14.11.2008

L'affrontement nécessaire

« Il est ahurissant que les gauches européennes n'aient pas réussi à organiser un sommet face à la crise financière mondiale », note l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Moyennant quoi, c'est Nicolas Sarkozy qui va se poser en refondateur du capitalisme à Washington alors que les socialistes étaient jusqu'alors les champions de la régulation. Au fond, le drame du PS est de n'être jamais sorti de l'ambiguïté de François Mitterrand, alors que le nouveau Président semble aujourd'hui s'inspirer de ses méthodes, qui consistaient à brouiller les cartes en permanence tout en étant d'un pragmatisme à toute épreuve. Faute d'avoir acté le tournant de la social-démocratie comme le SPD allemand à Bad-Godesberg, le PS a préféré les synthèses de circonstance aux affrontements idéologiques qui auraient permis de clarifier sa ligne. Ainsi, le Premier secrétaire, François Hollande, qui aura tenté durant une décennie de se maintenir en équilibre au sein du parti, paie pour ne pas avoir tranché dans le vif. A force d'attentisme, de parenthèses et de débats trop théoriques, le PS n'a pas su se définir par rapport à certains enjeux de société comme la délinquance. Surtout, il s'est montré incapable d'appréhender la mondialisation et les contraintes qu'elle impose en termes de redistribution du pouvoir et des richesses à l'échelle mondiale. En privilégiant l'alliance avec le centre, même si elle estime désormais que le MoDem est un faux problème qu'on lui oppose pour la discréditer, Ségolène Royal a eu le mérite de choisir un cap. Car, c'est d'un compas dont les socialistes ont aujourd'hui besoin pour naviguer. Et beaucoup en viennent à souhaiter à Reims un affrontement salutaire comme au congrès d'Epinay, qui permette au parti de sortir de ses contradictions.

17.10.2008

Le ventre mou du PS

À un mois de son congrès de Reims, le PS semble singulièrement enfermé dans un état d'apesanteur. Victime de ses tergiversations, le Premier secrétaire, François Hollande, n'a pas acquis dans le parti l'audience que méritait la finesse de ses analyses. Il lui manque toujours une dimension de chef, de rassembleur. Et ce n'est pas l'abstention dans le débat sur la crise qui peut la lui donner. Ségolène Royal, elle, déroute par son style, même s'il rencontre un écho dans l'opinion. Dominique Strauss-Kahn, en exil à Washington, n'a pas encore trouvé le moyen d'exister alors que son poste à la tête du FMI lui en fournissait le prétexte idéal sur la crise financière. Outre le retour de Martine Aubry de son beffroi de Lille pour s'opposer à Bertrand Delanoë, sans doute le plus solide dans le contexte actuel, Benoît Hamon est désormais présenté comme le jeune espoir du PS. Ce qui laisse rêveur vu l'archaïsme de ses positions. Lesquelles n'apparaissent guère de nature à propulser le parti au pouvoir... En réalité, cette inertie des socialistes, qui n'intéressent plus les médias après 25 ans d'hégémonie intellectuelle, comme on l'a vu lors des Universités d'été de La Rochelle, s'explique. Pas seulement par l'air du temps qui angoisse les Français, mais aussi par leur absence de leader. L'ouverture fonctionne, de surcroît, comme une stratégie d'étouffement. Et pourtant, la volte-face de Nicolas Sarkozy, qui a renié à Toulon ses engagements de campagne, devrait servir de tremplin au PS. Il est trop tôt et le parti hésite encore au seuil de son aggiornamento idéologique. Pourtant, si la récession s'installait durablement, anéantissant les espoirs qu'avait fait naître l'élection du Président, on peut penser que le nouveau Premier secrétaire du PS pourrait s'affirmer dans le débat public. Mais ce n'est pas certain tant le parti apparaît aujourd'hui comme un ventre mou.

