10.10.2008
PS, à la recherche d’un nouveau souffle
La crise financière internationale bouscule tous les repères. Alors que Nicolas Sarkozy opte pour un discours socialisant, le PS, continue, lui, à chercher sa voie. Préconisant un grand emprunt européen et un plan européen de sauvetage des banques, le premier secrétaire du PS, François Hollande, ne s’est pas opposé frontalement au premier ministre François Fillon qui annonçait à l’Assemblée nationale la création d’une « société de prises de participations de l’Etat ». C’est que les socialistes voient, dans cette crise financière mondiale, la confirmation de leurs thèses sur le capitalisme dévoyé. Mais ils ne savent pas comment restructurer l’Etat providence sur lequel ils ont assis leur prospérité électorale. Et ils ne disposent pas d’une boîte à outils très performante pour appréhender la mondialisation, tout comme cette crise qui est la conséquence des dérives du capitalisme anglo-saxon depuis 30 ans (*). De surcroît, même s’ils ne se laissent pas enfermer dans l’union nationale que leur propose le tandem Sarkozy-Fillon, ils ne peuvent guère ajouter de la confusion à une situation qui est déjà assez confuse.
08:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, parti socialiste, François Hollande, Nicolas Sarkozy
09.10.2008
A droite, l’union nationale dans la douleur
Malgré ses efforts pour montrer qu’il y a un pilote dans l’avion, Nicolas Sarkozy va affronter, dans les prochaines semaines, de réelles difficultés, tant il est vrai que pas un dirigeant d’une démocratie occidentale ne peut sortir indemne de telles turbulences économiques. D’ores et déjà, son Premier ministre, François Fillon, affiche une solidarité sans faille, mais sa ministre de l’Economie, Christine Lagarde, n’apparaît plus vraiment crédible au point que certains évoquent son remplacement par... Edouard Balladur ! L’hypothèse d’un retour de Villepin au gouvernement a été démentie par l’intéressé, puis balayée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui savait peut-être que le parquet allait requérir le renvoi de l’ancien Premier ministre en correctionnelle plutôt que de se satisfaire, comme prévu, d’un non-lieu. Curieux revirement du procureur Jean-Claude Marin dont la mansuétude à l’égard de Dominique de Villepin agaçait l’Elysée, partagé entre les partisans de tourner la page et ceux qui continuaient de tenir Villepin pour responsable de la « machination » Clearstream. Coincé entre le marteau et l’enclume, Marin n’a donc retenu que la faute ayant consisté à ne pas prévenir la justice dès lors que, averti par le général Rondot, l’ancien Premier ministre eut des doutes sur les faux listings que lui avait transmis Jean-Louis Gergorin. Mais, réalisant qu’il avait été trompé par son ancien patron du Centre d’analyses et de prévisions (CAP), on peut comprendre qu’il ne se soit pas précipité pour révéler cette machination, surtout si Gergorin l’avait fait en pensant lui rendre service. Quoi qu’il en soit, Sarkozy n’aura cessé d’envoyer des signaux positifs à Villepin en lui faisant miroiter une tête de liste aux européennes, en l’envoyant aux obsèques d’un poète palestinien ou en le recevant à plusieurs reprises à l’Elysée. Volonté de l’endormir et de désamorcer son agressivité ? Toujours est-il que l’ancien Premier ministre est sorti de Matignon avec un bilan économique positif et personne ne pourra le lui enlever.
08:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde
02.10.2008
Le retour à l'exception française
Comparer la crise financière actuelle à celle de 1929 n'a guère de sens. A l'époque, les Etats-Unis étaient les créanciers du monde et cette situation a commencé à s'inverser en 1945 quand ils en sont devenus les débiteurs. Ainsi, c'est la Chine qui a financé la guerre en Irak et une partie de l'immobilier américain victime des subprimes. Ce déséquilibre mondial qui traduit également un transfert des centres de pouvoir de l'Occident vers l'Orient, de la première puissance mondiale vers l'Asie, nécessite désormais une concertation mondiale accrue pour en attenuer les effets désastreux. C'est l'idée que tente de promouvoir Sarkozy mais rien ne dit qu'il sera suivi par les Américains. La France a toujours bénéficié d'un système bancaire mieux sécurisé qu'aux Etats-Unis avec des ratios de précaution élevés. Il n'empêche, certaines surprises ne sont pas à exclure, compte tenu des éléments hors bilan, qui ont sans doute été dissimulés. Au-delà des plans de sauvetage qui apparaissent comme un moindre mal, le chef de l'Etat tente une de ces opérations de politique intérieure époustouflante dont il a le secret. Non seulement Sarko fait taire son Premier ministre, qui le titillait sur le thème de la rigueur sur laquelle Fillon avait fondé son identité politique, mais il étouffe l'opposition dans une unité nationale à laquelle il sera bien difficile de résister. Ségolène Royal a d'ailleurs été la première à ouvrir la brèche en déclarant que cela supposait des garanties sur l'évolution d'un système marqué par la connivence entre les patrons et le pouvoir. Or, on voit bien que l'objectif de l'Elysée est de renforcer le parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot au détriment du PS. Ce faisant, Nicolas Sarkozy tourne le dos à ses promesses de campagne et à la rupture qu'il préconisait pour en revenir aux fondamentaux de « l'exception française » dont on voit bien, dans la tourmente actuelle, qu'elle n'a pas que des inconvénients.
17:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, Etats-Unis, Chine, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier
01.10.2008
L’an II du sarkozysme
08:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Dexia, François Fillon
26.09.2008
Une nouvelle frontière
Lutter contre la peur qui inhibe et pèse sur l'économie. Tel était, à Toulon, le credo de Nicolas Sarkozy, qui n'est jamais aussi bon que dans le registre du volontarisme. Reçu les jours précédents dans l'antre du capitalisme mondial, le chef de l'État demandait alors des sanctions contre les responsables du dérèglement des marchés. On l'avait déjà entendu condamner les patrons voyous ou procéder à du sauvetage d'entreprises menacées, comme Alstom. Or, cette volonté de moralisation d'un système qui s'emballe rappelle singulièrement les diatribes anticapitalistes de Jacques Chirac à la fin de son règne. Mais alors qu'il prononçait, hier soir, un grand discours de recadrage économique, la question est de savoir si, comme l'a dit François Hollande, Nicolas Sarkozy « ne se paye pas de mots ». Et quelles sont ses marges de manoeuvre ? La suppression des parachutes dorés, comme le suggère le Medef, est une piste qui pourrait mettre fin à des abus scandaleux. D'autres mesures sont étudiées, telle une surveillance accrue des agences de notation, quoique les banques n'y sont guère favorables. Censé rassurer ses concitoyens en trouvant le ton juste sur la gravité de la crise, Nicolas Sarkozy reste confronté au problème d'une redéfinition de sa politique économique. Pas d'austérité ni d'augmentation des impôts, assure-t-il, afin de ne pas aggraver la crise. Mais cette volonté de ne pas dramatiser, qui s'accompagne d'une poursuite des réformes, est-elle réaliste ? Car le chef de l'État reconnaît que la situation ne va pas s'arranger, ni sur le front du chômage, ni sur celui de la croissance, ni sur celui du pouvoir d'achat. Encadrer le mode de rémunération des dirigeants n'y suffira pas. Engager de nouvelles dépenses d'investissement exige de les financer. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy entend fixer au pays le cadre d'une nouvelle frontière.
08:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Economie, crise financière, Nicolas Sarkozy, Toulon, banque, croissance, capitalisme
24.09.2008
Sarko maître du monde
Quand les événements les dépassent, nos dirigeants feignent, selon le vieil adage, de les organiser. C'est un peu l'argument du premier secrétaire du PS, François Hollande réagissant aux propos tenus par Nicolas Sarkozy à New York et réclamant des sanctions pour les responsables du krach financier de la semaine passée. Evoquant devant la fondation Elie Wiesel la peur de nos concitoyens de perdre leurs économies ou leurs placements immobiliers, le chef de l'Etat appelait les responsables de la planète finances à rendre des comptes. Lors de la précédente Assemblée générale de l'Onu, il préconisait un nouvel ordre mondial dans le droit fil des prêches de son prédécesseur. Cette fois, le Président français s'est lancé dans un grand discours en faveur de l'Afrique qu'il faut sortir de la pauvreté alors même que l'aide française au développement, traditionnellement la plus importante des pays occidentaux, a été divisée par deux. Sa suggestion de convoquer un G8 monétaire afin d'accroître les mécanismes de régulation publique risque fort de s'enliser. Car les Etats-Unis qui se méfient des systèmes collectifs, ne veulent pas se laisser engluer dans une gouvernance de type Nations-Unies qu'ils exècrent. La France y a tout intérêt pour s'en servir comme d'un levier d'influence car ses marges de manoeuvre sont faibles. Songez qu'avec son paquet fiscal de 15 milliards d'euros, elle a été au maximum de ses possibilités tandis que l'Amérique dépensait 700 milliards de dollars pour soutenir ses banques. De surcroît, l'Europe prive la France d'un levier budgétaire comme monétaire en l'enserrant dans un véritable corset. Certes, le fait que les Américains nationalisent à tour de bras brouille nos repères et incite au pragmatisme. Sarko a déjà agi de la sorte en sauvant Alstom tout en dénonçant les patrons voyous. Le pouvoir politique ne peut avouer qu'il est désarmé face à la mondialisation.
