12.06.2008

Villepin tête de liste aux européennes ?

Dominique de Villepin pourrait-il être une tête de liste crédible de l’UMP à Paris aux prochaines élections européennes de 2009 ? Des informations contradictoires circulent aujourd’hui sur le rôle que le président de la République pourrait confier à l’ancien Premier ministre, si ce dernier obtenait un non-lieu dans l’affaire Clearstream. Cette hypothèse peut sembler paradoxale dans la mesure où les juges d’Huy et Pons ont accepté de rouvrir l’enquête judiciaire à la demande du parquet de Paris. Il n’empêche, elle n’est pas jugée « farfelue » à l’Elysée. Selon certaines sources, une « paix des braves » serait envisagée entre les deux hommes et Dominique de Villepin, actuellement à l’étranger, pourrait revoir le chef de l’Etat. Une entrevue entre les deux hommes après l’élection présidentielle s’était déroulée sur un ton cordial, Nicolas Sarkozy étant visiblement heureux d’occuper le bureau de l’ancien patron de son rival. Et de le lui montrer. Mais à l’heure où certains députés chiraquiens soupçonnent l’Elysée d’instrumentaliser un véritable acharnement judiciaire contre Villepin, Sarkozy pourrait avoir intérêt à montrer qu’il n’en est rien. Surtout après le déjeuner de réconciliation de la semaine passée avec Jacques Chirac. Car l’élection européenne est toujours difficile et Nicolas Sarkozy en sait quelque chose, lui qui fit un score très médiocre en 1999. Cette apparente remise en selle aurait donc tout du cadeau empoisonné à un homme qui semble aujourd’hui impatient de revenir en politique. Et devra accepter, si tel était le cas, de se soumettre à la réalité électorale alors qu’on l’accuse de se comporter en haut fonctionnaire et de ne pas suffisamment mouiller sa chemise sur le terrain. Intérêt supplémentaire pour le Président : relancer Villepin afin de contrecarrer les ambitions d’Alain Juppé désormais relégitimé dans son fief aquitain pour la présidentielle de 2012. Or, Juppé, qui agace désormais Sarkozy, entretient des relations exécrables avec Villepin. Un coup de billard à trois bandes en quelque sorte. Dominique de Villepin devrait annoncer, samedi, dans une interview au Midi Libre qu’il est intéressé par une telle hypothèse.

04.06.2008

Un procès politique

En demandant aux juges d’Huy et Pons de poursuivre leurs investigations sur le rôle de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream, le parquet, qui est actionné par le pouvoir politique, et Rachida Dati l’a clairement fait comprendre aux récalcitrants, montre qu’il n’entend pas accorder le bénéfice d’un non-lieu à l’ancien Premier ministre. Dès lors que les charges n’étaient pas suffisantes pour le renvoyer devant un tribunal correctionnel, à la différence des autres protagonistes de l’affaire (Gergorin, Lahoud, Bourges, Robert), la logique plaidait pour un abandon des poursuites. Ce déni de justice porte en germes un procès politique que stigmatise l’un des derniers villepinistes, le député UMP Jean-Pierre Grand qui parle d’« acharnement ». Dans une lettre ouverte aux juges, publiée par Marianne, ce qui n’était peut-être pas d’une grande habileté, Dominique de Villepin s’interrogeait récemment sur l’intérêt qu’il aurait eu à demander une enquête à la DST quand il arriva place Beauvau, au risque de révéler le rôle qui lui est aujourd’hui attribué. On sait que le feu vert donné à Jean-Louis Gergorin pour qu’il transmette les listings au juge Van Ruymbecke fut interprété comme le signe d’une manipulation politique. Or, la manip’ semble avoir été conçue par le duo Gergorin-Lahoud. Rien ne permet de dire que Villepin, ayant à coup sûr flairé la bonne affaire pour se débarrasser d’un rival, ait été au courant, encore moins qu’il l’ait orchestré. Benoîtement dans son courrier il s’interrogeait : « À la faveur de quelle construction, mon rôle marginal est-il devenu le pôle d’attraction de ce dossier ? ». Il est évident qu’à son poste de Premier ministre, Dominique de Villepin ne pouvait être considéré comme un vulgaire quidam. Que Nicolas Sarkozy, dont le nom apparaît certes de façon tronquée, en ait profité pour se victimiser était de bonne guerre. Mais c’est désormais Villepin qui fait figure de victime.

