23.09.2008
L'opposition sous perfusion
Même si la gauche ne peut au mieux espérer l'emporter qu'en 2011 du fait d'un mode de scrutin qui surreprésente toujours la ruralité au détriment des villes, sa progression de plus d'une vingtaine de sièges au sein de la Haute Assemblée est un nouvel avertissement pour la majorité. Après les régionales de 2004 puis les municipales de 2008, les Français manifestent leur mécontentement. Le paradoxe est qu'après les régionales, ils auront élu un nouveau président plus marqué à droite que Chirac en la personne de Sarkozy. Et que les municipales complétèrent la conquête du pouvoir local par une gauche qui contrôle 20 régions sur 22 sans pour autant instaurer, quinquennat oblige, une nouvelle cohabitation. De la même manière, le signal envoyé à l'occasion des sénatoriales ne menace pas le pouvoir central qui a encore presque quatre ans de tranquillité législative devant lui. Et ce n'est pas l'élection à la présidence de Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher ou Philippe Marini qui y changera quelque chose. D'autant que le PS est encore plein d'incertitudes sur son leader, son programme, ses alliances (à gauche ou au centre) avec la poussée d'un Besancenot qui joue le rôle de Le Pen naguère pour la droite. Acquise aux réformes même si elle n'apprécie pas le style bling-bling, incitant ainsi le chef de l'Etat à se représidentialiser, l'opinion lui donne le temps de son mandat pour faire ses preuves. Et obtenir des résultats notamment sur le pouvoir d'achat. Mais elle semble sans illusion sur une offre alternative qui d'ailleurs n'existe pas. Du coup, l'opinion se contente de maintenir l'opposition sous perfusion.
08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections sénatoriales, sénat, sénateurs, PS, UMP, Hubert Coudurier
09.05.2008
Les boucs émissaires de Sarko
10:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, UMP, gouvernement, Jacques Chirac, Hubert Coudurier
07.05.2008
Guérilla gaulliste à l’Assemblée
08:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Assemblée Nationale, Jacques Le Guen, réforme constitutionnelle, UMP
10.04.2008
UMP, la reprise en main
On ne rigole plus au sein de l’UMP. Outre les sanctions très nombreuses des dissidents aux municipales, la nomination de Xavier Bertrand est apparue comme une mise sous surveillance du secrétaire général, Patrick Devedjian, critiqué pour son inefficacité après la déconfiture de la majorité aux municipales. Lequel numéro un ne voulait pas d’un parti godillot, ce qu’il est en train de devenir. Mais les coups de cravache se multiplient aussi contre les esprits rebelles. En particulier, quand ils sont membres du gouvernement et se manifestent par une langue trop bien pendue. Rama Yade, à la nature impétueuse, en a déjà fait les frais. Cette fois, c’est la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a été vertement rabrouée par le Premier ministre, François Fillon. Son tort : avoir laissé passer en séance de nuit un amendement du député communiste André Chassaigne limitant la culture des OGM. Alors qu’une partie du groupe semble sous l’influence des gros céréaliers et de la multinationale Monsanto, Mme Kosciusko-Morizet, que Jacques Chirac considérait comme une « emmerdeuse » mais qui voulait respecter l’esprit du « Grenelle de l’environnement », a commis une erreur. Elle a manqué à la solidarité gouvernementale en stigmatisant dans des confidences au Monde, le président du groupe, Jean-François Copé, accusé de ne pas tenir ses troupes, et son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, de fuir ses responsabilités. C’en était trop pour une femme, certes brillante mais imprudente, qui a dû aller à Canossa. Toutefois, cette affaire montre que les intérêts économiques priment sur les grands shows médiatiques comme le « Grenelle de l’environnement » dont le sarkozysme s’est fait une spécialité. Et qu’aucune parole dissidente ne peut être tolérée au sein du gouvernement, désormais soumis à une forme de caporalisation.
11:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Xavier Bertrand
13.03.2008
Municipales : des repères brouillés
Nicolas Sarkozy a relevé lors du conseil des ministres la faible participation au premier tour des municipales qui semble mettre à bas l’acquis du sursaut démocratique observé lors de la présidentielle.