10.10.2008

PS, à la recherche d’un nouveau souffle

La crise financière internationale bouscule tous les repères. Alors que Nicolas Sarkozy opte pour un discours socialisant, le PS, continue, lui, à chercher sa voie. Préconisant un grand emprunt européen et un plan européen de sauvetage des banques, le premier secrétaire du PS, François Hollande, ne s’est pas opposé frontalement au premier ministre François Fillon qui annonçait à l’Assemblée nationale la création d’une « société de prises de participations de l’Etat ». C’est que les socialistes voient, dans cette crise financière mondiale, la confirmation de leurs thèses sur le capitalisme dévoyé. Mais ils ne savent pas comment restructurer l’Etat providence sur lequel ils ont assis leur prospérité électorale. Et ils ne disposent pas d’une boîte à outils très performante pour appréhender la mondialisation, tout comme cette crise qui est la conséquence des dérives du capitalisme anglo-saxon depuis 30 ans (*). De surcroît, même s’ils ne se laissent pas enfermer dans l’union nationale que leur propose le tandem Sarkozy-Fillon, ils ne peuvent guère ajouter de la confusion à une situation qui est déjà assez confuse.

Le PS privé d’espace
En changeant totalement de pied,
celui qu’on surnommait jusqu’alors « Sarko l’Américain », épouse désormais un discours socialiste dont les Etats-Unis donnent, paradoxalement, l’exemple. Du coup, il prive le PS d’espace. Un parti au sein duquel émerge désormais des personnalités aux prises de position plus radicales, tel Benoît Hamon qui, par manque de réalisme, le condamnent à l’opposition pour 20 ans. En fait, la seule qui avait exprimé la bonne stratégie d’alliance au centre lors de la dernière présidentielle reste Ségolène Royal, mais sa récente dérive télévangéliste peut sembler déroutante, quoique cette redoutable amazone ait toujours un coup d’avance. Quant au seul capable de proposer un logiciel intellectuel rénové de par sa position d’observateur privilégié à la tête du FMI, c’est Dominique Strauss-Kahn. Ces deux-là seraient parfaitement complémentaires. Le reste n’est que divagations intellectuelles et batailles de clans, comme on le verra au Congrès de Reims. (*) Jean-Michel Quatrepoint - La crise globale, édition Mille et une nuits (17 €).

30.05.2008

Hollande veut sortir de la confusion

L’affrontement quasi programmé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë donne l’occasion à François Hollande, dont la succession est annoncée, de se poser en juge de paix dans une tribune au Monde.

Laquelle définit un cap pour réussir le congrès de Reims dont Hollande espère, par une de ses synthèses dont il a le secret, tirer son épingle du jeu. Sortons d’abord d’une idée reçue qui consiste à considérer que le premier secrétaire du PS n’a pas de charisme. C’est exactement l’inverse puisqu’il est le plus brillant et celui qui a le plus d’humour. Ségolène Royal, elle, n’a pas de charisme au sens où elle n’est pas en apparence d’une intelligence foudroyante. Les témoignages sur sa personnalité la décrivent comme une femme dure et ne versant pas dans le sentimentalisme. En revanche, elle apparaît courageuse, intuitive et développe une approche quasi mystique de la politique, qui était perceptible à la fin de sa campagne. D’où l’empathie qu’elle crée sur sa personne et qui ne se porte pas sur son ancien compagnon. C’est que François Hollande dit des choses intelligentes mais on ne sent guère sa souffrance à fleur de peau comme Ségolène Royal. L’homme a raison de vouloir en revenir au débat d’idées, ce qu’il appelle « une offensive idéologique » pour clarifier cette période de « transgression et de confusion ». C’est Laurent Fabius qui, le premier, a choisi la transgression en prônant le « non » au référendum européen. Puis Nicolas Sarkozy a enchaîné avec l’ouverture. Et maintenant, c’est le bouquet avec Bertrand Delanoë qui se prononce en faveur du libéralisme, même s’il joue au plus malin en se limitant au libéralisme politique. Selon Jean-Louis Bianco, resté fidèle à Ségolène, « la montée de l’envie d’un leader fort » se manifeste au sein du Parti socialiste, malgré la peur d’un Congrès de Rennes bis (où les courants s’étaient déchirés). Autant dire que les prochaines échéances (désignation du premier secrétaire puis du candidat à la présidentielle), révèleront la force des caractères autant que la force des idées.