03.04.2008

Discrétion et transparence

Face au calvaire d’Ingrid Betancourt, dont le combat est universel, la France n’a eu de cesse d’agir pour la libération de la Franco-colombienne. Mais entre Villepin et Sarkozy, la méthode change radicalement.

L’affaire Betancourt a, en France, une résonance médiatique très forte, presque disproportionnée quand on la compare à la manière dont la sénatrice de Colombie est perçue dans son propre pays. Les comités de soutien se sont multipliés en province et la pétition exigeant un accord humanitaire entre les Farc et le régime colombien a rassemblé pas moins de 600.000 signatures. Certes, Ingrid est de nationalité franco-colombienne et a effectué une partie de ses études à Paris où elle a connu Dominique de Villepin. Mais il y a quelque chose d’universel et de poignant dans le combat de cette femme qu’elle a payé au prix fort, puisqu’elle pourrait en mourir. Un combat contre les narco-trafiquants, les para-militaires et plus globalement la corruption qui lui a conféré une image sulfureuse en Colombie. L’ancien Premier ministre de Villepin avait tenté de la faire libérer discrètement mais l’équipée montée par ses soins à la frontière brésilienne, sans que l’Elysée ait été prévenu, s’était achevée de façon pathétique.

Le « story telling » de Sarkozy
Nicolas Sarkozy, adepte du « story telling », cette méthode qui consiste à raconter des histoires pour mettre en scène l’action politique, a tout de suite flairé la bonne affaire. Contrairement à Villepin qui avait envoyé une quinzaine de missions sur place, il fait tout au grand jour, interpelle les ravisseurs à la télévision, et dépêche une mission humanitaire sur place avant même d’avoir obtenu l’accord de la guérilla. Sans doute, par cette médiatisation à grand spectacle, le Président veut-il montrer qu’il aura tout essayé, car une issue tragique n’est malheureusement pas à exclure. Il obtient, de surcroît, un satisfecit de l’opposition qui semble condamner la méthode suivie jusqu’alors par le Quai d’Orsay. Reste à savoir si cette transparence revendiquée se montrera plus efficace.

11.10.2007

Quand Guaino mouche BHL

Piqué au vif, le conseiller du président, Henri Guaino, a traité Bernard Henri-Lévy de « petit con prétentieux ». Émoi à Saint-Germain-des-Prés qui se délecte de cet affrontement à fleurets non mouchetés entre le conseiller du Prince et le symbole de la gauche caviar. Il se trouve que BHL est en tournée de promo pour la sortie de son dernier essai consacré à la décomposition de la gauche (« Ce grand cadavre à la renverse », chez Grasset). L’ouverture du livre est d’ailleurs consacrée à un entretien téléphonique croquignolet entre le philosophe très médiatique, auteur il y a trente ans de « La barbarie à visage humain » et celui qui n’était alors que candidat à la présidentielle.

« Alors tu me la fais ta petite lettre ? », insiste lourdement Nicolas Sarkozy, qui a déjà enregistré le soutien d’André Glucksman dans une tribune libre au « Monde ». Tour à tour patelin, ironique et véhément quand il revendique, face à la gauche, le titre de meilleur défenseur des droits de l’homme, Sarko n’obtiendra pas ce qu’il veut. Et en dévoilant cette conversation privée, BHL cherche une nouvelle fois la posture qui le fera passer à la postérité. Celle du type admirable qui n’abandonne pas ses compagnons de route dans la tourmente et singulièrement Ségolène Royal, dont il fut le confident. Bref, le fidèle de la gauche, hérissé par les clins d’œil de Sarko au Front National à travers notamment sa politique d’immigration et qui a convaincu Dominique de Villepin de signer la pétition anti-tests ADN de « Charlie Hebdo ». Rien que de très classique pour ce milliardaire ayant su créer son personnage avec un sens fulgurant du marketing et dont la notoriété dépasse désormais les frontières.

