02.10.2008

Le retour à l'exception française

Comparer la crise financière actuelle à celle de 1929 n'a guère de sens. A l'époque, les Etats-Unis étaient les créanciers du monde et cette situation a commencé à s'inverser en 1945 quand ils en sont devenus les débiteurs. Ainsi, c'est la Chine qui a financé la guerre en Irak et une partie de l'immobilier américain victime des subprimes. Ce déséquilibre mondial qui traduit également un transfert des centres de pouvoir de l'Occident vers l'Orient, de la première puissance mondiale vers l'Asie, nécessite désormais une concertation mondiale accrue pour en attenuer les effets désastreux. C'est l'idée que tente de promouvoir Sarkozy mais rien ne dit qu'il sera suivi par les Américains. La France a toujours bénéficié d'un système bancaire mieux sécurisé qu'aux Etats-Unis avec des ratios de précaution élevés. Il n'empêche, certaines surprises ne sont pas à exclure, compte tenu des éléments hors bilan, qui ont sans doute été dissimulés. Au-delà des plans de sauvetage qui apparaissent comme un moindre mal, le chef de l'Etat tente une de ces opérations de politique intérieure époustouflante dont il a le secret. Non seulement Sarko fait taire son Premier ministre, qui le titillait sur le thème de la rigueur sur laquelle Fillon avait fondé son identité politique, mais il étouffe l'opposition dans une unité nationale à laquelle il sera bien difficile de résister. Ségolène Royal a d'ailleurs été la première à ouvrir la brèche en déclarant que cela supposait des garanties sur l'évolution d'un système marqué par la connivence entre les patrons et le pouvoir. Or, on voit bien que l'objectif de l'Elysée est de renforcer le parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot au détriment du PS. Ce faisant, Nicolas Sarkozy tourne le dos à ses promesses de campagne et à la rupture qu'il préconisait pour en revenir aux fondamentaux de « l'exception française » dont on voit bien, dans la tourmente actuelle, qu'elle n'a pas que des inconvénients.

24.09.2008

Sarko maître du monde

Quand les événements les dépassent, nos dirigeants feignent, selon le vieil adage, de les organiser. C'est un peu l'argument du premier secrétaire du PS, François Hollande réagissant aux propos tenus par Nicolas Sarkozy à New York et réclamant des sanctions pour les responsables du krach financier de la semaine passée. Evoquant devant la fondation Elie Wiesel la peur de nos concitoyens de perdre leurs économies ou leurs placements immobiliers, le chef de l'Etat appelait les responsables de la planète finances à rendre des comptes. Lors de la précédente Assemblée générale de l'Onu, il préconisait un nouvel ordre mondial dans le droit fil des prêches de son prédécesseur. Cette fois, le Président français s'est lancé dans un grand discours en faveur de l'Afrique qu'il faut sortir de la pauvreté alors même que l'aide française au développement, traditionnellement la plus importante des pays occidentaux, a été divisée par deux. Sa suggestion de convoquer un G8 monétaire afin d'accroître les mécanismes de régulation publique risque fort de s'enliser. Car les Etats-Unis qui se méfient des systèmes collectifs, ne veulent pas se laisser engluer dans une gouvernance de type Nations-Unies qu'ils exècrent. La France y a tout intérêt pour s'en servir comme d'un levier d'influence car ses marges de manoeuvre sont faibles. Songez qu'avec son paquet fiscal de 15 milliards d'euros, elle a été au maximum de ses possibilités tandis que l'Amérique dépensait 700 milliards de dollars pour soutenir ses banques. De surcroît, l'Europe prive la France d'un levier budgétaire comme monétaire en l'enserrant dans un véritable corset. Certes, le fait que les Américains nationalisent à tour de bras brouille nos repères et incite au pragmatisme. Sarko a déjà agi de la sorte en sauvant Alstom tout en dénonçant les patrons voyous. Le pouvoir politique ne peut avouer qu'il est désarmé face à la mondialisation.

