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07.01.2009

La médiation française sur le fil

Il est à craindre que la mission de bons offices de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient n’ait qu’un impact limité. C’était mal connaître cette région du monde, où le conflit israélo-palestinien est enkysté depuis des décennies, que de penser qu’une visite éclair de 48 heures serait de nature à débloquer les choses. La cote de sympathie du président français auprès des dirigeants israéliens ne pouvait être d’aucune utilité dès lors que ces derniers sont en campagne électorale et se livrent à une véritable surenchère entre eux. En revanche, elle le rendait immédiatement suspect auprès du Hamas dont le parrain iranien ne figurait pas sur la feuille de route de M. Sarkozy, qui a plusieurs fois stigmatisé la volonté de Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Enfin, la volonté du chef de l’État français d’occuper le terrain alors qu’il n’exerce plus la présidence de l’Europe a plutôt compliqué les choses. D’autant que le silence pesant de Barack Obama a montré que les regards se tournaient déjà vers Washington, refermant la parenthèse de vacance du pouvoir outre-atlantique dont la France avait bénéficié durant plusieurs mois. En 1996, lors des affrontements israélo-libanais, Jacques Chirac avait préféré dépêcher sur place son ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette, au grand dam du secrétaire d’État américain, Warren Christopher. La France avait fini par obtenir un cessez-le-feu en s’appuyant sur le Liban et la Syrie, tandis que les Américains soutenaient l’État hébreu. Or, aujourd’hui, Nicolas Sarkozy apparaît beaucoup plus pro-israélien que son prédécesseur qui s’inscrivait dans la ligne de la politique arabe du général De Gaulle. Victime de sa précipitation à vouloir occuper le terrain afin de rééditer son succès lors de la crise géorgienne, Nicolas Sarkozy n’en a pas moins été rattrapé dès son retour en France par le risque d’exacerbation des tensions communautaires entre juifs et musulmans. En témoigne la voiture incendiée lancée contre une synagogue à Toulouse (lire page 5). Tensions qui plaident pour un rééquilibrage de la diplomatie de M. Sarkozy au Proche-Orient. Le souci avant tout humanitaire de la démarche infructueuse du président français en est clairement l’amorce. Il faut dire que l’intransigeance israélienne ne lui laisse guère le choix.

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