Là où l’exercice devient quelque peu crapuleux, car il dépasse la simple auto-célébration, c’est quand ce philosophe que la Sorbonne n’a jamais reconnu comme tel, s’en prend à des esprits libres et éclairés, tels Jean-Pierre Chevènement et Henri Guaino, qui ont constamment ramé à contre-courant du conformisme ambiant. Accusant le premier qu’il n’est pas loin d’assimiler à la « France moisie » décrite par Philippe Sollers, d’avoir causé la défaite de Lionel Jospin ce qui est une contre-vérité. Et le second d’avoir écrit « le discours raciste » de Nicolas Sarkozy à Dakar. Lequel se contentait de leur dire enfin quelques vérités. Conclusion : il y a des limites à l’imposture même si une polémique est toujours utile pour la vente.

29.08.2007

Villepin l’historien engagé

Quinze jours avant d’être à nouveau convoqué par les juges dans l’affaire Clearstream, Dominique de Villepin tente de reprendre l’offensive. Il publie un livre (1), qui porte en filigrane une réflexion sur le pouvoir et sa perte, et s’attache à déceler dans cette période faste de l’apogée napoléonienne les germes de sa chute. Tout part, selon lui, de la Révolution française, qui n’a jamais été digérée, d’où cette violence qui persiste dans notre société et l’empêche d’accoucher des compromis nécessaires comme dans le monde anglo-saxon. Car l’Etat écrase tout et l’ancien Premier ministre voit dans la toute-puissance du pouvoir actuel, une nouvelle illustration de cette tendance française. Selon Villepin, l’ouverture n’a en effet accouché que d’une souris avec des individualités vaguement honteuses qui n’osent pas s’exprimer. Là-dessus, le président Sarkozy avec lequel il entretiendrait de bons rapports, malgré cette ténébreuse affaire dont on voudrait lui faire porter le chapeau, lui a répondu de Corse : l’opposition existe bien même si elle a du mal à s’opposer. Villepin, qui a vécu le pouvoir de l’intérieur, évoque la peur qui l’habite et dont les citoyens n’ont pas toujours idée. Il évoque un Napoléon ayant réussi à réapprivoiser une société en perte de repères, qui sut développer les outils de sa propagande et construire sa légende.
L’allusion à Sarkozy, qui développerait un pouvoir personnel, est transparente. La veille, sur TF1, l’ancien chef du gouvernement estimait que l’équipe qui lui avait succédé devrait bientôt obtenir des résultats. Et ne pas se contenter de communiquer comme le fait brillamment Bernard Kouchner sur l’Irak, s’attirant une réponse de la député UMP, Nadine Morano, sur le thème « nous, on a les mains dans le cambouis ». Mais il est vrai que le bon bilan économique laissé par Villepin commence à se détériorer compte tenu de la conjoncture. On n’a pas fini d’entendre parler de lui. (1) « Le soleil noir de la puissance » (Perrin), deuxième de sa série consacrée à Napoléon, dont le premier était les « Cent Jours ». 

20.07.2007

L’auto-destruction des chiraquiens

Les chiraquiens, que beaucoup croyaient avoir oubliés, reviennent sur le devant de la scène par le biais des affaires judiciaires qui ont empoisonné le règne de l’ancien président, comme si une entreprise d’auto-destruction était en cours. Et Jacques Chirac, en une du Monde, de plaider pour une certaine indulgence à l’égard des responsables de partis que la justice accuse d’avoir financé leurs activités politiques de façon illégale. Soyons justes, des emplois fictifs ne peuvent être comparés à l’activité criminelle de narco-trafiquants. En revanche, malgré le vote de quatre lois successives, de nombreux politiques ont continué à pratiquer ce qui ressemblait fort à de « l’abus de bien social ». En haut de la pyramide, l’ancien chef de l’Etat, dont de nombreux lieutenants, tels Michel Roussin ou Alain Juppé, ont été sacrifiés à cause de ces pratiques douteuses, a accepté de comparaître devant la justice pour s’expliquer. C’est une première même si l’audition organisée dans ses bureaux, afin de conserver un minimum d’égards envers la fonction, ne couvre que la période précédant son élection de 1995. Pour ses deux mandats et en particulier pour l’affaire Clearstream qui prend un tour de plus en plus ténébreux, Jacques Chirac ne répondra pas aux juges en arguant de son immunité constitutionnelle. Dominique de Villepin pourrait être tenté d’adopter le même système de défense en expliquant que ses actes et, en particulier, une éventuelle manipulation visant Nicolas Sarkozy, relèvent de la Haute Cour de Justice puisqu’ils ne sont pas détachables de sa fonction de l’époque. Ce ne serait pas forcément le meilleur système de défense. Compte tenu des affirmations contradictoires de MM. Gergorin et Lahoud, qui se renvoient la balle, il n’est pas certain que l’ancien Premier ministre ait grand chose à craindre d’une juridiction de droit commun, qui aura du mal à prouver que Dominique de Villepin ait orchestré cette manipulation. En revanche, un passage en Haute Cour, qui serait là aussi une première, transformerait définitivement cette affaire en procès politique de nature à le poursuivre durant de longues années. L’affaire Clearstream étant à Villepin ce que fut celle de l’Observatoire pour Mitterrand, le choix de ses avocats sera décisif.