23.09.2008

L'opposition sous perfusion

Même si la gauche ne peut au mieux espérer l'emporter qu'en 2011 du fait d'un mode de scrutin qui surreprésente toujours la ruralité au détriment des villes, sa progression de plus d'une vingtaine de sièges au sein de la Haute Assemblée est un nouvel avertissement pour la majorité. Après les régionales de 2004 puis les municipales de 2008, les Français manifestent leur mécontentement. Le paradoxe est qu'après les régionales, ils auront élu un nouveau président plus marqué à droite que Chirac en la personne de Sarkozy. Et que les municipales complétèrent la conquête du pouvoir local par une gauche qui contrôle 20 régions sur 22 sans pour autant instaurer, quinquennat oblige, une nouvelle cohabitation. De la même manière, le signal envoyé à l'occasion des sénatoriales ne menace pas le pouvoir central qui a encore presque quatre ans de tranquillité législative devant lui. Et ce n'est pas l'élection à la présidence de Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher ou Philippe Marini qui y changera quelque chose. D'autant que le PS est encore plein d'incertitudes sur son leader, son programme, ses alliances (à gauche ou au centre) avec la poussée d'un Besancenot qui joue le rôle de Le Pen naguère pour la droite. Acquise aux réformes même si elle n'apprécie pas le style bling-bling, incitant ainsi le chef de l'Etat à se représidentialiser, l'opinion lui donne le temps de son mandat pour faire ses preuves. Et obtenir des résultats notamment sur le pouvoir d'achat. Mais elle semble sans illusion sur une offre alternative qui d'ailleurs n'existe pas. Du coup, l'opinion se contente de maintenir l'opposition sous perfusion.

19.09.2008

Le recadrage présidentiel


C’est finalement par un discours à Toulon, comme durant la campagne de la présidentielle, que le chef de l’Etat fera sa rentrée politique.
L’idée d’une conférence de presse ou d’un entretien télévisé a finalement été abandonnée. Trop difficile dans une période incertaine où la crise financière mondiale donne l’impression que les dirigeants de la planète ne contrôlent plus rien. A l’heure où l’inflation absorbe l’amélioration du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy devra convaincre que le pouvoir politique n’est pas impuissant, qu’il dispose encore de marges de manœuvre pour sécuriser la situation économique des Français. Certes, le Président expliquera que la crise de l’immobilier ne peut avoir en France rien de comparable à ce qu’elle est aux Etats-Unis, compte tenu de la folie des subprimes. Et il rappellera son plaidoyer, dès l’été 2007, pour des mesures de régulation accrues, propositions auxquelles la chancelière allemande, Angela Merkel, faisait alors la sourde oreille. Après avoir été présenté comme « Sarko l’Américain » et avoir rendu régulièrement hommage au modèle en vigueur outre-Atlantique, Nicolas Sarkozy pourrait retrouver des accents chiraquiens sur la nécessité de tempérer la frénésie du libéralisme mondial. On peut faire confiance à Henri Guaino, son conseiller spécial et le rédacteur de ses discours, pour trouver les formules qui feront mouche. Le président français sera alors de retour de New York où Wall Street, le temple du capitalisme, est en faillite. On mesurera alors à quel point le sarkozysme est avant tout un pragmatisme qui n’a rien à envier à celui de son prédécesseur.

18.09.2008

Un test dans un contexte troublé

Quelques élections partielles favorables et la remontée du Président dans les sondages ont amélioré le moral de la droite après les calamiteuses élections municipales. Néanmoins, dans un contexte économique désastreux qui complique l'équation budgétaire devant être bouclée la semaine prochaine, le test du Sénat n'est pas dépourvu de signification. Certes, ce bastion de la droite, que son mode de scrutin quasi censitaire met à l'abri des turbulences, n'est guère représentatif de la société française. Conçu pour tempérer les ardeurs contestataires de l'Assemblée comme dans tout système bicaméral, il s'opposa au général De Gaulle qui voulait le transformer. Après le naufrage de la présidence Poher, il était condamné à changer ou à disparaître. La réduction du mandat des sénateurs (de neuf à six ans) et l'ouverture de l'institution sur l'extérieur à travers de multiples colloques ont amorcé cette nécessaire évolution sous la férule de Christian Poncelet. Sur certains débats de société comme les tests ADN, le Sénat se démarquera de l'Assemblée. Les deux prétendants à la succession de Poncelet auront donc à coeur de poursuivre dans cette voie de l'expertise et de la sagesse. Gérard Larcher est un négociateur de talent, un homme de réseau, très imprégné par les questions sociales et qui moderniserait à coup sûr l'image du Sénat. Son rapport sur la réforme de l'hôpital avait été apprécié par Nicolas Sarkozy. Homme de compromis avec un profil plus marqué de notable, Jean-Pierre Raffarin a peut-être commis l'erreur d'adopter une stratégie trop politique en se prévalant dans un premier temps de la caution du Président puis en plaidant pour l'indépendance du Sénat. Raffarin qui ne vient pas du RPR mais de la famille libérale s'estime mieux en mesure de rassembler. Personne n'est aujourd'hui capable de faire un pronostic et l'Elysée ne veut surtout pas miser sur le mauvais cheval. Pas question donc de favori.

Sarkozy en chef de guerre


Nicolas Sarkozy s'est posé en chef de guerre, hier, en présentant lui-même la libération des Français au large de la Somalie.
En commentant lui-même le raid des commandos de marine ayant abouti à la libération d'un couple de français et à la mort d'un des ravisseurs, Nicolas Sarkozy a adopté la posture du chef de guerre qui se porte au secours de ses compatriotes en difficultés. Un peu à la manière des Américains ou des Israéliens dans des circonstances similaires. On se souvient du spectaculaire coup d'éclat de l'Etat hébreu à Entebbe (Ouganda) où l'un de ses avions de ligne avait été détourné. Lors de l'opération plus lourde ayant permis de sauver les otages du Ponant, le chef de l'Etat était demeuré en retrait, laissant son chef d'état-major particulier et son conseiller diplomatique face aux médias, donnant même des consignes de modération à ses troupes. Cette fois, on note, sinon un durcissement, sans doute exigé par les circonstances, du moins une volonté de s'exposer en première ligne. Les dix morts d'Afghanistan sont passés par là. Et même si le ministre de la Défense, Hervé Morin, affirmait alors curieusement que la France n'était pas en guerre, il y a désormais une montée en puissance sur le front du terrorisme international.

Une zone de non-droit
Les attaques au lance-roquettes contre des chalutiers au large de la Somalie posent, quoi qu'il en soit, un problème de sécurisation de la zone. Mais la question est complexe car cette corne de l'Afrique en proie à l'affrontement de bandes rebelles est une véritable zone de non-droit. Les Américains ont vu ce qu'il leur en coûtait de vouloir la pacifier et ont rapidement plié bagages. En mer, des mesures devraient être prises en coopération avec d'autres pays dont les Etats-Unis. Mais, il ne peut être question de placer un navire de guerre derrière chaque embarcation même si certaines priorités peuvent être revues. En particulier pour la France dont certains bateaux sont stationnés à l'année dans le golfe de Guinée ou dans l'océan Indien.

