Il ne s’est pas énervé quand PPDA l’a comparé à un petit garçon hilare au sortir d’un entretien avec Poutine au G8, selon une vidéo diffusée par la télévision belge. Le président Sarko reste le roi de la com’ et les postures hiératiques d’un Mitterrand, dont le rapprochent certains traits communs, n’entrent pas dans son registre. Il n’en reste pas moins un grand professionnel qui a repris la main après la relative déception du score réduit de l’UMP dimanche soir. Rappelant aux Français que beaucoup de dirigeants de pays européens, ayant dû se plier à des systèmes de coalition, lui enviaient sa majorité absolue. A commencer par Angela Merkel. Nicolas Sarkozy peut effectivement faire penser à un petit garçon si on le compare à la stature physique de ceux qui l’ont précédé comme De Gaulle, Giscard ou Chirac. Mais c’est un Mozart de la politique qu’une majorité de Français a porté au pouvoir pour faire bouger les lignes dans un pays vitrifié. Après un hommage à Alain Juppé, rejeté comme il l’a été si souvent, le président de la République n’a pas chargé son ancien ministre de l’Economie, Jean-Louis Borloo, débarqué en douceur de Bercy. Car Sarko évite d’humilier les autres et d’insulter l’avenir. Il a résumé son intervention d’une phrase, qui pourrait s’appliquer à lui : « Mon programme, c’est le travail ». Et qui peut dire aujourd’hui que l’université, dont il a fait un chantier présidentiel, n’est pas prioritaire ? Qui peut considérer que la fiscalité n’est pas en France quelque peu confiscatoire ? Que la TVA sociale, appliquée dans d’autres pays européens, mérite au moins une expérimentation ? Ou que le déficit de la Sécu impose des franchises médicales dont les syndicats devront discuter des modalités, voire de certaines exonérations ? Non, décidément, Nicolas Sarkozy n’a renoncé à rien, comme son discours de politique générale, hier, devant les députés UMP, l’a clairement indiqué. En un mot, et pour éviter les reproches de cadeaux fiscaux, il s’engage à revaloriser le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres. Plus que la nomination de Jean-Marie Bockel, Rama Yade ou Fadela Amara, qui n’auront qu’un faible poids politique dans le dispositif gouvernemental, et dont la fonction est avant tout d’afficher une certaine diversité, c’est au respect de cette promesse que l’on jugera si l’homme est le grand pédagogue que n’était pas Chirac ou un petit prestidigitateur.