08.05.2007

Envoyer des signaux forts

Alors que le nouveau président se repose pour quelques jours en Méditerranée, chacun tente de prendre la mesure du tournant que la France entame avec l’élection de Nicolas Sarkozy. Quelle est la vraie nature de ce pouvoir dont les jeunes, réunis à la Concorde, célébraient dimanche soir l’avènement ? Est-ce un bonapartisme new look, qui verrait coexister une vision autoritaire, nationaliste et des idéaux révolutionnaires, incluant la notion de progrès social ? Dans l’entourage du nouveau chef de l’État, on invoque la nécessité d’aller vite et d’envoyer des signaux forts au pays.
Nicolas Sarkozy doit profiter de la trêve estivale et de la relative neutralité, du moins jusqu’à l’automne, des syndicats qu’il entend consulter rapidement. Objectif : d’une part, ne pas rééditer les erreurs de Dominique de Villepin, qui voulait passer en force sur les mutations à accomplir, d’autre part dégager les contours d’un nouveau rêve français, en profitant au maximum de la croissance mondiale, afin d’accélérer les réformes et d’assainir l’économie. Bref, l’inverse de ce que fit Lionel Jospin, qui se laissa porter par la croissance durant la période 1997-2002. La légitimité acquise dans les urnes s’émoussant assez vite au contact des réalités, le nouveau gouvernement, qui sera mis en place dans une dizaine de jours, n’aura pas une minute à perdre.
La marge de manœuvre est étroite, comme le traduit la stabilité de la Bourse, qui connaît les limites du pilotage gouvernemental dans une économie mondialisée. En juillet 2008, la France détiendra la présidence de l’Union européenne. D’ici là, Nicolas Sarkozy veut remettre sur les rails l’économie du pays, restaurer ses fondamentaux à hauteur des efforts accomplis par les voisins. Il doit créer les conditions d’un consensus pour redéployer et redistribuer ce qui peut l’être.

31.01.2007

La schizophrénie gouvernementale

 Quand un ministre de l’Intérieur dit au président « Je fais ce que je veux », parce qu’il est désormais dans le temps de la campagne, alors que celui qui l’a nommé veut gouverner jusqu’au bout et pas se contenter d’expédier les affaires courantes, on peut se demander si cette situation légèrement schizophrénique peut perdurer. Combien de temps encore Jacques Chirac pourra-t-il retenir par l’élastique ses ministres, comme Michèle Alliot-Marie, qui voulait s’afficher avec Nicolas Sarkozy à l’occasion de son déplacement à Londres, marqué par un meeting avec les Français de l’étranger comme on en a rarement vu ? En rabrouant Xavier Bertrand, le porte-parole du candidat UMP qui contestait le CNE, sur lequel repose une partie de son bilan, Dominique de Villepin a marqué les limites de son association avec le présidentiable de la droite pour les semaines à venir. Du coup le Premier ministre, qui se trouvait bien seul lors de sa conférence de presse mensuelle mais n’entend pas se faire oublier, en a profité pour valoriser ses résultats en matière d’emploi et de désendettement. Tout en contestant le principe du contrat de travail unique sur lequel travaillent les sarkozystes. De quoi apporter, même si Villepin s’en défend, de l’eau au moulin des socialistes, qui exigent le départ du ministre de l’Intérieur de la place Beauvau afin de garantir un Etat impartial. Tandis que le chef de l’Etat déroule son agenda international sur fond de crise au Proche-Orient et que le chef du gouvernement intervient concrètement dans la vie des Français, du droit au logement opposable à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, il y a désormais deux logiques institutionnelles qui s’opposent. Le temps d’une clarification semble donc venu. Reste à savoir si les chiraquiens sont prêts à en prendre le risque. Entre la défense des grands principes et le confort d’une fin de mandat tranquille, Chirac doit choisir.