22.04.2008

Le PS en lente mutation

A force d’évoluer dans les concepts et une vision sublimée des rapports humains, les socialistes avaient fini par oublier la vie. C’est pourquoi la nouvelle déclaration du parti, présentée sept mois avant son congrès, promet « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ». Une acceptation, certes, très mesurée de la mondialisation libérale pour un parti n’ayant jamais vraiment assumé son virage social-démocrate. Toutefois, à l’heure où le sarkozysme semble hésiter sur la marche à suivre, les socialistes ne se résignent pas à la culture d’opposition qui les poursuit depuis 1995. Leur angélisme sur les questions sécuritaires, leur incapacité à réformer l’État alors que Lionel Jospin avait bénéficié d’une forte croissance durant son passage à Matignon, les a mis sur le banc de touche. D’autant que la droite s’est unie comme jamais en 2002, alors même que le PS se trouve désormais seul, privé d’alliance solide. L’appel du pied aux écolos est assez clair. Mais le parti reste tenaillé par l’extrême gauche et hésite sur la conduite à tenir à l’égard du centre. Incontestablement le plus brillant, François Hollande manque de détermination. En revanche, il a bien compris que le PS devait récupérer les électeurs du centre plutôt que de s’allier au MoDem auquel il offrirait une bouée de sauvetage inespérée. Peut-il encore tenter sa chance pour la présidentielle de 2012 alors que se profile déjà l’affrontement programmé entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ? Si Julien Dray réussissait à emporter le poste de premier secrétaire du PS, François Hollande aurait alors une dernière chance de pouvoir jouer sa carte.

04.04.2008

La rigueur qui ne s'avoue pas

Nicolas Sarkozy s'exprimera ce matin sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'Etat. Le terme de rigueur ne sera évidemment pas utilisé même si, à l'approche de sa présidence européenne, la France présente un bilan qui n'a rien d'exemplaire en termes de déficit et d'endettement. Même au Parti socialiste, certains, comme François Hollande, sont conscients que la situation est délicate et que la gauche n'a pas intérêt à faire de la surenchère. Une chose étonne néanmoins : l'atonie de l'équipe au pouvoir, qui ne semble pas vouloir capitaliser sur la crise internationale pour justifier des mesures de redressement. Comme si le volontarisme politique fièrement revendiqué durant la campagne s'en trouvait amoindri et débouchait sur une impuissance publique. Le seul espoir étant une amélioration de la conjoncture internationale avant la fin du quinquennat pour donner une nouvelle chance à Nicolas Sarkozy. Quoi qu'il en soit, s'il n'y a pas de rigueur fiscale pour ne pas casser, par augmentation des impôts, une croissance déjà anémiée, la rigueur sur les crédits budgétaires paraît quasiment assurée. A l'Elysée, Henri Guaino continue de répéter que ce ne sont pas les économies qui feront les réformes, mais l'inverse. Et l'on sait que cela prendra du temps. Le conseiller spécial du Président évoque le plan d'austérité de Raymond Barre pour s'en démarquer : « A l'époque, les salaires avaient explosé et l'autofinancement des entreprises était exsangue. Il s'agissait aussi de lutter contre l'inflation. » Laquelle alourdit désormais la dette des ménages. Guaino rêve ainsi au relâchement de la politique monétaire de la BCE qui avait relancé la croissance à la fin des années 80. Mais, pris dans le corset européen, les leviers du politique ne sont plus ce qu'ils étaient.

20.12.2007

La réforme institutionnelle selon Fillon

« S’il y a une disposition qui prévoit que Nicolas Sarkozy veut venir devant le Parlement, on ne votera pas. Cela mettrait en cause le principe de responsabilité du Premier ministre et de séparation des pouvoirs », nous disait François Hollande, il y a quelques semaines. Sur la réforme des institutions, le premier secrétaire du PS sera reçu aujourd’hui par le Premier ministre, lequel s’est déjà entretenu avec les responsables de l’UMP, du Nouveau Centre et du PCF. On verra alors s’il a changé d’avis. L’argumentation que développe François Fillon dans une interview au « Monde » est qu’il ne voit pas pourquoi le président de la République s’exprimerait devant des Parlements étrangers et pas devant le sien comme le font les chefs d’Etat de passage à Paris. Par ailleurs, le chef du gouvernement exclut pour l’instant de légiférer contre le cumul des mandats, vu l’opposition notamment de l’UMP à ce sujet que confirme le président du groupe à l’Assemblée, Jean-François Copé. Seule la réforme de l’Etat permettra à terme l’éventuelle introduction du mandat unique après clarification de compétences enchevêtrées (conseil général, conseil régional...). Enfin, une dose de proportionnelle est envisagée, elle sera introduite à l’occasion du redécoupage des circonscriptions prévu en 2008. Cette réforme que Fillon compare à un « coup d’oxygène donné à la démocratie » ne sera comme prévu, pas votée avant les municipales. Elle hésite sur le passage d’un régime parlementaire ou le Premier ministre est responsable devant les assemblées, à un régime présidentiel à l’américaine que Fillon juge néanmoins inéluctable. La contrepartie que constitue l’accroissement des pouvoirs du Parlement lui donne des pouvoirs nouveaux en matière d’ordre du jour, d’initiative, de contrôle des nominations. Sur ce dernier point, Hollande en relativise la portée, considérant qu’il s’agit juste d’un avis. Rien de révolutionnaire mais une inflexion subtile qui conduira à terme à un changement de régime.

06.12.2007

La drague en politique

« Ma plus belle histoire, c’est vous ». Cette chanson de Barbara fait un joli titre de livre par lequel Ségolène Royal confirme son sens inné du marketing. Par ailleurs, l’ouvrage recèle quelques révélations amusantes, comme cette scène où Sego vient « proposer la botte » à Bayrou à une heure avancée de la soirée. Une grande scène de drague comme notre République, plus people que populaire, semble désormais les multiplier. Surpris, le roi du MoDem la rejette comme s’il avait peur de passer à l’acte alors qu’elle était prête à le nommer Premier ministre en cas de victoire. Faut-il qu’elle fasse peur pour la laisser poireauter en bas de l’immeuble ? BHL, qui adore les femmes esseulées, a moins de pudeur et passe volontiers du temps à recueillir leurs confidences. Le philosophe passe d’ailleurs indifféremment de Ségolène à Cécilia, dont Bernadette Chirac confie : « Elle finira par revenir ». Le fait que le président ait gardé son alliance est un signe éloquent de son désir profond, par-delà les starlettes de passage. Un avec qui les carottes semblent cuites, c’est François Hollande. Lequel tacle violemment son ancienne compagne, déplorant son absence de ligne stratégique et sa propension à « imputer aux autres » sa propre responsabilité. Parodiant la pièce de Beckett, le Premier secrétaire du PS considère que les socialistes doivent se déterminer par rapport à eux-mêmes et ne pas attendre Godot, Besancenot ou Bayrou. C’est ce problème d’identité qui fonde la force et la faiblesse de Ségolène. Force en ce que sa fragilité incite les plus démunis à s’identifier à elle. Faiblesse car on ne peut refuser de choisir entre Bayrou et Besancenot sans manifester un manque de charpente évident. Si la notion de social-démocratie est « obsolète », encore faut-il présenter un projet alternatif ayant une certaine cohérence. Ce qui paraît aujourd’hui plus important pour les socialistes que de se mettre d’ores et déjà sur les rangs à l’horizon 2012.

27.06.2007

Comment contrer le Président ?

