09.10.2008
A droite, l’union nationale dans la douleur
Malgré ses efforts pour montrer qu’il y a un pilote dans l’avion, Nicolas Sarkozy va affronter, dans les prochaines semaines, de réelles difficultés, tant il est vrai que pas un dirigeant d’une démocratie occidentale ne peut sortir indemne de telles turbulences économiques. D’ores et déjà, son Premier ministre, François Fillon, affiche une solidarité sans faille, mais sa ministre de l’Economie, Christine Lagarde, n’apparaît plus vraiment crédible au point que certains évoquent son remplacement par... Edouard Balladur ! L’hypothèse d’un retour de Villepin au gouvernement a été démentie par l’intéressé, puis balayée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, qui savait peut-être que le parquet allait requérir le renvoi de l’ancien Premier ministre en correctionnelle plutôt que de se satisfaire, comme prévu, d’un non-lieu. Curieux revirement du procureur Jean-Claude Marin dont la mansuétude à l’égard de Dominique de Villepin agaçait l’Elysée, partagé entre les partisans de tourner la page et ceux qui continuaient de tenir Villepin pour responsable de la « machination » Clearstream. Coincé entre le marteau et l’enclume, Marin n’a donc retenu que la faute ayant consisté à ne pas prévenir la justice dès lors que, averti par le général Rondot, l’ancien Premier ministre eut des doutes sur les faux listings que lui avait transmis Jean-Louis Gergorin. Mais, réalisant qu’il avait été trompé par son ancien patron du Centre d’analyses et de prévisions (CAP), on peut comprendre qu’il ne se soit pas précipité pour révéler cette machination, surtout si Gergorin l’avait fait en pensant lui rendre service. Quoi qu’il en soit, Sarkozy n’aura cessé d’envoyer des signaux positifs à Villepin en lui faisant miroiter une tête de liste aux européennes, en l’envoyant aux obsèques d’un poète palestinien ou en le recevant à plusieurs reprises à l’Elysée. Volonté de l’endormir et de désamorcer son agressivité ? Toujours est-il que l’ancien Premier ministre est sorti de Matignon avec un bilan économique positif et personne ne pourra le lui enlever.
08:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde
29.01.2008
L'impuissance du politique
Contradictoire, l'attitude du pouvoir politique à l'égard de la Générale traduit une certaine impuissance. Soyons clairs : ses capacités d'intervention sur une banque privée sont limitées mais il veut donner l'illusion de maîtriser les évènements. En témoigne le mini-sommet de Londres sur la crise financière mondiale en arrière-plan. Certes, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, s'en remet à la sagesse des administrateurs pour décider de l'avenir des dirigeants de la banque : ce sont eux qui ont le pouvoir de décider. De surcroît, elle invite les critiques à la modération afin de ne pas déstabiliser l'établissement financier qui pourrait faire l'objet d'un raid hostile de l'étranger. A dire vrai, cela fait quelque temps que la banque a appris à s'organiser contre un tel risque. Logique donc, sauf que Nicolas Sarkozy, la veille, faisait de la surenchère en invitant le P-DG Daniel Bouton à démissionner. Succès garanti : quelques jours auparavant, Ségolène Royal stigmatisait les dérives du capitalisme financier. On se souvient que Jean-Yves Haberer, l'ancien président du Lyonnais, avait perdu sept milliards d'euros par incompétence. Mais l'affaire est complexe et la justice devra démêler les responsablités des uns et des autres sans parler des délits d'initiés. Il y a donc un brin de populisme dans la remarque présidentielle mais il est vrai que, par le passé, les grands commis de l'Etat ont eu du mal à assumer leurs échecs. En l'occurrence, on peut se demander si les prises de position démentielles de notre trader breton, qui n'auraient pas été contrôlées, n'ont pas servi à écluser les subprimes dont la banque niait la réalité.
08:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Christine Lagarde, Daniel Bouton, Société Générale








