14.07.2008

Le grand communicateur

Le grand communicateur, c’était le surnom donné à Ronald Reagan. Il pourrait parfaitement s’appliquer à Nicolas Sarkozy qui a réussi au cours du week-end une belle opération de communication. Réunir 44 chefs d’Etat des deux rives de la Méditerranée à Paris, voilà qui ne manque pas d’allure et donne à notre pays le sentiment (l’illusion ?) d’être redevenu un acteur incontournable des relations internationales. Le fait de parrainer la relance du processus de paix au Proche-Orient et d’obliger la Syrie par l’ouverture d’une ambassade à reconnaître le Liban comme entité indépendante, ce n’est pas rien. Certes l’élection américaine a ouvert une fenêtre à la France pour se glisser dans un rôle traditionnellement dévolu aux Etats-Unis. Et l’on peut compter sur Damas pour continuer à peser de tout son poids sur le pays du Cèdre à travers ses multiples réseaux d’influence. Par ailleurs, ce projet d’Union pour la Méditerranée réintégré après le diktat allemand dans l’Union européenne, reste encore bien flou malgré le talent du conseiller Guaino et les arabesques qui en résultent. Enfin tout cela s’accompagne d’un retour à la Realpolitik consistant à pardonner à nos vieux dictateurs arabes, Assad le premier, que la France considérera toujours plus fréquentable que les islamistes qui déstabilisent les régimes laïcs. Mais l’on peut comprendre le désarroi de l’Armée française raillée par le Président pour son « amateurisme » et forcée de défiler ce matin devant l’héritier d’une dynastie alaouite qui n’a pas hésité à massacrer nos soldats qui s’étaient aventurés sur sa zone d’influence et accessoirement l’un de nos grands diplomates, Louis Delamare qui fut ambassadeur à Beyrouth. On savait depuis longtemps que morale et politique ne faisaient pas bon ménage. Le prestige de la France en sortira-t-il grandi ? C’est toute la question.