D’autres signes concourent à la démobilisation ambiante, comme la multiplication des listes divers-droite hostiles à l’UMP. Mais aussi l’absence de désistement républicain, notamment en Seine-Saint-Denis entre PS et PCF, sans parler du maintien des listes de la LCR partout où elles dépassent 10 %. Les accords à géométrie variable du MoDem, même si François Bayrou a critiqué le cas d’Aubagne, où l’accord avec un maire communiste semblait par trop contre-nature pour un parti centriste. Les discours contradictoires tenus notamment par le Premier ministre sur le caractère local du scrutin puis sur l’enjeu national, afin de retrouver un vrai clivage droite-gauche. Le président, lui-même, dit tout et son contraire puisque, dans son discours de Toulon, il considère que la politique de la Nation n’est pas en cause avant d’indiquer qu’il tirera les leçons de cette élection. La responsabilité de Nicolas Sarkozy est d’ailleurs bien réelle dans cet état de fait puisqu’il a souvent brouillé les repères par ses comportements transgressifs. En intégrant au gouvernement des ministres de gauche au nom de l’ouverture, lesquels n’ont eu aucune valeur ajoutée, le chef de l’Etat n’a-t-il pas affaibli son camp plutôt que celui de l’adversaire et globalement l’image de la politique ? Son retour, à Toulon, aux fondamentaux de la campagne risque à tout le moins d’apparaître purement calculé. Au-delà de la poussée à gauche dont on mesurera dimanche la portée, c’est la crédibilité du discours présidentiel trop tactique qui est désormais en cause. Un sérieux recadrage s’imposera après le deuxième tour pour dresser les perspectives des quatre prochaines années du quinquennat.
10:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : municipales, Nicolas Sarkozy, UMP, LCR
22.02.2008
Qu’ils se taisent
Nicolas Sarkozy peut bien pourfendre avec des accents ouvriéristes un capitalisme « sans foi ni loi » en visitant un site industriel qui ne l’a pas attendu pour entamer sa reconversion, la multiplication des polémiques nationales commence à poser un sérieux problème aux élus locaux en pleine campagne des municipales, comme l’ont souligné le député UMP Claude Goasguen et l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, réputé pour sa pondération. Sans même parler de Simone Veil qui confiait à quelques journalistes, lors d’un déjeuner organisé par L’Express, qu’elle soutenait toujours le président Sarkozy dont l’action était utile au pays mais qu’elle ne comprenait toujours pas quelle mouche l’avait piqué sur cette histoire de la mémoire de la Shoah. Sans doute cette manie de toujours vouloir faire des coups qui a conduit sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, à déclarer dans un entretien à VSD que les sectes en France étaient un « non-problème ». Déclaration malheureuse aussitôt retirée par l’interessée qui donne une importance disproportionnée à la réception de Tom Cruise, numéro deux de la Scientologie, lorsque l’actuel président était à Bercy. Mais déclaration pas si innocente malgré les efforts du président, hier, pour en atténuer la portée. Survenant après les coups de canifs successifs à la laïcité lors des discours de Latran et Ryad, Madame Mignon continue à ouvrir la voie à une dérive communautaire et religieuse qui n’est pas dans la tradition française. Et elle pose du même coup le problème de tous ces conseillers qui s’expriment à tort et à travers dans les médias en court-circuitant les élus et les relais institutionnels. Face à cette incontinence verbale et à cette agitation tous azimuts, un mouvement d’opinion enfle sur une présidence qui décidément inquiète et ne produit pas de résultats. Inaugurant aujourd’hui un historial en hommage au fondateur de la V e République, Nicolas Sarkozy pourrait s’en inspirer pour prendre de la hauteur.
09:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, UMP, Hubert Coudurier
21.02.2008
L’Elysée cherche un nouveau souffle
Après François Fillon dénonçant une « chasse au président » et Rama Yade qui s’en prenait aux « charognards », c’est le président du groupe UMP, Jean-François Copé, qui défendait hier Nicolas Sarkozy, et au passage Rachida Dati, dont la réforme de la carte judiciaire continue de faire des remous au sein de la majorité. Promu à la présidence de la Commission sur l’audiovisuel public, l’élu de Seine-et-Marne, pas toujours en cour à l’Élysée mais à l’incontestable brio, estime, au vu de la cote en déclin continu du chef de l’État dans les sondages, que c’est une donnée du paysage politique à laquelle il faudra désormais s’habituer : « Ça ne remonte pas en cinq minutes, c’est un travail de fond. » Parmi les retours aux fondamentaux, il y a ainsi la volonté du Président de refaire du terrain comme durant la campagne présidentielle. Il sera donc aujourd’hui dans le Pas-de-Calais sur l’ancien site de Metaleurop pour évoquer la reconversion des bassins industriels. L’après-municipales devrait par ailleurs permettre, à l’occasion du remaniement ministériel, une ouverture... à droite, au sein des milieux conservateurs qui jugent sévèrement les aspects « bling-bling » de la présidence. Comme il l’avait fait en instituant un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale confié à Brice Hortefeux, alors que Ségolène Royal montait dans les sondages, Nicolas Sarkozy devrait se tourner vers les fidèles qui l’ont toujours soutenu dans son ascension. Certains remaniements sont également prévus à l’Élysée, au-delà du départ jugé inévitable du porte-parole David Martinon, afin de lui donner un nouveau souffle car le secrétaire général ne dispose pas des instruments qui lui permettraient de gouverner à la place du Premier ministre, désormais incontournable.
08:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : François Fillon, UMP, Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier
31.01.2008
Nicolas-Angela : l’union forcée
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, UMP, Europe, Allemagne
20.12.2007
La réforme institutionnelle selon Fillon
« S’il y a une disposition qui prévoit que Nicolas Sarkozy veut venir devant le Parlement, on ne votera pas. Cela mettrait en cause le principe de responsabilité du Premier ministre et de séparation des pouvoirs », nous disait François Hollande, il y a quelques semaines. Sur la réforme des institutions, le premier secrétaire du PS sera reçu aujourd’hui par le Premier ministre, lequel s’est déjà entretenu avec les responsables de l’UMP, du Nouveau Centre et du PCF. On verra alors s’il a changé d’avis. L’argumentation que développe François Fillon dans une interview au « Monde » est qu’il ne voit pas pourquoi le président de la République s’exprimerait devant des Parlements étrangers et pas devant le sien comme le font les chefs d’Etat de passage à Paris. Par ailleurs, le chef du gouvernement exclut pour l’instant de légiférer contre le cumul des mandats, vu l’opposition notamment de l’UMP à ce sujet que confirme le président du groupe à l’Assemblée, Jean-François Copé. Seule la réforme de l’Etat permettra à terme l’éventuelle introduction du mandat unique après clarification de compétences enchevêtrées (conseil général, conseil régional...). Enfin, une dose de proportionnelle est envisagée, elle sera introduite à l’occasion du redécoupage des circonscriptions prévu en 2008. Cette réforme que Fillon compare à un « coup d’oxygène donné à la démocratie » ne sera comme prévu, pas votée avant les municipales. Elle hésite sur le passage d’un régime parlementaire ou le Premier ministre est responsable devant les assemblées, à un régime présidentiel à l’américaine que Fillon juge néanmoins inéluctable. La contrepartie que constitue l’accroissement des pouvoirs du Parlement lui donne des pouvoirs nouveaux en matière d’ordre du jour, d’initiative, de contrôle des nominations. Sur ce dernier point, Hollande en relativise la portée, considérant qu’il s’agit juste d’un avis. Rien de révolutionnaire mais une inflexion subtile qui conduira à terme à un changement de régime.
08:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, François Hollande, UMP, François Fillon
05.12.2007
Sarko avocat du big business
Agacé par les critiques de chiraquiens sur ses penchants atlantistes, Nicolas Sarkozy, encore candidat de l’UMP, avait lancé : « Moi au moins, je ne sers pas la pogne de Poutine ». Allusion à l’attitude de son prédécesseur à l’égard du président russe dont la répression en Tchétchénie fut passée par pertes et profits. En félicitant Vladimir Poutine pour l’élection de dimanche, alors que la chancelière allemande prenait ses distances, le président français effectue un virage sur l’aile qui a scandalisé la Fédération des Droits de l’Homme. On est bien loin de Mitterrand, évoquant le cas des Sakharov sous les lambris dorés du Kremlin, alors que Gorbatchev s’apprêtait à prendre le pouvoir. Est-ce la récente visite de travail à Moscou de Nicolas Sarkozy qui l’a fait changer d’avis ? Trouverait-il des vertus à cette dérive autoritaire unanimement dénoncée ? En privant la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, de voyage en Chine, le président français avait clairement indiqué que la signature de grands contrats valait plus qu’une avantageuse posture prétendant faire la leçon à tous les pays de la planète. Certes, cette rhétorique traditionnelle de la diplomatie française est parfois ignorante des réalités mondiales. « C’est comme si la Jordanie nous donnait des conseils sur la Corse », ironisa un jour devant moi un ambassadeur, conscient du ridicule de certaines positions où la France prétend « dire le Droit ». Il n’empêche, entre repentance et arrogance, la voie est souvent étroite pour une puissance moyenne comme la France. Laquelle n’a pas les moyens militaires de sa gesticulation diplomatique. Mais à se comporter comme un président VRP, Nicolas Sarkozy ne rompt guère avec son prédécesseur, souvent oublieux des principes. Dans ce cas, pourquoi avoir tenu au soir de son élection un discours aussi ambitieux sur les Droits de l’Homme qui est régulièrement démenti dans les faits ?
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicoals Sarkozy, UMP, Gorbatchev, Tchétchénie, Poutine








