03.07.2008

L'audiovisuel public dans la tourmente

« Carolis a un mandat jusqu’en août 2010 dont la seule interruption ne pourrait venir que de son fait », m’assurait il y a quelques semaines un haut responsable de France Télévisions. Beaucoup moins sûr de lui, il me confiait en début de semaine : « Nous allons être laminés ».

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22.01.2008

Audiovisuel public. Déstabilisé

Le big-bang déclenché par Nicolas Sarkozy annonçant la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public n’a pas fini de produire ses effets.
 
Benamou a pris la grosse tête

Les 11.000 salariés du secteur répartis en cinq sociétés, chiffre qui peut monter à plus de 100.000, si l’on compte les sous-traitants du paquebot installé sur les bords de Seine, sont totalement déstabilisés. Certes, leur sort n’est pas suspendu à ce petit marquis de Georges-Marc Benamou, comme le qualifie Patrick Rambaud dans son roman sur la cour du roi Sarko. L’ancien fondateur de Globe, organe de la « tontonmania » triomphante dans les années 80, financé par Pierre Bergé, a tellement pris la grosse tête que le président de la République l’a rabroué lors d’une réunion, en décembre dernier. Notre conseiller aux affaires audiovisuelles, qui ne cessait de se répandre dans le tout Paris en traitant d’incapables le tandem Carolis-Duhamel dirigeant France Télévisions, n’a désormais plus de rapports avec eux. La ministre de tutelle, Christine Albanel, a déclaré, hier, lors de ses vœux à la presse, que la télévision publique « nouvelle manière » devait rester généraliste. Elle suit désormais le dossier, malgré les tentatives de Benamou pour la bordurer. Il lui arrive néanmoins de faire des gaffes lorsqu’elle annonce à RTL qu’il n’y aura aucun licenciement dans la régie publicitaire appelée à disparaître. Pour l’heure, les chaînes privées font le forcing auprès de l’Etat afin de durcir le cahier des charges qui sera imposé au service public.

Une privatisation inévitable

Toutefois, si l’audience des chaînes de France Télévisions devait s’effondrer pour cause de programmation trop élitiste, Bercy n’attendrait pas pour rogner la dotation budgétaire. La privatisation d’une des chaînes, peut-être France 3, deviendrait alors inévitable malgré les garanties données au personnel sur un maintien du périmètre actuel. A la tête d’un groupe affaibli, l’équipe dirigeante navigue désormais entre l’inquiétude des salariés et les décisions de l’Etat-actionnaire auquel Patrick de Carolis s’est immédiatement rallié pour survivre.