« Quand ils m’attendront ici, je serai déjà ailleurs » a coutume de dire Nicolas Sarkozy qui multiplie les chantiers pour brouiller les pistes. Le repli provisoire de l’Elysée sur l’autonomie des Universités, simple manière de reculer pour mieux sauter, pose la question de la méthode Sarkozy. Méthode qualifiée de « mauvaise » par François Hollande très doué pour laisser pourrir les situations. Mais le chef de l’Etat n’entend pas « donner du temps au temps » comme le préconisaient Mitterrand puis Chirac dans une gestion hiératique du pouvoir. En position de force du fait de sa légitimité récente acquise dans les urnes, le Président n’entend pas en abuser. Trop de gouvernements ont échoué par entêtement en voulant passer en force avant de céder sur le fil du rasoir. Le dernier en date étant celui de Dominique de Villepin en digne héritier d’Alain Juppé, sur le CPE. Une idée pourtant audacieuse reprise dans une formulation voisine par Ségolène Royal durant la campagne. Dans l’affaire des Universités, certains points d’achoppement peuvent être négociés entre hommes de bonne volonté, conscients qu’il faut avancer. Face à la mobilité du gouvernement qui veut aller vite et multiplie les fronts à l’instar d’une guerre de mouvement, le président du groupe parlementaire socialiste, Jean-Marc Ayrault, réélu à son poste dans un souci d’unité, a décidé de créer une sorte de « shadow cabinet » à l’anglaise. C’est-à-dire un cabinet de l’ombre qui se prépare à l’exercice de responsabilités futures avec une quinzaine de vice-présidents. Un signe de « blairisation » qui ne trompe pas, d’autant qu’Ayrault dément dans son interview au « Monde » toute tentation « d’opposition pavlovienne ». Reste une interrogation sur la marge de manœuvre de François Fillon amputée par la présidentialisation du régime. La fonction de premier ministre à laquelle Sarko impose de multiples replis tactiques depuis la définition d’une loi-cadre sur le service minimum a-t-elle disparu si l’on en croit les plus critiques ? Réponse lors de son discours de politique générale du 3 juillet prochain devant l’Assemblée que beaucoup estiment déjà sans objet.

14.06.2007

Hollande-Royal tandem en perdition

La mode étant aux « coachs », on pourrait conseiller au couple Hollande-Royal d'en prendre un pour harmoniser ses positions. N'en déplaise à Manuel Valls qui exprime son agacement de voir la politique de son parti « tourner autour de la vie d'un couple », le problème c'est que ce tandem naguère si fécond ne semble plus en être un. Quand Ségolène Royal affirme que chacun a son autonomie, elle ne saurait mieux dire. Tout semble désormais opposer la dame blanche et son mentor, donnant clairement l'image d'un parti à deux têtes, même si le bureau national les a renvoyés dos à dos. Sans doute François Hollande a-t-il eu tort d'annoncer prématurément son départ du poste de premier secrétaire, fragilisant sa position. D'autant que le Congrès n'est prévu qu'en novembre 2008. De même se montre-t-il trop sûr de lui en privilégiant l'appel aux électeurs du MoDem tout en négligeant, contrairement à Ségolène Royal, François Bayrou. Lequel n'entend pas se faire piéger deux fois. Plus habile, Nicolas Sarkozy tend la main à son adversaire au bord du dépôt de bilan en retirant la candidature UMP dans sa circonscription. Par son attitude, Hollande semble condamner l'ouverture au centre pourtant indispensable au PS qui n'a plus de réserve de voix à gauche. Pour sa part, Ségolène Royal a décidé d'empiéter sur la campagne des législatives sans être pour autant candidate. Peur de se faire oublier malgré la légitimité que lui confère son score à la présidentielle ? Ou volonté de marginaliser le premier secrétaire et de lui faire payer le prix de son échec ? Une chose est sûre. Ses attaques répétées contre les médias qui visent sans doute à remobiliser son électorat se retourneront contre elle. Surtout quand elles visent une chaîne de service public et son présentateur vedette David Pujadas qui n'appartiennent pas précisément aux conglomérats industriels que l'on dit proches du président de la République (*). On l'a vu lors du débat télévisé, un peu de douceur ne nuit pas. * Arlette Chabot, directrice de l'information de France 2, a estimé hier que le reportage sur l'élection législative dans la 2 e circonscription de Gironde, critiqué par Ségolène Royal, était « irréprochable » et respectait l'égalité entre les candidats. Dans une lettre ouverte à Ségolène Royal, la Société des Journalistes (SDJ) de France 2 a qualifié ses propos d'« attaque insultante ».

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