16.01.2009
Sarkozy banalise le remaniement
Soumis à la pression de la crise qui fouette son énergie, Nicolas Sarkozy innove dans sa pratique politique de la V e. Tout d'abord, cette série de voeux décentralisés est une première car ses prédécesseurs se contentaient de les prononcer depuis l'Elysée. Ensuite, il dit des choses fortes que la gravité de la situation justifie. Sur les banquiers qui ne jouent pas le jeu, les patrons qui abusent ou les syndicats comme Sud, prisonnier d'une culture révolutionnaire bien éloignée de la co-gestion à l'allemande. « Sud a perdu le nord » ironise-t-on dans l'entourage du Président. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a totalement banalisé l'usage du remaniement qui scandait naguère les mandats présidentiels selon un rituel quasi liturgique. N'est-ce pas dommage de s'en priver alors que l'actuel pouvoir entend réhabiliter l'action politique et use de tous les artifices de la communication ? « On ne peut pas donner de réponse politique à la crise économique. Sinon ce ne serait qu'un effet de manches limité, de surcroît, au microcosme », explique Franck Louvrier, conseiller en communication du Président. Le remplacement de Jean-Pierre Jouyet par Bruno Le Maire aux Affaires européennes et l'attribution à Martin Hirsch de la Jeunesse comme complément à ses activités de Haut-Commissaire aux Solidarités actives, avaient précédé les dernières nominations. En désignant Xavier Bertrand à l'UMP, le chef de l'Etat verrouille le parti dans la perspective de la présidentielle. Et il élargit le champ de compétences de Brice Hortefeux pour qu'il puisse prétendre, le moment venu, à Matignon. Quant à Eric Besson, sa nomination à l'Identité nationale, non dénuée d'une certaine perversité envers la gauche, elle a tout d'un cadeau empoisonné. Concernant Jean-Louis Borloo, dont le savoir-faire a facilité l'adoption de sa loi, il lui a permis d'écarter Nathalie Kosciusko-Morizet, souvent critique à son égard. Laquelle est repêchée à l'Économie numérique dont elle saura sûrement faire la promotion. Seul petit couac, la nomination avortée d'un obscur villiériste, suggérée par François Fillon, mais finalement retoquée par l'Elysée. Et cela compte-tenu du blocage de Philippe de Villiers, peu disposé à promouvoir l'un des siens. Jusqu'à l'annonce du remaniement, un quart d'heure avant les voeux du Premier ministre, Matignon aura regardé passer les trains.
08:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Syndicats, Sud, Martin Hirsch, Bruno Le Maire, remaniement, gouvernement
14.01.2009
Tradition monarchique et fait parlementaire
Donner plus de pouvoir au Parlement, notamment dans la maîtrise de l’ordre du jour, est une démarche logique. Laquelle nous rapproche de la pratique en vigueur dans les grandes démocraties occidentales. C’est également conforme à la présidentialisation du régime amorcée par le quinquennat et poursuivie par Nicolas Sarkozy qui a fait quasiment disparaître la fonction de Premier ministre. Victime consentante, il l’avait même annoncé, François Fillon n’est plus qu’un chef d’état-major. Chacun sait qu’il n’aura joué aucun rôle dans le remaniement qui s’annonce. Au fond, Dominique de Villepin aura été le dernier Premier ministre de la V e République après qu’Edouard Balladur et Lionel Jospin eurent magistralement occupé la fonction en marginalisant le Président. Dans ce contexte d’effacement du chef du gouvernement, l’émergence d’un contre-pouvoir parlementaire est une exigence démocratique. Mais ce n’est pas la tradition française, volontiers monarchique dans laquelle Nicolas Sarkozy, faux libéral et vrai conservateur, s’est moulé avec aisance. Et encore, n’avons-nous sans doute rien vu puisqu’Alain Duhamel estime qu’il n’en est pour l’instant qu’à la « marche consulaire » ! C’est pourquoi la montée en puissance d’un Jean-François Copé à la présidence du groupe UMP agace l’Élysée, surtout depuis le rejet du travail le dimanche. Comme si les députés de la majorité étaient condamnés à rester des godillots manœuvrés par un adjudant. Certains en venant même à regretter le bon vieux temps du RPR avec Claude Labbé dont l’Histoire ne retiendra sans doute pas le nom. Même chose pour le temps de parole et le droit d’amendement dont l’opposition aurait le tort d’abuser au point d’être accusée d’obstruction, comme le firent les cadets de la droite au début des années 80. Chacun sait pourtant que c’est ainsi que l’opposition peut attirer sur elle l’attention des médias qui s’est détournée d’une institution parlementaire n’ayant plus qu’une fonction de chambre d’enregistrement. Partisan d’un compromis, Bernard Accoyer propose un « crédit-temps ». Mais si tel était déjà le cas, la reforme de l’audiovisuel public serait passée comme une lettre à la poste !
08:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Parlement, Nicolas Sarkozy, Premier ministre, Bernard Accoyer, UMP, PS, Hubert Coudurier
07.01.2009
La médiation française sur le fil
Il est à craindre que la mission de bons offices de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient n’ait qu’un impact limité. C’était mal connaître cette région du monde, où le conflit israélo-palestinien est enkysté depuis des décennies, que de penser qu’une visite éclair de 48 heures serait de nature à débloquer les choses. La cote de sympathie du président français auprès des dirigeants israéliens ne pouvait être d’aucune utilité dès lors que ces derniers sont en campagne électorale et se livrent à une véritable surenchère entre eux. En revanche, elle le rendait immédiatement suspect auprès du Hamas dont le parrain iranien ne figurait pas sur la feuille de route de M. Sarkozy, qui a plusieurs fois stigmatisé la volonté de Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Enfin, la volonté du chef de l’État français d’occuper le terrain alors qu’il n’exerce plus la présidence de l’Europe a plutôt compliqué les choses. D’autant que le silence pesant de Barack Obama a montré que les regards se tournaient déjà vers Washington, refermant la parenthèse de vacance du pouvoir outre-atlantique dont la France avait bénéficié durant plusieurs mois. En 1996, lors des affrontements israélo-libanais, Jacques Chirac avait préféré dépêcher sur place son ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette, au grand dam du secrétaire d’État américain, Warren Christopher. La France avait fini par obtenir un cessez-le-feu en s’appuyant sur le Liban et la Syrie, tandis que les Américains soutenaient l’État hébreu. Or, aujourd’hui, Nicolas Sarkozy apparaît beaucoup plus pro-israélien que son prédécesseur qui s’inscrivait dans la ligne de la politique arabe du général De Gaulle. Victime de sa précipitation à vouloir occuper le terrain afin de rééditer son succès lors de la crise géorgienne, Nicolas Sarkozy n’en a pas moins été rattrapé dès son retour en France par le risque d’exacerbation des tensions communautaires entre juifs et musulmans. En témoigne la voiture incendiée lancée contre une synagogue à Toulouse (lire page 5). Tensions qui plaident pour un rééquilibrage de la diplomatie de M. Sarkozy au Proche-Orient. Le souci avant tout humanitaire de la démarche infructueuse du président français en est clairement l’amorce. Il faut dire que l’intransigeance israélienne ne lui laisse guère le choix.
12:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Proche-Orient
06.01.2009
Une médiation trop précoce
La tentative de médiation française dans le conflit israélo-palestinien s’avère périlleuse pour le président français. D’autant que Gaza n’est pas la Géorgie.
Personne ne reprochera à Nicolas Sarkozy de vouloir apporter sa pierre à l’instauration d’une trêve à Gaza vu l’ampleur du drame qui s’y joue. Car les Palestiniens paient au prix fort les provocations irresponsables des dirigeants du Hamas. Et c’est un véritable massacre, totalement disproportionné par rapport à l’agression, que les bombes israéliennes provoquent dans ce réduit où s’entasse 1,5 million d’habitants. Pour autant, le président français n’a-t-il pas commis l’erreur de maintenir son voyage alors que débutait l’offensive terrestre des Israéliens ? La diplomatie européenne dont Nicolas Sarkozy se veut toujours le porte-drapeau, est, en effet, mal placée pour exercer une pression efficace sur l’État hébreu alors que la nouvelle administration américaine entrera en fonction dans une quinzaine de jours. Surtout que Tsahal entend pousser son avantage sur le terrain pour éradiquer la direction du Hamas. Du moins, tant que la pression de la communauté internationale ne devient pas intenable.
Ce qui n’est pas encore le cas. D’autant que les Européens n’ont pas de ligne de communication directe avec le Hamas qui accuse désormais Sarkozy de partialité.
Gaza n’est pas la Géorgie
En revanche, il est vrai que les bons rapports que le président français a noués avec Israël et le président syrien Bachar el-Assad lui permettront d’être écouté et de se faire entendre des médias locaux. Nicolas Sarkozy estime désormais que cette réconciliation avec Damas était nécessaire pour que la France puisse à nouveau peser au Proche-Orient. En s’appuyant sur l’Europe et l’Egypte, qui proposent un plan en quatre points, le chef de l’État espère infléchir la détermination israélienne, comme il le fit avec les Russes lors de la crise géorgienne. Même si Moscou relativise aujourd’hui l’impact de sa médiation, il obtint alors un cessez-le-feu. Dans le conflit israélo-palestinien, que personne n’a réussi à éteindre depuis des décennies, c’est une autre paire de manches. Et la médiation française intervient sans doute trop tôt.
08:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Palestiniens, Israéliens, Etat hébreu, Gaza, Nicolas Sarkozy, Edouard Coudurier
02.01.2009
Vœux présidentiels. Comment positiver sur la crise ?
Mercredi soir, lors de ses vœux aux Français, à la tonalité bien sombre, Nicolas Sarkozy a annoncé une année 2009 de « crise », d’efforts et de réformes.
16:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, voeux présidentiels, France, Nicolas Sarkozy, Elysée
24.12.2008
Brésil. Nicolas Sarkozy affiche la sérénité
Alors que la presse se préoccupait surtout de l'élégance de Madame, Nicolas Sarkozy a poursuivi hier son séjour brésilien en signant de précieux contrats.
Dans l'édition brésilienne de Marie-Claire, elle confie : « Je ne suis plus une croqueuse d'hommes ». « Carlita » fête aujourd'hui ses 41 ans et la presse brésilienne s'extasie sur les sandales qu'elle arborait la veille au concert de lancement de l'année de la France au Brésil, en présence de Gilberto Gil et Charles Aznavour. Le lendemain, la première dame assistait à un défilé « ethnique » à la mode « favela ». N'en déplaise à l'opposition qui stigmatise la vacance du pouvoir, le couple va séjourner jusqu'au 30 décembre dans la propriété d'un ami du père biologique de Carla. Du côté de Salvador de Bahia, laisse-t-on entendre chez les Brésiliens, l'Élysée restant d'une remarquable discrétion sur la question. Toutefois, le chef de l'État reviendra le 7 septembre dans la capitale Brasilia afin de fêter l'anniversaire de l'indépendance du pays. Entre-temps, 700 événements auront été organisés dans quatorze villes, notamment des opéras lyriques à Manaus ou des expositions d'impressionnistes. Une école de samba défilera lors du carnaval de Rio en février prochain sur le thème de l'histoire de France.
La méthode Sarkozy
Dans le « Jornal do Brasil », une caricature montre le président Lula s'adressant ironiquement à son homologue français : « Eh ! Les amis, vous êtes venus pour les affaires ou pour flirter ? » Il reste que le partenariat stratégique conclu entre les deux pays a pris une réelle consistance avec six milliards de contrats signés, entre hélicoptères et sous-marins, soit le double des contrats d'armement décrochés au cours de l'année écoulée (lire ci-dessous). Le chef de l'État semble satisfait de ce dernier voyage en tant que président de l'Europe qui lui permet de souligner le rôle accru du Brésil en matière d'intégration régionale. Nicolas Sarkozy applique toujours la même méthode. Il flatte ses interlocuteurs en vantant allègrement leurs mérites.
Les vertus d'un monde multipolaire
Après avoir été le meilleur allié de l'Amérique, il redécouvre les vertus du monde multipolaire au sein duquel le Brésil doit être reconnu, selon lui, à hauteur de son poids grandissant. Les règles contraignantes que le pays s'impose en matière de déforestation sont citées en exemple. Tout comme le formidable laboratoire de biodiversité représenté par l'Amazonie. Ainsi que la nécessité d'associer le pays à la refondation du système financier international, même si, comme tous les pays émergents, il est largement resté à l'écart de la crise. Nicolas Sarkozy qui entend multiplier les voyages en Amérique latine, en particulier au Mexique, l'autre grand du continent latino, estime que 2009 opposera les partisans de l'immobilisme à ceux du mouvement. Une petite musique bien connue. Dans une dialectique qui rappelle celle des années 60 en faveur d'un nouvel ordre mondial, il s'associe naturellement aux coups de boutoir des pays du Sud contre ceux du Nord. De Gaulle pratiquant le jeu de la bascule entre les blocs n'agissait pas autrement, même si ses tournées en Amérique latine s'étalaient sur plusieurs semaines.
« Une France éruptive »
2009 sera néanmoins marquée par le retour aux réalités sur la scène intérieure française. Inquiet d'une crise sociale qui l'a conduit à repousser la réforme des lycées, laquelle pouvait servir comme en Grèce de détonateur, Nicolas Sarkozy feint la sérénité. Beaucoup estiment néanmoins son équipe sous-dimensionnée pour affronter les turbulences à venir. « Je ne pense pas que la France soit fragile mais éruptive », aurait-il affirmé selon une source bien informée à l'Élysée.
09:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Lula, Gilberto Gil, Hubert Coudurier
19.12.2008
Sarkozy culpabilise la gauche
Piqué au vif par les pancartes des élus socialistes dénonçant la télé sarkozyste en clôture du débat sur l’audiovisuel public, Nicolas Sarkozy, en déplacement dans les Vosges, n’a pas pu s’empêcher de déplorer le « blocage systématique » de l’opposition.
C’est pourtant de bonne guerre et on se souvient avec quelle virulence la droite se distinguait au Palais Bourbon lors du premier mandat de François Mitterrand. Tels des voltigeurs, des hommes comme Jacques Toubon, Michel Noir ou François d’Aubert se relayaient à l’Assemblée et ne reculaient devant aucun excès verbal. Alors que la droite semble durablement installée au pouvoir, du moins depuis 1995, le président de la République ne peut s’empêcher de pousser son avantage en culpabilisant l’adversaire socialiste. Lequel apparaît fort affaibli par ses déchirements internes, que l’élection de Martine Aubry au poste de Premier secrétaire du PS a aggravés. Et aussi son incapacité à fixer un cap idéologique, hésitant entre l’alliance au centre et le coup de barre à gauche. Enfin, l’ouverture qui devrait se poursuivre avec l’entrée au gouvernement de nouveaux ministres, comme Claude Allègre, décrédibilise encore un peu plus le PS. C’est ce qui rend Nicolas Sarkozy si sûr de lui, malgré les difficultés économiques et sociales résultant de la crise financière mondiale. La gauche ne le menace donc pas vraiment. Son baroud d’honneur sur la télévision publique sera d’ailleurs vite oublié. Et en reculant sur la réforme des lycées ou le travail du dimanche, le chef de l’État évite soigneusement d’alimenter les braises d’une révolte sociale par ailleurs improbable dans une période où l’opinion est inquiète. « Réformes inutiles, bâclées et bourrées d’injustices », tonne en vain le président du groupe parlementaire socialiste Jean-Marc Ayrault. La gauche a perdu la main.
08:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Martine Aubry, assemblée nationale
18.12.2008
Sabeg ou le modèle républicain
Au fond, Nicolas Sarkozy est plus un homme de tradition et de synthèse qu'il veut bien l'admettre. Il y avait quelque paradoxe à promouvoir la discrimination positive, injuste dans son principe, alors que les États-Unis l'ont peu ou prou abandonnée et que l'élection d'Obama, mal interprétée en France, apparaît d'abord comme celle d'une réconciliation entre communautés. En nommant Yazid Sabeg « commissaire à la diversité et à l'égalité des chances », le président de la République a fait un choix judicieux. Car l'homme est à la fois remarquablement intelligent, ouvert, sensible et déterminé. Sa réussite industrielle initiée à la Datar (*) et dans les milieux pétroliers, puis à la tête de l'ex-Compagnie des Signaux, il la doit d'abord à lui-même. À son énergie et à sa générosité qui en ont fait un homme rayonnant dans sa communauté et bien au-delà. Sabeg reste un exemple parfait d'intégration à la française, en clair de ce que le modèle républicain peut faire de mieux pour un enfant d'immigrés ayant su trouver les parrains les plus avisés pour accompagner son parcours dans la société française. Quand Nicolas Sarkozy dit « l'égalité des chances doit cesser d'être théorique pour devenir réelle », il semble abandonner des gadgets médiatiques pour entrer dans le dur d'une problématique complexe. Car Sabeg a beau plaider pour la discrimination positive, il n'en reste pas moins le pur produit de l'assimilation républicaine à une époque où tout était possible. Mais au fond, ce qui manque à de nombreux jeunes aujourd'hui, qu'ils soient issus ou non de banlieues, c'est d'abord l'existence d'un référent, c'est-à-dire d'un père qui n'a pas démissionné. La tâche est immense, d'autant que la période des Trente Glorieuses n'est qu'un lointain souvenir. Des déceptions sont donc prévisibles. C'est pourquoi il faut souhaiter bonne chance à Yazid Sabeg. (*) Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale.
07:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Yazid Sabeg, discrimination positive, Hubert Coudurier
17.12.2008
UE. Sarkozy l'Européen de l'année
Nicolas Sarkozy a clos, hier à Strasbourg, sa présidence de l'Union européenne, en affirmant que l'Europe l'« avait changé ». Il a promis qu'il ne renoncerait pas à peser sur sa marche une fois son mandat expiré.