16.09.2008

Finances : l'épreuve de vérité

L'histoire se répète. Car Nicolas Sarkozy était déjà ministre délégué au budget d'Edouard Balladur alors Premier ministre lorsqu'il fut confronté à une crise financière mondiale qui n'était certes pas de même ampleur qu'aujourd'hui. Du coup, il lui fut ensuite reproché d'avoir fait preuve d'un grand laxisme budgétaire pour amortir la récession économique qui se profilait alors. Dans le contexte actuel, les marges de manoeuvre du chef de l'Etat sont encore plus faibles. Car elles ont été épuisées par le paquet fiscal mis en oeuvre au lendemain de son élection. De surcroît, les réactions négatives au financement du RSA qui a ponctionné les classes moyennes, en contradiction avec les promesses de la campagne électorale, montrent que la révolution conservatrice ayant permis l'élection de Nicolas Sarkozy s'accompagne désormais d'un rejet des impôts nouveaux. Certes, la revue générale des politiques publiques (RGPP) mise en oeuvre par le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, devrait permettre d'économiser cinq à six milliards d'euros par an. Par ailleurs, le président estime depuis plusieurs mois que dans la tourmente mondiale, il convient de tenir bon et d'accélérer le rythme des réformes afin de bénéficier de la reprise mondiale, le moment venu. Il reste que parmi les réformes préconisées par le rapport Attali d'inspiration libérale, celles qui ont été accomplies n'étaient pas les plus difficiles. Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il perdu du temps avant de prendre la mesure de la crise financière qui révèle aujourd'hui la puissance du politique face à la mondialisation. En refusant contrairement aux préconisations de son Premier ministre d'afficher le recours à une politique de rigueur, le président de la République maintient les Français en état d'apesanteur par rapport à la réalité mondiale. En repoussant à plus tard cette épreuve de vérité, il risque de la rendre d'autant plus douloureuse.

11.09.2008

Les raisons d'un recul

Fantasme, désinformation : la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, dite MAM, ce qui en fait un peu la mère fouettarde du gouvernement, sait parfaitement manier la langue de bois quand la nécessité s'en fait sentir. Dans cette affaire du fichier Edvige, Nicolas Sarkozy a très vite compris qu'il y avait un risque de coagulation socialo-centriste qui risquait, de surcroît, d'ébranler son gouvernement. Car le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui pilote le groupe centriste allié à l'UMP, n'aurait pas réagi de la sorte s'il n'avait pas senti que le président du MoDem, François Bayrou, pouvait en faire son cheval de bataille. Certes, Morin ne constitue pas un point d'appui indispensable pour aider l'UMP à obtenir à l'Assemblée la majorité qu'elle détient déjà. En revanche, organiser le débat sur les libertés publiques au sein de la majorité permet d'éviter qu'il se tienne à l'extérieur. Inutile de donner aux socialistes la force qui leur manque aujourd'hui pour polariser l'opposition autour d'eux. C'est pourquoi les remontrances de François Fillon étaient-elles purement formelles et le Premier ministre s'est presque excusé auprès de son ministre de s'être aventuré sur un terrain aussi hasardeux. Car une fois de plus, Fillon a été désavoué par son chef en raison de nécessités purement tactiques. Après la réforme de l'ISF, la semaine passée, cela devient une habitude. Le président de la République a été d'autant plus prompt à recadrer l'action gouvernementale sur ce terrain glissant qu'il est soucieux de ne pas obérer la remontée qu'il amorce dans les sondages. Enfin, en ce 7 e anniversaire des attentats du 11-Septembre, on ne peut pas dire que les Français ressentent le danger terroriste aussi intensément que les Américains. La menace est présente surtout depuis notre engagement accru en Afghanistan. Mais les entorses au droit ne peuvent, au pire, être tolérées qu'en période de traumatisme national. Ce qui n'est plus le cas depuis les attentats de 1995.

