04.04.2008
La rigueur qui ne s'avoue pas
Nicolas Sarkozy s'exprimera ce matin sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'Etat. Le terme de rigueur ne sera évidemment pas utilisé même si, à l'approche de sa présidence européenne, la France présente un bilan qui n'a rien d'exemplaire en termes de déficit et d'endettement. Même au Parti socialiste, certains, comme François Hollande, sont conscients que la situation est délicate et que la gauche n'a pas intérêt à faire de la surenchère. Une chose étonne néanmoins : l'atonie de l'équipe au pouvoir, qui ne semble pas vouloir capitaliser sur la crise internationale pour justifier des mesures de redressement. Comme si le volontarisme politique fièrement revendiqué durant la campagne s'en trouvait amoindri et débouchait sur une impuissance publique. Le seul espoir étant une amélioration de la conjoncture internationale avant la fin du quinquennat pour donner une nouvelle chance à Nicolas Sarkozy. Quoi qu'il en soit, s'il n'y a pas de rigueur fiscale pour ne pas casser, par augmentation des impôts, une croissance déjà anémiée, la rigueur sur les crédits budgétaires paraît quasiment assurée. A l'Elysée, Henri Guaino continue de répéter que ce ne sont pas les économies qui feront les réformes, mais l'inverse. Et l'on sait que cela prendra du temps. Le conseiller spécial du Président évoque le plan d'austérité de Raymond Barre pour s'en démarquer : « A l'époque, les salaires avaient explosé et l'autofinancement des entreprises était exsangue. Il s'agissait aussi de lutter contre l'inflation. » Laquelle alourdit désormais la dette des ménages. Guaino rêve ainsi au relâchement de la politique monétaire de la BCE qui avait relancé la croissance à la fin des années 80. Mais, pris dans le corset européen, les leviers du politique ne sont plus ce qu'ils étaient.
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Henri Guauino, PS, François Hollande