Il y a chez Nicolas Sarkozy une force de caractère qui le conduit à supporter les attaques à répétition dont il est l'objet comme si les Français se construisaient sur lui. Sans doute est-ce le lot commun des politiques qui ne cessent de prendre des coups et se forgent dans cette résistance quotidienne aux épreuves. Ainsi, le président de la République qui n'oublie rien, mais dose soigneusement ses réponses aux outrages qu'on lui inflige, a-t-il ironisé sur Daniel Cohn-Bendit qui avait déjà qualifié au Parlement européen son comportement de « minable » à propos des Chinois. Cette fois, l'ancienne figure emblématique de Mai-68 l'a qualifié de « président girouette ». Sarkozy a alors indiqué que Cohn-Bendit, qui ne détestait pas venir déjeuner à l'Elysée et bénéficier au passage d'une escorte de motards, se montrait beaucoup plus mesuré dans l'intimité. Mais que les caméras le rendaient « fou ».Acteur incontournable
En réalité, il faut rendre à César ce qui lui revient. Si l'on peut contester son action sur le terrain économique et social, sa diplomatie a fait preuve, jusqu'à présent, d'un remarquable réalisme. En rencontrant le dalaï-lama en Pologne, il a concilié les intérêts économiques du pays et la nécessité de ne pas se soumettre à Pékin. Sur l'invasion de la Russie en Géorgie, il a fait preuve d'un talent inégalé dans la gestion de crise, donnant à l'Europe un rôle qu'elle n'avait jamais eu. Même chose en organisant le G-20 à Washington, accueillant pour la première fois les pays émergents. Sa présidence européenne cumulée à l'agonie de la présidence Bush, qui lui avait permis d'effectuer une percée au Proche-Orient, en a fait un acteur incontournable de la scène internationale pendant quelques mois.
Un homme obstiné
N'en déplaise à Newsweek qui semble lui reprocher d'avoir établi des rapports privilégiés avec Gordon Brown et José Luis Zapatero, Nicolas Sarkozy a réussi à déborder Angela Merkel, faisant oublier l'humiliation du « non » au référendum européen. Sur les dossiers de fond, il faudra plus de temps. Mais ce petit homme obstiné n'est-il pas en train de refaire de la France un grand pays qui retrouve son rayonnement traditionnel ?
08:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Union européenne, Daniel Cohn-Bendit, Angela Merkel, Hubert Coudurier
16.12.2008
De l'art du compromis et du passage en force
Xavier Darcos, ministre de l'Education, s'inquiète de la situation « dans une certaine mesure inacceptable et dangereuse » à Gaza où les Israéliens ont accru le blocus. Cette prise de distance à l'égard de l'Etat hébreu est fort intéressante, mais on attendait sa parole sur la scène hexagonale où il devait présenter aujourd'hui sa réforme de la seconde. Or, la montée en puissance des mouvements lycéens a conduit l'Elysée à suspendre provisoirement la réforme qui devait entrer en vigueur à la rentrée 2009. Pas assez bien expliquée, a jugé le Premier ministre François Fillon ayant estimé que le gouvernement n'était pas à « trois mois près ». « Je n'aime pas avoir des lycéens dans la rue, ils peuvent faire n'importe quoi. Aujourd'hui, il n'y a pas de coordination ni d'interlocuteurs. Ce qui est demandé est extrêmement vague », nous confiait, hier, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, sans doute alertée de la situation en Grèce. Ainsi, le président de la République a joué la prudence même si, selon les confidences de Bruno Julliard, ancien président de l'Unef devenu secrétaire national du PS à l'Education, Nicolas Sarkozy avait clairement manqué à la solidarité gouvernementale durant la crise du CPE en soutenant les syndicats qui s'opposaient au Premier ministre Dominique de Villepin. Une reculade rapide et sans bavures vaut mieux qu'une retraite après des semaines de résistance, juge l'Elysée qui joue constamment sur la réactivité et la mobilité. Il reste qu'un retrait définitif serait désastreux pour les lycéens dont beaucoup n'ont pas forcément compris le sens de la réforme. D'autant qu'il ne s'agit que du début d'un processus visant à mieux adapter l'école à son environnement. Autrement dit, ce n'est pas leur rendre service que de céder constamment. Contesté sur le dossier de l'audiovisuel public où il a montré sa nature autoritaire en affaiblissant le CSA, le pouvoir a donc besoin d'un succès sur le travail du dimanche. Voire même d'un passage en force qui laisse peu de chances au compromis, à vrai dire bancal, de Jean-François Copé.
07:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Xavier Darcos, Education nationale, lycéens, Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier








