01.08.2008
Les limites de la soumission à la Chine
L’annonce de la fermeture de certains sites internet durant la période des JO à Pékin a jeté un froid sur cet événement mondial qui doit s’ouvrir dans une semaine. Ainsi, les journalistes conviés, à donner le maximum de retentissement à cette formidable opération de relations publiques pour le régime chinois, n’auront pas accès aux sites des dissidents qui dénoncent le manque de libertés dans l’Empire du milieu. Jugeant suffisantes les vagues promesses de négociation de Pékin avec le Tibet, Nicolas Sarkozy sera néanmoins présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux contrairement, à Angela Merkel, d’autant plus intransigeante sur les principes que le commerce extérieur allemand est florissant.
Mais le président français n’est pas seulement lié par la vingtaine de milliards d’euros escomptés des contrats conclus lors de sa visite en novembre dernier. Il y a aussi la menace de boycott des produits français agitée par la Chine au printemps. Surtout, en tant que président de l’Europe jusqu’à la fin de l’année, il estime que les 27 ne peuvent ignorer un quart de la population mondiale. Face à ce futur maître du monde qui n’a pas les mêmes règles de fonctionnement que les démocraties occidentales en matière de libertés publiques et d’environnement, notamment, faut-il s’abriter derrière les murs de ce que les Asiatiques appellent la « forteresse Europe » quand ils n’arrivent pas à enfoncer ses barrières protectionnistes. Quitte à s’étonner de voir les Chinois investir en Afrique, ce continent qui était naguère notre pré-carré, et où subsistait un parfum de néocolonialisme. L’attitude la plus avisée est d’être réalistes. Nous sommes les seuls à être maltraités par Pékin à force d’être soumis. La France n’a jamais mieux commercé avec la Chine que quand elle vendait des frégates et des Mirage à Taïwan.
08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Chine, JO, Tibet
10.07.2008
Une diplomatie sur la voie du réalisme
En recevant l’ambassadeur de Chine à Paris pour lui rappeler que la France reste un pays indépendant et que le chef de l’Etat pourrait rencontrer le dalaï-lama à la mi-août lors de son passage en France, le ministre Bernard Kouchner a marqué pour Pékin la limite à ne pas dépasser. On est bien conscient à l’Elysée qu’en faisant traîner sa décision de se rendre ou non à Pékin pour l’ouverture des Jeux Olympiques, Nicolas Sarkozy offrait une prise à la Chine. Et que les Chinois ne se privaient pas d’appuyer sur la France, perçue comme le maillon faible en Europe contrairement à l’Allemagne forte de son commerce extérieur et du coup plus intransigeante sur les droits de l’Homme. C’est que l’encre des contrats négociés, en novembre dernier notamment avec Airbus, n’est pas sèche. Prudence donc à ne pas trop chatouiller le géant chinois. Il n’empêche. Si l’Elysée n’entend pas qu’on lui torde le bras outre mesure, pas question non plus de se laisser donner la leçon par les droits de l’hommistes. « La politique qui consiste à se donner bonne conscience en n’allant pas aux JO est pathétique. Ce n’est pas fait pour ça », note le conseiller spécial Henri Guaino. Et l’Elysée d’insister sur la reprise des négociations, véritable rideau de fumée, entre les autorités chinoises et tibétaines. Ou sur la détente sino-taiwanaise. Au vrai, il y a le sentiment désormais exprimé en haut lieu que la France n’y peut rien. Tout comme l’invitation du Syrien Bachar al-Assad à Paris est à la fois un constat d’impuissance et une manière de relancer les dés pour se réintroduire dans le processus de paix au Proche-Orient. La France semble abandonner une diplomatie de posture en se résignant à jouer les « honest brokers » (courtiers honnêtes).
09:09 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Paris, Jeux Olympiques, Tibet








