15.11.2007

Le retour de Chichi

Jacques Chirac se rappelle à notre bon souvenir. Voilà un retraité heureux, ce qui ne fut pas toujours le cas de ses prédécesseurs qui s’écroulaient dès qu’ils avaient perdu le manche. On l’avait quitté un peu vite et les bons esprits toujours prompts à s’incliner devant le nouveau pouvoir issu des urnes, de ricaner sur ce président évanescent déjà oublié même si l’Histoire réévaluera sans doute son bilan à la hausse. Le genre pater familias vaguement « rad soc » dont le passage aux affaires n’a ni révolutionné les esprits, ni changé substantiellement les comportements. « Il ne voulait pas faire de peine aux Français » disait de lui Raymond Barre avant sa mort. Si l’épreuve de force pour laquelle on redoutait la réédition des grandes grèves de 95 devait tourner court, on réaliserait combien la société a changé en infligeant aux syndicats de cheminots une retraite en bon ordre. Chirac n’avait pas voulu brutaliser les Français comme le fit Margaret Thatcher Outre-Manche. Face aux risques de déclassement qui le guettent, le pays serait donc le dernier en Europe à s’adapter à la mondialisation, conscient sous l’aiguillon d’un président énergique, qu’il n’a plus le choix. Pourtant Chichi qui n’a guère été un grand modernisateur (hormis pour les armées, lui qui est resté militaire dans l’âme) revient sur la pointe des pieds au Conseil constitutionnel. Et ironie de l’Histoire, Giscard qui avait été plutôt absent ces dernières années au sein de l’institution, rapplique aussi sec comme s’il voulait marquer à la culotte son cher vieil ennemi. Voilà qui devrait redonner à cette noble institution un peu de vitalité alors que des débats de fond se profilent comme la loi sur l’immigration et les tests ADN. La présidentialisation du régime doit logiquement s’accompagner du regain d’un tel contre-pouvoir ainsi que du Parlement.