22.11.2007
Chirac en ligne de mire
Chirac au Conseil constitutionnel avec Giscard, Chirac avec Mandela pour parler de sa future fondation, Chirac chez les juges... on ne sait plus très bien où s’est arrêté le feuilleton. D’autant que c’est la deuxième confrontation avec les magistrats puisqu’en juillet dernier, il les avait reçus à son bureau. Le sujet était alors les emplois fictifs du RPR. Cette fois, il s’agit des chargés de mission de la ville de Paris dont l’ancien président reconnaît avoir autorisé le recrutement car ils étaient « légitimes et nécessaires ». La Justice est lente mais tenace. Et la justice financière que le juge van Ruymbeke estime en voie d’étranglement ne se porte pas si mal. Les affaires ayant empoisonné les deux mandats de Chirac ne le lâchent donc pas, surtout qu’il n’est plus couvert par son immunité pénale. Certes, des excès ont été commis que la loi sur le financement des partis politiques n’a fait qu’atténuer. Et de nombreux lampistes ont payé pour leur chef. A commencer par Alain Juppé particulièrement mal défendu comme s’il devait faire figure de bouc émissaire. Ou Michel Roussin, l’ancien chef de cabinet du maire de Paris, devenu ministre de la Coopération d’Edouard Balladur et auquel aucune avanie judiciaire ne fut épargnée. Devenu vice-président du groupe Bolloré qui eut le courage de lui tendre la main, Roussin n’en est pas moins amer quand il déclare en privé : « Cette justice ne fonctionne pas. Les dés sont pipés, le calendrier judiciaire étant organisé par le garde des Sceaux pour protéger l’Elysée. Ça m’aura plombé pendant 15 ans mais s’il le faut, je finirai sur une chaise roulante devant la Cour des droits de l’Homme. » Concernant Jacques Chirac, on peut considérer qu’il y a une part d’acharnement sur ce retraité de 75 ans qui a toujours réussi à passer entre les gouttes, protégé par ses fidèles spadassins, comme Dominique de Villepin qui trouva pour lui la formule « abracadabrantesque ». Premier ancien président mis en examen, voilà une distinction dont Chirac se serait bien passé.
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10.10.2006
Villepin balise le terrain pour MAM
Dominique de Villepin n'est jamais aussi à l'aise que dans la posture offensive et depuis le début septembre, il s'est adonné à une véritable préparation d'artillerie. Après avoir été considéré comme mort politiquement par ses adversaires qui spéculaient sur son remplacement, la vitesse de son rétablissement a surpris tout le monde. Le tournant fut acté par le vote du projet de fusion Suez-GDF qui relégitimait le Premier ministre à l'Assemblée. Fort de ce soutien, Villepin a poussé les feux d'une action gouvernementale qui donne des résultats tout en contrant de façon presque systématique bon nombre de propositions du ministre de l'Intérieur (régimes spéciaux, service civil obligatoire...). Outre qu'il a fini par répliquer aux critiques insistantes de Nicolas Sarkozy sur la diplomatie française, Dominique de Villepin a ouvert, dimanche, la voie à une deuxième candidature issue de l'UMP pour l'élection présidentielle. En l'occurrence, celle de Michèle Alliot-Marie, « femme de grand talent », qui présente de nombreux avantages en particulier de vouloir incarner le gaullisme social. La ministre de la Défense a démontré par le passé son savoir-faire (lors de la prise du RPR), son image dans l'opinion est intacte et elle pourrait neutraliser l'atout féminin que représente Ségolène Royal pour la gauche. Elle se déclarerait en novembre comme le souhaite le président de l'UMP et disposerait d'ores et déjà du soutien d'une cinquantaine de parlementaires. Edouard Balladur rappelle lui-même qu'en 1995 le RPR n'avait pas plus investi Chirac que lui-même, corroborant les propos de Villepin au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, selon lesquels le parti n'accorde pas d'investiture mais un simple soutien financier. Si l'on en croit les derniers sondages indiquant que le FN ne dépasserait pas les 10 %, cette stratégie aurait le mérite de ratisser large, des orléanistes aux bonapartistes (selon le vieux clivage de la droite française) avant le rassemblement du deuxième tour. Reste à savoir si, en voulant déstabiliser les sarkozystes, très nerveux en ce moment, les chiraquiens n'en font pas un peu trop.
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