Un couple exécutif déséquilibré

Malgré les efforts déployés, en particulier pour donner à la présidence européenne une réelle consistance comme on l'a vu lundi en Russie puis en Géorgie, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy reste stable, c'est-à-dire négative. Du moins dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match, même si d'autres sondages traduisent une hausse, comme celui, publié hier, du nouvelobs. com qui le crédite de 11 points supplémentaires depuis juin. Le paradoxe d'un couple exécutif où le Premier ministre est plus populaire que le président, et ne lui sert pas de bouclier selon la tradition, perdure. Autrement dit, il y a autant de Français qui approuvent l'action de François Fillon (environ 56 %) que de Français qui désapprouvent celle de Nicolas Sarkozy (environ 58 %). Le chef de l'État a beau faire preuve d'un activisme diplomatique incontestable, lancer des réformes tous azimuts, brider son style bling-bling pour se représidentialiser, après avoir donné le sentiment de banaliser la fonction, rien n'y fait. Ou du moins la pente fatale de la première année du quinquennat est-elle particulièrement difficile à remonter. Il est vrai que les espoirs déçus sur le pouvoir d'achat et la morosité économique (récession, chômage qui risque de repartir à la hausse) ont un effet mécanique sur la cote des dirigeants dans toutes les démocraties occidentales. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy paie les fluctuations de son discours sur les impôts (du paquet fiscal à la taxe pour financer le RSA), au risque d'apparaître comme imprévisible. Le paradoxe est que François Fillon, qui semble partisan d'un plan de rigueur auquel ne veut pas se résoudre le président de la République, ce Premier ministre qui n'hésite pas à dire que la France est en faillite, en tire un crédit supplémentaire. Pas particulièrement heureux d'occuper le poste qui est le sien où il est régulièrement court-circuité, Fillon tente de donner le change. Mais cela ne trompe personne, sauf que son absence de poids sur les décisions le protège aussi dans l'opinion.

04.09.2008

Les raisons de la complaisance

Faut-il dialoguer avec un régime qui s’apparente à « la secte des assassins » ? Après avoir tendu la main au père Hafez, puis au fils Bachar, Chirac, furieux de l’assassinat de son ami Hariri, avait rompu les ponts. Aucune expérience n’étant réellement transmissible, Sarkozy répète l’exercice et finira sans doute par en tirer la même conclusion. Mais pour l’heure, quelques raisons plaident en faveur de l’ouverture sarkozienne alors que les Américains maintiennent leurs sanctions depuis 2003. Tout d’abord, les gestes symboliques de Damas, qui a finalement accepté l’élection du président libanais, le général Sleimane, et l’ouverture d’une ambassade à Beyrouth, considérée jusqu’alors comme simple préfecture de la Syrie. Nicolas Sarkozy a été encouragé dans ce sens par l’émir du Qatar, en passe de remplacer l’Arabie saoudite comme facilitateur régional, ce qui agace sérieusement les autorités de Ryad avec lesquelles François Mitterrand, puis Jacques Chirac, entretenaient des relations plus étroites. Depuis le sommet de Doha qui permit d’apaiser la crise libanaise, l’émirat se sent pousser des ailes comme en témoigne le sommet quadripartite réunissant, ce matin à Damas, l’émir du Qatar, le président français et le Premier ministre turc. L’occasion pour la France de se hausser du col dans une région où elle avait perdu toute influence, en profitant de la vacance du pouvoir aux Etats-Unis jusqu’à l’entrée en fonctions du successeur de George W. Bush, en janvier prochain. Un peu comme elle l’avait fait lors de la crise israélo-libanaise de 1996, qui vit le ministre Hervé de Charette faire la navette entre les capitales de la région. Enfin, aussi dictatorial soit-il, le régime de Damas présente l’avantage aux yeux des dirigeants français d’être laïc. Soutenir ainsi les derniers vestiges du nationalisme arabe à l’heure où l’islamisme progresse un peu partout, notamment en Egypte et en Israël, c’est faire le même pari que naguère avec les dirigeants algériens. « Eux, au moins, on les connaît », entendait-on à l’époque chez ces diplomates qui incarnent une vision avant tout conservatrice de l’histoire et auxquels Sarkozy donne partiellement raison malgré l’agacement que lui inspire le quai d’Orsay.

 

 

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