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19.09.2008
Le recadrage présidentiel
C’est finalement par un discours à Toulon, comme durant la campagne de la présidentielle, que le chef de l’Etat fera sa rentrée politique.
L’idée d’une conférence de presse ou d’un entretien télévisé a finalement été abandonnée. Trop difficile dans une période incertaine où la crise financière mondiale donne l’impression que les dirigeants de la planète ne contrôlent plus rien. A l’heure où l’inflation absorbe l’amélioration du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy devra convaincre que le pouvoir politique n’est pas impuissant, qu’il dispose encore de marges de manœuvre pour sécuriser la situation économique des Français. Certes, le Président expliquera que la crise de l’immobilier ne peut avoir en France rien de comparable à ce qu’elle est aux Etats-Unis, compte tenu de la folie des subprimes. Et il rappellera son plaidoyer, dès l’été 2007, pour des mesures de régulation accrues, propositions auxquelles la chancelière allemande, Angela Merkel, faisait alors la sourde oreille. Après avoir été présenté comme « Sarko l’Américain » et avoir rendu régulièrement hommage au modèle en vigueur outre-Atlantique, Nicolas Sarkozy pourrait retrouver des accents chiraquiens sur la nécessité de tempérer la frénésie du libéralisme mondial. On peut faire confiance à Henri Guaino, son conseiller spécial et le rédacteur de ses discours, pour trouver les formules qui feront mouche. Le président français sera alors de retour de New York où Wall Street, le temple du capitalisme, est en faillite. On mesurera alors à quel point le sarkozysme est avant tout un pragmatisme qui n’a rien à envier à celui de son prédécesseur.
09:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rentrée politique, Nicolas Sarkozy, libéralisme, capitalisme, Hubert Coudurier
18.09.2008
Un test dans un contexte troublé
Quelques élections partielles favorables et la remontée du Président dans les sondages ont amélioré le moral de la droite après les calamiteuses élections municipales. Néanmoins, dans un contexte économique désastreux qui complique l'équation budgétaire devant être bouclée la semaine prochaine, le test du Sénat n'est pas dépourvu de signification. Certes, ce bastion de la droite, que son mode de scrutin quasi censitaire met à l'abri des turbulences, n'est guère représentatif de la société française. Conçu pour tempérer les ardeurs contestataires de l'Assemblée comme dans tout système bicaméral, il s'opposa au général De Gaulle qui voulait le transformer. Après le naufrage de la présidence Poher, il était condamné à changer ou à disparaître. La réduction du mandat des sénateurs (de neuf à six ans) et l'ouverture de l'institution sur l'extérieur à travers de multiples colloques ont amorcé cette nécessaire évolution sous la férule de Christian Poncelet. Sur certains débats de société comme les tests ADN, le Sénat se démarquera de l'Assemblée. Les deux prétendants à la succession de Poncelet auront donc à coeur de poursuivre dans cette voie de l'expertise et de la sagesse. Gérard Larcher est un négociateur de talent, un homme de réseau, très imprégné par les questions sociales et qui moderniserait à coup sûr l'image du Sénat. Son rapport sur la réforme de l'hôpital avait été apprécié par Nicolas Sarkozy. Homme de compromis avec un profil plus marqué de notable, Jean-Pierre Raffarin a peut-être commis l'erreur d'adopter une stratégie trop politique en se prévalant dans un premier temps de la caution du Président puis en plaidant pour l'indépendance du Sénat. Raffarin qui ne vient pas du RPR mais de la famille libérale s'estime mieux en mesure de rassembler. Personne n'est aujourd'hui capable de faire un pronostic et l'Elysée ne veut surtout pas miser sur le mauvais cheval. Pas question donc de favori.
08:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sénat, sénatoriales, élections, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier
Sarkozy en chef de guerre
Nicolas Sarkozy s'est posé en chef de guerre, hier, en présentant lui-même la libération des Français au large de la Somalie.
