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28.11.2008
Zemmour face à Hubert Coudurier
14:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Laurent Ruquier, Hubert Coudurier, Eric Zemmour, France 2, La bande à Ruquier
Des risques d'une dérive autoritaire
Lors du procès des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, en mars 2007, Nicolas Sarkozy avait déclaré préférer « l'excès de caricature à l'absence de caricature ». Il a visiblement changé d'avis puisqu'il poursuit désormais, contrairement à ses prédécesseurs, du moins Mitterrand et Chirac, ceux qui portent atteinte à son intégrité. La première condamnation visait la compagnie aérienne Ryanair pour détournement d'image du couple présidentiel. Rien de bien méchant, mais une question de principe. Nicolas Sarkozy déteste qu'on s'enrichisse sur son dos. Après avoir perdu en première instance, le jugement en appel, aujourd'hui, dans l'affaire dite des « poupées vaudou », d'un goût certes douteux, pourrait lui donner raison. Et cela au nom de l'outrage fait au chef de l'Etat. Or, beaucoup estiment qu'il est dans la tradition française que les humoristes puissent s'attaquer au Président, protégé, de surcroît, par un statut qui le met à l'abri des poursuites durant la durée de son mandat. Autrement dit, c'est la noblesse des puissants que de laisser libre cours à la critique de ceux qui l'attaquent matin, midi et soir, comme des manants vindicatifs à l'égard du souverain. Surtout quand ce dernier est un spécialiste des dérapages verbaux, qui prêtent volontiers le flanc à la critique. A l'évidence, un spectacle comme « le grand prix de monter Carla » au théâtre des Deux Ânes, animé par Pierre Douglas, Jacques Mailhot, Michel Guidoni et Jean Amadou, peut sembler d'une insolence rare. Toutefois, la France serait-elle toujours la France sans cette propension à l'auto-dérision voire même à l'auto-flagellation qui est sa marque de fabrique ? Serions-nous prêts à en revenir à un régime de type Ben Ali où toute contestation est bannie ? L'affaire des poupées peut sembler caricaturale mais la pente d'une dérive autoritaire est glissante. La France n'a pas une tradition démocratique aussi solidement établie que des pays comme les Etats-Unis où la liberté de la presse est protégée par le premier amendement de la Constitution.
08:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier, caricatures, Charlie Hebdo, poupées vaudou, liberté de la presse
27.11.2008
Drôles de dames au PS
La crise interdit les audaces et favorise les comportements conservateurs. En confirmant, du même coup, la vieille règle mitterrandienne selon laquelle le Parti socialiste se prend toujours à gauche.
Le PS s’est donc refusé à Ségolène Royal, symbole de changement dans un parti nécrosé ayant plusieurs fois échoué depuis 1995 à remporter la magistrature suprême. Il lui a préféré Martine Aubry, figure emblématique des 35 heures, des emplois aidés et de la couverture maladie universelle (CMU). Autrement dit, des acquis sociaux de la période heureuse du jospinisme porté par une forte croissance. Pour s’imposer, Mme Aubry a su avancer masquée, se déclarant au dernier moment et évinçant l’autre héritier de Jospin, Bertrand Delanoë, qui avait commis l’imprudence de se déclarer « social et libéral ». A l’heure où les avatars financiers du libéralisme produisent des effets désastreux, il est des mots, surtout à gauche, à ne pas prononcer. Pour autant, la maire de Lille se retrouve à la tête d’un cartel quelque peu archaïque qui rassemble des antieuropéens et des anticapitalistes. N’est-ce pas condamner les socialistes à une longue cure d’opposition que de s’enfermer dans cette posture régressive qui rappelle celle de Neil Kinnock chez les travaillistes anglais avant l’arrivée de Tony Blair ? Et ne correspond plus à l’état du monde d’aujourd’hui. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer Martine Aubry qui a promis aux socialistes qu’ils retrouveraient avec elle une voix pour s’opposer à Nicolas Sarkozy. Malgré la volonté implicite de Ségolène Royal de lui mettre des bâtons dans les roues, le chemin vers la présidentielle sera plus compliqué pour la présidente du Poitou-Charentes en dépit de la légitimité que lui confère sa première tentative. La madone a désormais une sérieuse rivale sur son chemin.
09:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, parti socialiste, Ségolène Royal, CMU, couverture maladie universelle
25.11.2008
Le soupçon d’une reprise en main
Vu l’état qui est celui de leur parti, les députés socialistes auront peut-être du mal à faire un « Vietnam parlementaire » du débat sur la réforme de l’audiovisuel public qui s’ouvre aujourd’hui. Il n’empêche, l’enjeu est d’importance et n’est pas sans rappeler le bras de fer de Silvio Berlusconi avec la RAI dont le président du Conseil italien dit ne plus supporter les constantes « railleries » et « outrages » dans lesquels il voit la main de l’opposition. Peut-on, pour autant, parler en France d’une « grande braderie de l’audiovisuel public », doublée d’une volonté de « mise à mort au profit du privé », comme l’affirment les syndicats ? Il est clair que la réduction, pour cause de crise financière, du montant des taxes sur les recettes publicitaires des chaînes privées et les opérateurs de télécommunications tombe mal et va rendre son financement aléatoire. Elle vient contredire la promesse faite par le chef de l’Etat de compenser « euro pour euro » le manque à gagner de 450 millions d’euros résultant pour France-Télévisions de la suppression de la publicité. Or, cette réforme qui va permettre à Nicolas Sarkozy de nommer le président de France-Télévisions, pouvoir jusqu’alors conféré au Conseil supérieur de l’audiovisuel, fait naître le soupçon d’une volonté de reprise en main politique, toujours selon l’exemple italien. Or, comme le souligne François Bayrou, « la télévision publique n’appartient pas à l’Etat, encore moins au pouvoir. Elle appartient aux téléspectateurs qui en assurent la charge par la redevance ». A l’heure ou les procédures judiciaires se multiplient contre les journalistes pour les contraindre à révéler leurs sources, afin de leur « mettre la pression » et les inciter à plus de mesure dans leurs critiques et leurs investigations, la guérilla parlementaire autour du projet de réforme de l’audiovisuel public fera figure de test. Le jugement en appel en fin de semaine de la plainte de Nicolas Sarkozy sur les poupées vaudous, qui fixera les bornes de la liberté d’expression, en sera un autre.
08:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audiovisuel public, Silvio Berlusconi, RAI








