06.01.2009
Une médiation trop précoce
La tentative de médiation française dans le conflit israélo-palestinien s’avère périlleuse pour le président français. D’autant que Gaza n’est pas la Géorgie.
Personne ne reprochera à Nicolas Sarkozy de vouloir apporter sa pierre à l’instauration d’une trêve à Gaza vu l’ampleur du drame qui s’y joue. Car les Palestiniens paient au prix fort les provocations irresponsables des dirigeants du Hamas. Et c’est un véritable massacre, totalement disproportionné par rapport à l’agression, que les bombes israéliennes provoquent dans ce réduit où s’entasse 1,5 million d’habitants. Pour autant, le président français n’a-t-il pas commis l’erreur de maintenir son voyage alors que débutait l’offensive terrestre des Israéliens ? La diplomatie européenne dont Nicolas Sarkozy se veut toujours le porte-drapeau, est, en effet, mal placée pour exercer une pression efficace sur l’État hébreu alors que la nouvelle administration américaine entrera en fonction dans une quinzaine de jours. Surtout que Tsahal entend pousser son avantage sur le terrain pour éradiquer la direction du Hamas. Du moins, tant que la pression de la communauté internationale ne devient pas intenable.
Ce qui n’est pas encore le cas. D’autant que les Européens n’ont pas de ligne de communication directe avec le Hamas qui accuse désormais Sarkozy de partialité.
Gaza n’est pas la Géorgie
En revanche, il est vrai que les bons rapports que le président français a noués avec Israël et le président syrien Bachar el-Assad lui permettront d’être écouté et de se faire entendre des médias locaux. Nicolas Sarkozy estime désormais que cette réconciliation avec Damas était nécessaire pour que la France puisse à nouveau peser au Proche-Orient. En s’appuyant sur l’Europe et l’Egypte, qui proposent un plan en quatre points, le chef de l’État espère infléchir la détermination israélienne, comme il le fit avec les Russes lors de la crise géorgienne. Même si Moscou relativise aujourd’hui l’impact de sa médiation, il obtint alors un cessez-le-feu. Dans le conflit israélo-palestinien, que personne n’a réussi à éteindre depuis des décennies, c’est une autre paire de manches. Et la médiation française intervient sans doute trop tôt.
08:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Palestiniens, Israéliens, Etat hébreu, Gaza, Nicolas Sarkozy, Edouard Coudurier