08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, New York, fondation Elie Wiesel, Hubert Coudurier
19.09.2008
Le recadrage présidentiel
C’est finalement par un discours à Toulon, comme durant la campagne de la présidentielle, que le chef de l’Etat fera sa rentrée politique.
L’idée d’une conférence de presse ou d’un entretien télévisé a finalement été abandonnée. Trop difficile dans une période incertaine où la crise financière mondiale donne l’impression que les dirigeants de la planète ne contrôlent plus rien. A l’heure où l’inflation absorbe l’amélioration du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy devra convaincre que le pouvoir politique n’est pas impuissant, qu’il dispose encore de marges de manœuvre pour sécuriser la situation économique des Français. Certes, le Président expliquera que la crise de l’immobilier ne peut avoir en France rien de comparable à ce qu’elle est aux Etats-Unis, compte tenu de la folie des subprimes. Et il rappellera son plaidoyer, dès l’été 2007, pour des mesures de régulation accrues, propositions auxquelles la chancelière allemande, Angela Merkel, faisait alors la sourde oreille. Après avoir été présenté comme « Sarko l’Américain » et avoir rendu régulièrement hommage au modèle en vigueur outre-Atlantique, Nicolas Sarkozy pourrait retrouver des accents chiraquiens sur la nécessité de tempérer la frénésie du libéralisme mondial. On peut faire confiance à Henri Guaino, son conseiller spécial et le rédacteur de ses discours, pour trouver les formules qui feront mouche. Le président français sera alors de retour de New York où Wall Street, le temple du capitalisme, est en faillite. On mesurera alors à quel point le sarkozysme est avant tout un pragmatisme qui n’a rien à envier à celui de son prédécesseur.
09:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rentrée politique, Nicolas Sarkozy, libéralisme, capitalisme, Hubert Coudurier
18.09.2008
Un test dans un contexte troublé
Quelques élections partielles favorables et la remontée du Président dans les sondages ont amélioré le moral de la droite après les calamiteuses élections municipales. Néanmoins, dans un contexte économique désastreux qui complique l'équation budgétaire devant être bouclée la semaine prochaine, le test du Sénat n'est pas dépourvu de signification. Certes, ce bastion de la droite, que son mode de scrutin quasi censitaire met à l'abri des turbulences, n'est guère représentatif de la société française. Conçu pour tempérer les ardeurs contestataires de l'Assemblée comme dans tout système bicaméral, il s'opposa au général De Gaulle qui voulait le transformer. Après le naufrage de la présidence Poher, il était condamné à changer ou à disparaître. La réduction du mandat des sénateurs (de neuf à six ans) et l'ouverture de l'institution sur l'extérieur à travers de multiples colloques ont amorcé cette nécessaire évolution sous la férule de Christian Poncelet. Sur certains débats de société comme les tests ADN, le Sénat se démarquera de l'Assemblée. Les deux prétendants à la succession de Poncelet auront donc à coeur de poursuivre dans cette voie de l'expertise et de la sagesse. Gérard Larcher est un négociateur de talent, un homme de réseau, très imprégné par les questions sociales et qui moderniserait à coup sûr l'image du Sénat. Son rapport sur la réforme de l'hôpital avait été apprécié par Nicolas Sarkozy. Homme de compromis avec un profil plus marqué de notable, Jean-Pierre Raffarin a peut-être commis l'erreur d'adopter une stratégie trop politique en se prévalant dans un premier temps de la caution du Président puis en plaidant pour l'indépendance du Sénat. Raffarin qui ne vient pas du RPR mais de la famille libérale s'estime mieux en mesure de rassembler. Personne n'est aujourd'hui capable de faire un pronostic et l'Elysée ne veut surtout pas miser sur le mauvais cheval. Pas question donc de favori.
08:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sénat, sénatoriales, élections, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier
Sarkozy en chef de guerre
Nicolas Sarkozy s'est posé en chef de guerre, hier, en présentant lui-même la libération des Français au large de la Somalie.
En commentant lui-même le raid des commandos de marine ayant abouti à la libération d'un couple de français et à la mort d'un des ravisseurs, Nicolas Sarkozy a adopté la posture du chef de guerre qui se porte au secours de ses compatriotes en difficultés. Un peu à la manière des Américains ou des Israéliens dans des circonstances similaires. On se souvient du spectaculaire coup d'éclat de l'Etat hébreu à Entebbe (Ouganda) où l'un de ses avions de ligne avait été détourné. Lors de l'opération plus lourde ayant permis de sauver les otages du Ponant, le chef de l'Etat était demeuré en retrait, laissant son chef d'état-major particulier et son conseiller diplomatique face aux médias, donnant même des consignes de modération à ses troupes. Cette fois, on note, sinon un durcissement, sans doute exigé par les circonstances, du moins une volonté de s'exposer en première ligne. Les dix morts d'Afghanistan sont passés par là. Et même si le ministre de la Défense, Hervé Morin, affirmait alors curieusement que la France n'était pas en guerre, il y a désormais une montée en puissance sur le front du terrorisme international.
Une zone de non-droit
Les attaques au lance-roquettes contre des chalutiers au large de la Somalie posent, quoi qu'il en soit, un problème de sécurisation de la zone. Mais la question est complexe car cette corne de l'Afrique en proie à l'affrontement de bandes rebelles est une véritable zone de non-droit. Les Américains ont vu ce qu'il leur en coûtait de vouloir la pacifier et ont rapidement plié bagages. En mer, des mesures devraient être prises en coopération avec d'autres pays dont les Etats-Unis. Mais, il ne peut être question de placer un navire de guerre derrière chaque embarcation même si certaines priorités peuvent être revues. En particulier pour la France dont certains bateaux sont stationnés à l'année dans le golfe de Guinée ou dans l'océan Indien.
08:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier, Somalie, pirates, piraterie, otages, Ponant
16.09.2008
Finances : l'épreuve de vérité
L'histoire se répète. Car Nicolas Sarkozy était déjà ministre délégué au budget d'Edouard Balladur alors Premier ministre lorsqu'il fut confronté à une crise financière mondiale qui n'était certes pas de même ampleur qu'aujourd'hui. Du coup, il lui fut ensuite reproché d'avoir fait preuve d'un grand laxisme budgétaire pour amortir la récession économique qui se profilait alors. Dans le contexte actuel, les marges de manoeuvre du chef de l'Etat sont encore plus faibles. Car elles ont été épuisées par le paquet fiscal mis en oeuvre au lendemain de son élection. De surcroît, les réactions négatives au financement du RSA qui a ponctionné les classes moyennes, en contradiction avec les promesses de la campagne électorale, montrent que la révolution conservatrice ayant permis l'élection de Nicolas Sarkozy s'accompagne désormais d'un rejet des impôts nouveaux. Certes, la revue générale des politiques publiques (RGPP) mise en oeuvre par le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, devrait permettre d'économiser cinq à six milliards d'euros par an. Par ailleurs, le président estime depuis plusieurs mois que dans la tourmente mondiale, il convient de tenir bon et d'accélérer le rythme des réformes afin de bénéficier de la reprise mondiale, le moment venu. Il reste que parmi les réformes préconisées par le rapport Attali d'inspiration libérale, celles qui ont été accomplies n'étaient pas les plus difficiles. Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il perdu du temps avant de prendre la mesure de la crise financière qui révèle aujourd'hui la puissance du politique face à la mondialisation. En refusant contrairement aux préconisations de son Premier ministre d'afficher le recours à une politique de rigueur, le président de la République maintient les Français en état d'apesanteur par rapport à la réalité mondiale. En repoussant à plus tard cette épreuve de vérité, il risque de la rendre d'autant plus douloureuse.
08:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, Nicolas Sarkozy, crise financière, RSA, économie








