10.06.2008

L’information enjeu politico-économique

Rien de surprenant à ce qu’un nouveau patron de chaîne comme Nonce Paolini décide de placer ses hommes (et ses femmes) aux postes clefs de l’information du groupe TF1. Au-delà de la personne de PPDA, ce jeu de chaises musicales s’inscrit dans un contexte économique et politique très particulier. IL est d’abord lié à la chute d’audience de TF1 résultant en grande partie de la montée en puissance des chaînes de la TNT. Mais aussi à une certaine usure de figures emblématiques. Décision industrielle logique mais sur laquelle vient se greffer un enjeu politique. Celui du pouvoir, agacé par les journalistes hostiles ou simplement irrespectueux tel PPDA, qui s’était permis de traiter Nicolas Sarkozy de « petit garçon » après sa prestation aux côtés des « grands » du G8. Laurence Ferrari, qui lui succède, n’avait eu que le mauvais goût de signaler son ambition présidentielle alors qu’il ne s’était pas encore déclaré. Ce n’est pas indifférent. Surtout quand cette femme fait condamner le magazine Closer pour mettre un terme à des rumeurs de liaison avec le plus haut personnage de l’État. Lequel accrédite l’idée qu’il aurait encouragé Martin Bouygues à la faire revenir à TF1 après ce cadeau royal de la seconde coupure publicitaire aux chaînes privées, se comportant une fois de plus en faiseur de rois (et de reines). Au même moment, l’audiovisuel public réputé pour ses journalistes indociles, paraît totalement déstabilisé par la suppression des recettes publicitaires, conséquence du fait du prince. Et le refus affiché d’emblée par le Président d’augmenter la redevance conduit les députés socialistes à quitter la commission Copé qui en perd, du coup, toute crédibilité. Nicolas Sarkozy n’en est pas encore au contrôle des médias instauré par Silvio Berlusconi lui-même, propriétaire d’un énorme groupe de presse dont il ne s’est jamais séparé. Le président français semble plus subtil mais sa volonté de reprise en main n’en est pas moins réelle.