En commentant lui-même le raid des commandos de marine ayant abouti à la libération d'un couple de français et à la mort d'un des ravisseurs, Nicolas Sarkozy a adopté la posture du chef de guerre qui se porte au secours de ses compatriotes en difficultés. Un peu à la manière des Américains ou des Israéliens dans des circonstances similaires. On se souvient du spectaculaire coup d'éclat de l'Etat hébreu à Entebbe (Ouganda) où l'un de ses avions de ligne avait été détourné. Lors de l'opération plus lourde ayant permis de sauver les otages du Ponant, le chef de l'Etat était demeuré en retrait, laissant son chef d'état-major particulier et son conseiller diplomatique face aux médias, donnant même des consignes de modération à ses troupes. Cette fois, on note, sinon un durcissement, sans doute exigé par les circonstances, du moins une volonté de s'exposer en première ligne. Les dix morts d'Afghanistan sont passés par là. Et même si le ministre de la Défense, Hervé Morin, affirmait alors curieusement que la France n'était pas en guerre, il y a désormais une montée en puissance sur le front du terrorisme international.
Une zone de non-droit
Les attaques au lance-roquettes contre des chalutiers au large de la Somalie posent, quoi qu'il en soit, un problème de sécurisation de la zone. Mais la question est complexe car cette corne de l'Afrique en proie à l'affrontement de bandes rebelles est une véritable zone de non-droit. Les Américains ont vu ce qu'il leur en coûtait de vouloir la pacifier et ont rapidement plié bagages. En mer, des mesures devraient être prises en coopération avec d'autres pays dont les Etats-Unis. Mais, il ne peut être question de placer un navire de guerre derrière chaque embarcation même si certaines priorités peuvent être revues. En particulier pour la France dont certains bateaux sont stationnés à l'année dans le golfe de Guinée ou dans l'océan Indien.
08:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier, Somalie, pirates, piraterie, otages, Ponant
16.09.2008
Finances : l'épreuve de vérité
L'histoire se répète. Car Nicolas Sarkozy était déjà ministre délégué au budget d'Edouard Balladur alors Premier ministre lorsqu'il fut confronté à une crise financière mondiale qui n'était certes pas de même ampleur qu'aujourd'hui. Du coup, il lui fut ensuite reproché d'avoir fait preuve d'un grand laxisme budgétaire pour amortir la récession économique qui se profilait alors. Dans le contexte actuel, les marges de manoeuvre du chef de l'Etat sont encore plus faibles. Car elles ont été épuisées par le paquet fiscal mis en oeuvre au lendemain de son élection. De surcroît, les réactions négatives au financement du RSA qui a ponctionné les classes moyennes, en contradiction avec les promesses de la campagne électorale, montrent que la révolution conservatrice ayant permis l'élection de Nicolas Sarkozy s'accompagne désormais d'un rejet des impôts nouveaux. Certes, la revue générale des politiques publiques (RGPP) mise en oeuvre par le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant, devrait permettre d'économiser cinq à six milliards d'euros par an. Par ailleurs, le président estime depuis plusieurs mois que dans la tourmente mondiale, il convient de tenir bon et d'accélérer le rythme des réformes afin de bénéficier de la reprise mondiale, le moment venu. Il reste que parmi les réformes préconisées par le rapport Attali d'inspiration libérale, celles qui ont été accomplies n'étaient pas les plus difficiles. Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il perdu du temps avant de prendre la mesure de la crise financière qui révèle aujourd'hui la puissance du politique face à la mondialisation. En refusant contrairement aux préconisations de son Premier ministre d'afficher le recours à une politique de rigueur, le président de la République maintient les Français en état d'apesanteur par rapport à la réalité mondiale. En repoussant à plus tard cette épreuve de vérité, il risque de la rendre d'autant plus douloureuse.
08:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, Nicolas Sarkozy, crise financière, RSA, économie