16.10.2006

Insécurité, Sarko entre deux feux

Des policiers agressés à Epinay, après l’épisode des Mureaux et des Tarterêts. A quelques jours de l’anniversaire des émeutes urbaines qui ébranlèrent la France durant trois semaines, ce regain de tension dans les banlieues apparaît de mauvais augure. Surtout après le rapport du préfet de Seine-Saint-Denis indiquant une dégradation de la situation, constat suivi d’une mise en cause du laxisme des magistrats par Nicolas Sarkozy. Après la fracture sociale en 1995 et l’insécurité en 2002, quel sera le thème dominant de l’élection présidentielle de 2007 ? Créditée malgré les difficultés rencontrées sur le terrain d’une plus grande crédibilité que la gauche dans ce domaine de la lutte contre la délinquance, la droite a tout intérêt à polariser le débat sur les questions sécuritaires. D’autant que son bilan économique, qui n’est pas si mauvais, retour de la croissance aidant, ne sera jamais assez bon pour contrer les surenchères démagogiques. L’une des erreurs de Dominique de Villepin, qui avait pris de l’ascendant sur son rival, Nicolas Sarkozy, après avoir décrété l’état d’urgence en novembre dernier, fut d’ailleurs de vouloir le doubler sur sa droite dans le domaine économique, avec l’institution du CPE, le coup de trop après le succès du CNE.

Or il est plus risqué de vouloir remettre en cause le Code du Travail que de « taper » sur les magistrats. C’est la raison pour laquelle le ministre de l’Intérieur ne veut pas quitter la place Beauvau, pour ne pas prendre le risque d’être absent en cas de nouvelle flambée urbaine. Et c’est pourquoi le président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, en qualifiant de « faute politique » ses critiques à répétition contre le gouvernement, indique peut-être que l’Elysée a décidé de pousser Sarko vers la sortie. Chirac étant plus subtil que cela, on peut se demander si Debré était vraiment en service commandé.

 

15.10.2006

Villepin à la manouvre

En quittant les Antilles, le Premier ministre aurait confié à l'un de ses proches qu'il lui faudrait, à l'avenir, mieux mesurer la portée de ses propos. Ses déclarations, dimanche dernier, au Grand jury-RTL-LCI, suggérant qu'il pourrait y avoir deux candidats issus de l'UMP à la présidentielle, ont en effet créé une onde de choc. Premier atteint : Nicolas Sarkozy, qui a disparu durant une journée pour cause de migraine. Une mise en retrait provisoire ayant entraîné des supputations sur sa fragilité psychologique supposée avant qu'il ne resurgisse à Périgueux en garant de l'unité. Dominique de Villepin a reçu en retour un accueil pour le moins musclé au sein du bureau de l'UMP, qui a même demandé au président du groupe parlementaire, Bernard Accoyer, de désavouer son attitude porteuse de division selon les députés (*). Du jamais vu ! Il en faut plus pour déstabiliser Villepin. Mais ce dernier a retenu la leçon. A chaque fois que les chiraquiens contesteront la légitimité de Nicolas Sarkozy, la cohorte de tous ceux qui sont tétanisés par le phénomène Royal fera corps autour du chef, quel qu'il soit, pourvu qu'il soit en mesure de les faire gagner. L'hypothèse d'une candidature de Michèle Alliot-Marie en janvier prochain a néanmoins instillé le doute.

Mais si elle veut pousser son avantage, il lui sera difficile de ne pas se soumettre à une primaire au sein de l'UMP, que les chiraquiens ne pourront repousser indéfiniment. En revanche, les spéculations de certains députés proches du Premier ministre, tel Hervé Mariton, sur une candidature de Villepin paraissent pour le moins hasardeuses. Sauf circonstance exceptionnelle, celui qui fut naguère qualifié de dauphin du président a encore beaucoup à apprendre. Le temps qui le sépare de l'échéance semble vraiment trop court.

* Surtout après avoir voté la fusion Suez-GDF comme un seul homme.

Toutes les notes