17.12.2008

UE. Sarkozy l'Européen de l'année

Nicolas Sarkozy a clos, hier à Strasbourg, sa présidence de l'Union européenne, en affirmant que l'Europe l'« avait changé ». Il a promis qu'il ne renoncerait pas à peser sur sa marche une fois son mandat expiré.

Il y a chez Nicolas Sarkozy une force de caractère qui le conduit à supporter les attaques à répétition dont il est l'objet comme si les Français se construisaient sur lui. Sans doute est-ce le lot commun des politiques qui ne cessent de prendre des coups et se forgent dans cette résistance quotidienne aux épreuves. Ainsi, le président de la République qui n'oublie rien, mais dose soigneusement ses réponses aux outrages qu'on lui inflige, a-t-il ironisé sur Daniel Cohn-Bendit qui avait déjà qualifié au Parlement européen son comportement de « minable » à propos des Chinois. Cette fois, l'ancienne figure emblématique de Mai-68 l'a qualifié de « président girouette ». Sarkozy a alors indiqué que Cohn-Bendit, qui ne détestait pas venir déjeuner à l'Elysée et bénéficier au passage d'une escorte de motards, se montrait beaucoup plus mesuré dans l'intimité. Mais que les caméras le rendaient « fou ».

Acteur incontournable

En réalité, il faut rendre à César ce qui lui revient. Si l'on peut contester son action sur le terrain économique et social, sa diplomatie a fait preuve, jusqu'à présent, d'un remarquable réalisme. En rencontrant le dalaï-lama en Pologne, il a concilié les intérêts économiques du pays et la nécessité de ne pas se soumettre à Pékin. Sur l'invasion de la Russie en Géorgie, il a fait preuve d'un talent inégalé dans la gestion de crise, donnant à l'Europe un rôle qu'elle n'avait jamais eu. Même chose en organisant le G-20 à Washington, accueillant pour la première fois les pays émergents. Sa présidence européenne cumulée à l'agonie de la présidence Bush, qui lui avait permis d'effectuer une percée au Proche-Orient, en a fait un acteur incontournable de la scène internationale pendant quelques mois.

Un homme obstiné

N'en déplaise à Newsweek qui semble lui reprocher d'avoir établi des rapports privilégiés avec Gordon Brown et José Luis Zapatero, Nicolas Sarkozy a réussi à déborder Angela Merkel, faisant oublier l'humiliation du « non » au référendum européen. Sur les dossiers de fond, il faudra plus de temps. Mais ce petit homme obstiné n'est-il pas en train de refaire de la France un grand pays qui retrouve son rayonnement traditionnel ?

17.04.2008

Mai 68 et la bonne gouvernance.

Nicolas Sarkozy recevant Daniel Cohn-Bendit à l’Elysée alors que les manifestations lycéennes se multiplient à l’approche du 40 e anniversaire de Mai 68, cela pourrait avoir une connotation symbolique. Pourtant, cette commémoration n’intéresse guère les jeunes, qui estiment que des parents jouisseurs et bien peu adultes (pas tous heureusement) leur lèguent un pays en mauvaise posture (endettement, croissance...). Même si la génération 68 n’est évidemment pas responsable de tout, la mondialisation et la montée en puissance des pays émergents ayant affaibli les pays occidentaux, ses enfants regardent l’avenir avec angoisse. Comme s’ils n’avaient pas été préparés à la dureté du monde qui les attend par des adultes prompts à se laisser culpabiliser. Il reste que Cohn-Bendit demeure le brillant figurant d’une époque qui ne se résout pas à quitter la scène médiatique alors que Sarkozy est le dirigeant d’une puissance déclinante dont beaucoup pensent, malgré une certaine immaturité, qu’il est le dernier à pouvoir empêcher ce pays de glisser vers le sous-développement. Rien n’est acquis et la France n’est pas éternelle, malgré ce que croient les jeunes qui ont besoin de figures fortes pour construire leur identité en s’y opposant. Vieux routier de l’Education nationale dont il maîtrise tous les rouages, le ministre Xavier Darcos est sans doute le plus à même d’affronter la crise lycéenne qui se profile une nouvelle fois. Il lui faudra sans doute beaucoup de patience et de pédagogie, notamment auprès des médias, pour convaincre de la justesse de ses arguments. A savoir que l’Educ qui représente la moitié des effectifs de la Fonction publique, ne peut rester à l’écart du mouvement de suppression des postes de fonctionnaires nécessaire pour redynamiser l’économie. Et justifié par la baisse des effectifs lycéens, sans même parler des enseignants sans affectation. L’Etat doit apprendre la bonne gouvernance.