19.09.2006

Le poids Chiraquien dans la présidentielle

L’Élysée n’avait pas jugé bon de répondre, dans un premier temps, au discours de Nicolas Sarkozy à Washington, critiquant « l’arrogance » de la diplomatie française. Cible principale, Dominique de Villepin s’était, quant à lui, déchaîné contre le ministre de l’Intérieur, stigmatisant sa volonté de supprimer la carte scolaire, ainsi que les régimes spéciaux de retraite (selon une proposition de François Fillon), ou encore rejetant l’idée d’un service civil obligatoire. Tout ça au risque de diviser la majorité et de renforcer Nicolas Sarkozy en voulant l’amoindrir. Jacques Chirac, hier matin, sur Europe 1, est venu conforter tout en finesse l’offensive de son Premier ministre, même s’il a écarté pour le principe toute idée de « chamaillerie » entre les membres de son gouvernement. Sans parler de son entourage, qui aurait laissé filtrer l’idée que le président jugeait « lamentable » la prestation de Sarko l’Américain, faisant le procès de son propre pays en territoire étranger. En un mot, l’Élysée aurait relayé les propos de Laurent Fabius à Lens, faisant de Nicolas Sarkozy le « caniche de George W. Bush », insulte naguère réservée à Tony Blair pour son alignement sur la politique américaine en Irak.
Interprétation que récusent les sarkozystes, qui ne veulent se référer qu’aux propos présidentiels sur Europe 1. Toutefois, en quelques lignes d’un discours par ailleurs brillant sur la politique étrangère de la France, le président de l’UMP a peut-être ruiné ses efforts pour être adoubé par le chef de l’Etat. Lequel pense que les concitoyens lui seront gré de son attitude à propos du conflit irakien, même si notre ambassadeur à Washington, Jean-David Levitte, estime que les deux présidents (français et américain) laisseront aux historiens le soin de trancher. En renouant, lors de l’assemblée générale de l’Onu, avec les postures classiques de la diplomatie française, qui prône l’apaisement dans toutes les crises où les Américains font preuve de volontarisme (nucléaire iranien, tensions entre religions, conflit israélo-palestinien), le président de la République soigne une popularité que les bons chiffres de l’économie commencent à restaurer. Et paraît bien décidé à peser sur l’élection présidentielle, à défaut de vouloir influencer l’avenir du monde.

15:17 Publié dans Chirac | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chirac, Fillon, Bush