfaronné qu’il n’était « pas si difficile de gouverner », Nicolas Sarkozy a reconnu à la télévision des erreurs de communication notamment sur la présentation du paquet fiscal dénaturé par l’opposition. Mais l’homme étant hostile à toute forme de repentance, il n’a concédé aucune erreur sur le fond ou même dans la méthode ayant consisté à multiplier les réformes sans forcément hiérarchiser les priorités. Habitué à diviser pour régner, il a fait porter sur Matignon l’essentiel des couacs gouvernementaux en s’exonérant de toute responsabilité, accusant tour à tour son Premier ministre de trop se protéger ou estimant que l’inexpérience de celles qu’il avait choisies avec un sens parfait du casting, ne les protègerait plus à l’avenir en cas de nouveaux dérapages. Mais il manquait à son tableau de chasse d’autres boucs émissaires afin de se défausser. Ainsi, à l’occasion d’une réception à l’Élysée des députés UMP, le chef de l’État se comparant à ses prédécesseurs, s’en est pris violemment aux chiraquo-villepinistes, agacé sans doute par leur guérilla sur la réforme constitutionnelle au nom du gaullisme. En clair, Nicolas Sarkozy estime que Jacques Chirac a mal gouverné la France, reprenant ce thème de la rupture sur lequel il a construit sa campagne en se démarquant de son propre camp. Outre que le procédé était déjà curieux de la part d’un homme ayant participé à la plupart des gouvernements chiraquiens, on serait tenté de dire au Président qu’un an après son élection, tout cela appartient au passé et ne peut être invoqué pour le dédouaner des actions en cours. Par ailleurs, on verra le moment venu la vérité des chiffres pour savoir quel clan a le mieux gouverné le pays. Enfin, les attaques contre la presse sont un grand classique. Certes, il y a une part d’injustice dans les critiques à répétition, parfois haineuses, contre cet homme qui essaie de bousculer le conservatisme du pays pour l’adapter au monde. Mais la psychologisation du personnage, qui y a prêté le flanc, est désormais à la mode comme si le journalisme politique avait changé de nature.

 

 

 

 

07.05.2008

Guérilla gaulliste à l’Assemblée

Induite par le passage au quinquennat qui fait coïncider le mandat du président et celui des députés, une réforme constitutionnelle s’imposait. L’édifice actuel reste néanmoins bancal puisque nous ne sommes pas dans un régime présidentiel à l’américaine où le Congrès contrôle la Maison-Blanche qui ne peut renvoyer les parlementaires devant les électeurs ; l’équilibre des pouvoirs est néanmoins assuré afin d’éviter un blocage. Ici, l’idée d’accroître les pouvoirs du Parlement est proclamée. Mais nous sommes dans un entre-deux qui n’est pas encore dissipé. Or, plus que de l’opposition, les réserves les plus fortes semblent venir d’un groupe de députés chiraco-villepinistes. « Ce texte dénature l’esprit de la V e République », tonne le député du Finistère Jacques Le Guen qui préférerait qu’avant de moderniser le Parlement, l’on s’attache d’abord à la fonction de député et au règlement intérieur. L’ordre du jour, partagé entre l’Exécutif et l’Assemblée, leur apparaît comme un faux-semblant. La suppression partielle du 49-3 ne leur convient pas plus que celle de l’article 88-5 qui prévoyait un recours au référendum pour laisser les Français trancher l’adhésion de la Turquie à l’Europe. « On nous demande de nous déjuger par rapport à il y a trois ans », insiste Le Guen. D’autres points litigieux sont soulevés dans cette guérilla ressemblant fortement à du « filibustering » à l’américaine (entrave à un projet de loi). Notamment l’idée que les ministres démissionnés retrouvent immédiatement leur siège sans passer par la case élections partielles, au risque d’être considérés comme des Kleenex par l’Exécutif. Le premier secrétaire du PS est, pour sa part, hostile à ce que le président s’exprime devant les parlementaires : cela pourrait être limité à une fois par an devant le Congrès des deux chambres réunies. Mais même au sein de l’UMP, où le président du groupe Jean-François Copé tente de trouver un compromis, on craint que cela n’affaiblisse l’Exécutif. Nicolas Sarkozy qui recevra aujourd’hui à déjeuner les députés devra faire des concessions.

