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26.09.2008

Une nouvelle frontière

Lutter contre la peur qui inhibe et pèse sur l'économie. Tel était, à Toulon, le credo de Nicolas Sarkozy, qui n'est jamais aussi bon que dans le registre du volontarisme. Reçu les jours précédents dans l'antre du capitalisme mondial, le chef de l'État demandait alors des sanctions contre les responsables du dérèglement des marchés. On l'avait déjà entendu condamner les patrons voyous ou procéder à du sauvetage d'entreprises menacées, comme Alstom. Or, cette volonté de moralisation d'un système qui s'emballe rappelle singulièrement les diatribes anticapitalistes de Jacques Chirac à la fin de son règne. Mais alors qu'il prononçait, hier soir, un grand discours de recadrage économique, la question est de savoir si, comme l'a dit François Hollande, Nicolas Sarkozy « ne se paye pas de mots ». Et quelles sont ses marges de manoeuvre ? La suppression des parachutes dorés, comme le suggère le Medef, est une piste qui pourrait mettre fin à des abus scandaleux. D'autres mesures sont étudiées, telle une surveillance accrue des agences de notation, quoique les banques n'y sont guère favorables. Censé rassurer ses concitoyens en trouvant le ton juste sur la gravité de la crise, Nicolas Sarkozy reste confronté au problème d'une redéfinition de sa politique économique. Pas d'austérité ni d'augmentation des impôts, assure-t-il, afin de ne pas aggraver la crise. Mais cette volonté de ne pas dramatiser, qui s'accompagne d'une poursuite des réformes, est-elle réaliste ? Car le chef de l'État reconnaît que la situation ne va pas s'arranger, ni sur le front du chômage, ni sur celui de la croissance, ni sur celui du pouvoir d'achat. Encadrer le mode de rémunération des dirigeants n'y suffira pas. Engager de nouvelles dépenses d'investissement exige de les financer. Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy entend fixer au pays le cadre d'une nouvelle frontière.

08:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Economie, crise financière, Nicolas Sarkozy, Toulon, banque, croissance, capitalisme

25.09.2008

L'échec du sénateur poitevin

Le fait d'avoir remporté la primaire au sein de la droite donne au sénateur Larcher les plus grandes chances d'être le prochain président de la Haute Assemblée. Sauf cas improbable qui verrait des voix de gauche se porter sur le sénateur Alain Lambert, lequel a refusé de se soumettre au processus des primaires. Avec son profil modeste et sa connaissance du terrain, l'ancien vétérinaire devenu maire de Rambouillet a donc remporté la mise. Exit donc Jean-Pierre Raffarin, qui a commis quelques erreurs comme celle de se prévaloir du soutien garanti du chef de l'Etat avant de prôner tardivement l'indépendance du Sénat face à l'Exécutif. En réalité, M. Raffarin était un parfait inconnu lorsque Jacques Chirac le nomma Premier ministre. Et sa fidélité au Président Chirac glissa naturellement vers Nicolas Sarkozy en raison de l'agacement grandissant qu'il éprouvait à l'égard de Dominique de Villepin. Mais sa notoriété étant acquise, le sénateur de la Vienne aurait dû s'émanciper du nouveau chef de l'Etat plutôt que de rechercher un improbable soutien de l'Elysée qui ne voulait s'engager en faveur de personne. « Il en fait trop », laissaient d'ailleurs entendre les collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, l'argument, selon lequel le fait de ne pas être issu du RPR au sein de l'UMP lui aurait donné plus de poids, n'a pas joué. En somme, être nommé à un poste est une chose. Etre élu est autrement plus complexe et suppose de ne rien laisser au hasard. Surtout, il faut s'émanciper pour prétendre rassembler. Jean-Pierre Raffarin avait beau dire que la relation d'inféodation existant entre François Fillon et Nicolas Sarkozy n'aurait pas été possible entre lui et Chirac, il s'est montré trop sûr de lui dans cette compétition complexe. Cela n'enlève rien à ses qualités de conciliateur ou de négociateur qui trouveront à s'exercer dans d'autres responsabilités.

08:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sénat, sénateur, Haute Assemblée, Gérard Larcher, Alain Lambert, Jean-Pierre Raffarin

24.09.2008

Sarko maître du monde

Quand les événements les dépassent, nos dirigeants feignent, selon le vieil adage, de les organiser. C'est un peu l'argument du premier secrétaire du PS, François Hollande réagissant aux propos tenus par Nicolas Sarkozy à New York et réclamant des sanctions pour les responsables du krach financier de la semaine passée. Evoquant devant la fondation Elie Wiesel la peur de nos concitoyens de perdre leurs économies ou leurs placements immobiliers, le chef de l'Etat appelait les responsables de la planète finances à rendre des comptes. Lors de la précédente Assemblée générale de l'Onu, il préconisait un nouvel ordre mondial dans le droit fil des prêches de son prédécesseur. Cette fois, le Président français s'est lancé dans un grand discours en faveur de l'Afrique qu'il faut sortir de la pauvreté alors même que l'aide française au développement, traditionnellement la plus importante des pays occidentaux, a été divisée par deux. Sa suggestion de convoquer un G8 monétaire afin d'accroître les mécanismes de régulation publique risque fort de s'enliser. Car les Etats-Unis qui se méfient des systèmes collectifs, ne veulent pas se laisser engluer dans une gouvernance de type Nations-Unies qu'ils exècrent. La France y a tout intérêt pour s'en servir comme d'un levier d'influence car ses marges de manoeuvre sont faibles. Songez qu'avec son paquet fiscal de 15 milliards d'euros, elle a été au maximum de ses possibilités tandis que l'Amérique dépensait 700 milliards de dollars pour soutenir ses banques. De surcroît, l'Europe prive la France d'un levier budgétaire comme monétaire en l'enserrant dans un véritable corset. Certes, le fait que les Américains nationalisent à tour de bras brouille nos repères et incite au pragmatisme. Sarko a déjà agi de la sorte en sauvant Alstom tout en dénonçant les patrons voyous. Le pouvoir politique ne peut avouer qu'il est désarmé face à la mondialisation.

08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, New York, fondation Elie Wiesel, Hubert Coudurier

23.09.2008

L'opposition sous perfusion

Même si la gauche ne peut au mieux espérer l'emporter qu'en 2011 du fait d'un mode de scrutin qui surreprésente toujours la ruralité au détriment des villes, sa progression de plus d'une vingtaine de sièges au sein de la Haute Assemblée est un nouvel avertissement pour la majorité. Après les régionales de 2004 puis les municipales de 2008, les Français manifestent leur mécontentement. Le paradoxe est qu'après les régionales, ils auront élu un nouveau président plus marqué à droite que Chirac en la personne de Sarkozy. Et que les municipales complétèrent la conquête du pouvoir local par une gauche qui contrôle 20 régions sur 22 sans pour autant instaurer, quinquennat oblige, une nouvelle cohabitation. De la même manière, le signal envoyé à l'occasion des sénatoriales ne menace pas le pouvoir central qui a encore presque quatre ans de tranquillité législative devant lui. Et ce n'est pas l'élection à la présidence de Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher ou Philippe Marini qui y changera quelque chose. D'autant que le PS est encore plein d'incertitudes sur son leader, son programme, ses alliances (à gauche ou au centre) avec la poussée d'un Besancenot qui joue le rôle de Le Pen naguère pour la droite. Acquise aux réformes même si elle n'apprécie pas le style bling-bling, incitant ainsi le chef de l'Etat à se représidentialiser, l'opinion lui donne le temps de son mandat pour faire ses preuves. Et obtenir des résultats notamment sur le pouvoir d'achat. Mais elle semble sans illusion sur une offre alternative qui d'ailleurs n'existe pas. Du coup, l'opinion se contente de maintenir l'opposition sous perfusion.

08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections sénatoriales, sénat, sénateurs, PS, UMP, Hubert Coudurier

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