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24.12.2008
Brésil. Nicolas Sarkozy affiche la sérénité
Alors que la presse se préoccupait surtout de l'élégance de Madame, Nicolas Sarkozy a poursuivi hier son séjour brésilien en signant de précieux contrats.
Dans l'édition brésilienne de Marie-Claire, elle confie : « Je ne suis plus une croqueuse d'hommes ». « Carlita » fête aujourd'hui ses 41 ans et la presse brésilienne s'extasie sur les sandales qu'elle arborait la veille au concert de lancement de l'année de la France au Brésil, en présence de Gilberto Gil et Charles Aznavour. Le lendemain, la première dame assistait à un défilé « ethnique » à la mode « favela ». N'en déplaise à l'opposition qui stigmatise la vacance du pouvoir, le couple va séjourner jusqu'au 30 décembre dans la propriété d'un ami du père biologique de Carla. Du côté de Salvador de Bahia, laisse-t-on entendre chez les Brésiliens, l'Élysée restant d'une remarquable discrétion sur la question. Toutefois, le chef de l'État reviendra le 7 septembre dans la capitale Brasilia afin de fêter l'anniversaire de l'indépendance du pays. Entre-temps, 700 événements auront été organisés dans quatorze villes, notamment des opéras lyriques à Manaus ou des expositions d'impressionnistes. Une école de samba défilera lors du carnaval de Rio en février prochain sur le thème de l'histoire de France.
La méthode Sarkozy
Dans le « Jornal do Brasil », une caricature montre le président Lula s'adressant ironiquement à son homologue français : « Eh ! Les amis, vous êtes venus pour les affaires ou pour flirter ? » Il reste que le partenariat stratégique conclu entre les deux pays a pris une réelle consistance avec six milliards de contrats signés, entre hélicoptères et sous-marins, soit le double des contrats d'armement décrochés au cours de l'année écoulée (lire ci-dessous). Le chef de l'État semble satisfait de ce dernier voyage en tant que président de l'Europe qui lui permet de souligner le rôle accru du Brésil en matière d'intégration régionale. Nicolas Sarkozy applique toujours la même méthode. Il flatte ses interlocuteurs en vantant allègrement leurs mérites.
Les vertus d'un monde multipolaire
Après avoir été le meilleur allié de l'Amérique, il redécouvre les vertus du monde multipolaire au sein duquel le Brésil doit être reconnu, selon lui, à hauteur de son poids grandissant. Les règles contraignantes que le pays s'impose en matière de déforestation sont citées en exemple. Tout comme le formidable laboratoire de biodiversité représenté par l'Amazonie. Ainsi que la nécessité d'associer le pays à la refondation du système financier international, même si, comme tous les pays émergents, il est largement resté à l'écart de la crise. Nicolas Sarkozy qui entend multiplier les voyages en Amérique latine, en particulier au Mexique, l'autre grand du continent latino, estime que 2009 opposera les partisans de l'immobilisme à ceux du mouvement. Une petite musique bien connue. Dans une dialectique qui rappelle celle des années 60 en faveur d'un nouvel ordre mondial, il s'associe naturellement aux coups de boutoir des pays du Sud contre ceux du Nord. De Gaulle pratiquant le jeu de la bascule entre les blocs n'agissait pas autrement, même si ses tournées en Amérique latine s'étalaient sur plusieurs semaines.
« Une France éruptive »
2009 sera néanmoins marquée par le retour aux réalités sur la scène intérieure française. Inquiet d'une crise sociale qui l'a conduit à repousser la réforme des lycées, laquelle pouvait servir comme en Grèce de détonateur, Nicolas Sarkozy feint la sérénité. Beaucoup estiment néanmoins son équipe sous-dimensionnée pour affronter les turbulences à venir. « Je ne pense pas que la France soit fragile mais éruptive », aurait-il affirmé selon une source bien informée à l'Élysée.
09:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Lula, Gilberto Gil, Hubert Coudurier
23.12.2008
Brésil. Un insolent optimisme
Le soleil brille pour le Brésil malgré la crise ou l’adaptation à la mondialisation. Les indicateurs économiques sont au vert et le président Lula en accueillant son homologue français peut afficher un sourire plein d’optimisme.
C’est l’été en hiver à Rio de Janeiro. Aussi, la plage d’Ipanema ne désemplit guère, même durant la semaine, surtout quand le soleil reparaît. Entre adeptes du football et beautés métissées en string, le pays affiche sa joie de vivre et son insolente santé. Car le Brésil, fort de sa croissance et d’un endettement fortement réduit, voit l’avenir avec insouciance. Et le président Lula peut se targuer d’être déjà entré dans l’Histoire. Sous sa férule, le parti des travailleurs (TP) a abandonné ses oripeaux marxistes. Ce petit homme barbu, surgi du syndicalisme, a également consolidé l’alternance et entrepris d’éradiquer la misère par un système de bourses dont bénéficient onze millions de Brésiliens.
Deux millions d’emplois créés en un an
Certes, les écarts de revenus demeurent énormes et les favelas qui surplombent les plages à flanc de collines sont là pour le rappeler. Il n’est pas rare qu’après des descentes de police dans ces quartiers tenus par les trafiquants de drogue, lesquelles se soldent généralement par plusieurs morts, les gangs fassent irruption dans la ville afin de régler leurs comptes. Pour autant, contrairement à la vieille Europe, le Brésil affronte la mondialisation sans inquiétude. « Nous avons créé deux millions d’emplois depuis un an et nous ne succombons pas au pessimisme malgré la crise. Nous en sortirons plus forts », constate le président Lula devant les hommes d’affaires français et brésiliens qui participent au deuxième sommet Union européenne-Brésil. Avec une inflation désormais contrôlée et de bonnes réserves de change, le pays peut s’enorgueillir d’être devenu créditeur net. « Nous avons reçu un satisfecit des agences de notation qui ont fait faillite », ironise même Lula, comme si la crise financière mondiale lui était désormais indifférente.
L’effet de mode du Brésil
Le président brésilien n’en salue pas moins son homologue français comme « l’homme le plus optimiste du monde » et, face à ce géant dont l’appétit semble sans limite, Nicolas Sarkozy tempère les reproches de protectionnisme traditionnellement faits aux « 27 » : « Je sais que les Brésiliens sont inquiets pour leur agriculture. Mais leurs exportations ont été multipliées par trois en Europe », note le Français, qui achève sa présidence européenne en soulignant que « l’Europe croit en vous, à votre culture, à votre amour de la vie ». Dans ce pays, où la chambre de commerce franco-brésilienne fut créée en 1902, les liens sont anciens, même si la communauté française reste modeste (30.000 personnes). Trente-huit sociétés du CAC 40 sont néanmoins présentes au Brésil, qui connaît un effet de mode comme naguère Marrakech : Jean-Paul Gaultier, Alberto Pinto et Paco Rabanne viennent, en effet, s’y ressourcer.
L’effet Carla
C’est pourquoi « l’effet Carla », qui redécouvre ici ses racines paternelles, joue à plein. Deux pages en ouverture du « Jornal do Brasil » y expliquent que la première dame découvre aujourd’hui la favela Pavao-Pavaozinho. Auparavant, Carla Bruni-Sarkozy s’était rendue dans un hôpital du centre de Rio pour visiter une banque de lait maternel destinée à éviter la contamination aux enfants dont la mère est atteinte du sida. Pour celle qui est devenue ambassadrice mondiale des mères et des enfants victimes de la pandémie, on ne pouvait trouver mieux.
Hubert Coudurier
11:18 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Rio de Janeiro, Lula, Sarkozy, favelas, Hubert Coudurier