10.04.2008

UMP, la reprise en main

On ne rigole plus au sein de l’UMP. Outre les sanctions très nombreuses des dissidents aux municipales, la nomination de Xavier Bertrand est apparue comme une mise sous surveillance du secrétaire général, Patrick Devedjian, critiqué pour son inefficacité après la déconfiture de la majorité aux municipales. Lequel numéro un ne voulait pas d’un parti godillot, ce qu’il est en train de devenir. Mais les coups de cravache se multiplient aussi contre les esprits rebelles. En particulier, quand ils sont membres du gouvernement et se manifestent par une langue trop bien pendue. Rama Yade, à la nature impétueuse, en a déjà fait les frais. Cette fois, c’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a été vertement rabrouée par le Premier ministre, François Fillon. Son tort : avoir laissé passer en séance de nuit un amendement du député communiste André Chassaigne limitant la culture des OGM. Alors qu’une partie du groupe semble sous l’influence des gros céréaliers et de la multinationale Monsanto, Mme Kosciusko-Morizet, que Jacques Chirac considérait comme une « emmerdeuse » mais qui voulait respecter l’esprit du « Grenelle de l’environnement », a commis une erreur. Elle a manqué à la solidarité gouvernementale en stigmatisant dans des confidences au Monde, le président du groupe, Jean-François Copé, accusé de ne pas tenir ses troupes, et son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, de fuir ses responsabilités. C’en était trop pour une femme, certes brillante mais imprudente, qui a dû aller à Canossa. Toutefois, cette affaire montre que les intérêts économiques priment sur les grands shows médiatiques comme le « Grenelle de l’environnement » dont le sarkozysme s’est fait une spécialité. Et qu’aucune parole dissidente ne peut être tolérée au sein du gouvernement, désormais soumis à une forme de caporalisation.

13.03.2008

Municipales : des repères brouillés

Nicolas Sarkozy a relevé lors du conseil des ministres la faible participation au premier tour des municipales qui semble mettre à bas l’acquis du sursaut démocratique observé lors de la présidentielle.

D’autres signes concourent à la démobilisation ambiante, comme la multiplication des listes divers-droite hostiles à l’UMP. Mais aussi l’absence de désistement républicain, notamment en Seine-Saint-Denis entre PS et PCF, sans parler du maintien des listes de la LCR partout où elles dépassent 10 %. Les accords à géométrie variable du MoDem, même si François Bayrou a critiqué le cas d’Aubagne, où l’accord avec un maire communiste semblait par trop contre-nature pour un parti centriste. Les discours contradictoires tenus notamment par le Premier ministre sur le caractère local du scrutin puis sur l’enjeu national, afin de retrouver un vrai clivage droite-gauche. Le président, lui-même, dit tout et son contraire puisque, dans son discours de Toulon, il considère que la politique de la Nation n’est pas en cause avant d’indiquer qu’il tirera les leçons de cette élection. La responsabilité de Nicolas Sarkozy est d’ailleurs bien réelle dans cet état de fait puisqu’il a souvent brouillé les repères par ses comportements transgressifs. En intégrant au gouvernement des ministres de gauche au nom de l’ouverture, lesquels n’ont eu aucune valeur ajoutée, le chef de l’Etat n’a-t-il pas affaibli son camp plutôt que celui de l’adversaire et globalement l’image de la politique ? Son retour, à Toulon, aux fondamentaux de la campagne risque à tout le moins d’apparaître purement calculé. Au-delà de la poussée à gauche dont on mesurera dimanche la portée, c’est la crédibilité du discours présidentiel trop tactique qui est désormais en cause. Un sérieux recadrage s’imposera après le deuxième tour pour dresser les perspectives des quatre prochaines années du quinquennat.

22.02.2008

Qu’ils se taisent

Nicolas Sarkozy peut bien pourfendre avec des accents ouvriéristes un capitalisme « sans foi ni loi » en visitant un site industriel qui ne l’a pas attendu pour entamer sa reconversion, la multiplication des polémiques nationales commence à poser un sérieux problème aux élus locaux en pleine campagne des municipales, comme l’ont souligné le député UMP Claude Goasguen et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, réputé pour sa pondération. Sans même parler de Simone Veil qui confiait à quelques journalistes, lors d’un déjeuner organisé par L’Express, qu’elle soutenait toujours le président Sarkozy dont l’action était utile au pays mais qu’elle ne comprenait toujours pas quelle mouche l’avait piqué sur cette histoire de la mémoire de la Shoah. Sans doute cette manie de toujours vouloir faire des coups qui a conduit sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, à déclarer dans un entretien à VSD que les sectes en France étaient un « non-problème ». Déclaration malheureuse aussitôt retirée par l’interessée qui donne une importance disproportionnée à la réception de Tom Cruise, numéro deux de la Scientologie, lorsque l’actuel président était à Bercy. Mais déclaration pas si innocente malgré les efforts du président, hier, pour en atténuer la portée. Survenant après les coups de canifs successifs à la laïcité lors des discours de Latran et Ryad, Madame Mignon continue à ouvrir la voie à une dérive communautaire et religieuse qui n’est pas dans la tradition française. Et elle pose du même coup le problème de tous ces conseillers qui s’expriment à tort et à travers dans les médias en court-circuitant les élus et les relais institutionnels. Face à cette incontinence verbale et à cette agitation tous azimuts, un mouvement d’opinion enfle sur une présidence qui décidément inquiète et ne produit pas de résultats. Inaugurant aujourd’hui un historial en hommage au fondateur de la V e République, Nicolas Sarkozy pourrait s’en inspirer pour prendre de la hauteur.

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