« lun 01 sep - dim 07 sep | Page d'accueil | lun 17 nov - dim 23 nov »
12.09.2008
La laïcité en question
En accueillant, avec Carla Bruni, le pape Benoît XVI, Nicolas Sarkozy se plie à la tradition suivie par ses prédécesseurs pour les visites antérieures dans l’Hexagone de Jean Paul II. Il reste que les propos du chef de l’État et ses échanges avec le souverain pontife seront scrutés par tous les défenseurs de la laïcité républicaine. Lesquels ne s’y retrouvent pas forcément dans les inflexions subtiles apportées depuis des mois par le président français au dogme de la séparation de l’Église et de l’État. Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait déjà entrepris d’institutionnaliser la représentation du culte musulman afin de substituer, disait-il, un islam officiel à l’islam des caves. Face à une communautarisation rampante, il agissait, toutes proportions gardées, comme certains pays arabes qui intègrent les Frères musulmans dans le jeu parlementaire pour mieux les canaliser. Lors de sa visite officielle en Arabie saoudite, en janvier 2008, il prononce un discours surprenant devant le Parlement où il déclare que la religion libère l’homme. L’élever eut été plus approprié. Quelques semaines plus tôt, dans son discours de Latran, où le chef de l’État évoquait la notion de « laïcité positive », il prévenait que la laïcité « n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Autrement dit, c’est à une forme de prosélytisme discret en faveur des religions que semble se livrer le président, comme s’il intégrait le regain d’adhésion qu’elles suscitent dans le pays. À commencer par la première d’entre elles, la religion catholique, dont le pape se réjouit qu’elle « prenne une part toujours plus active à la vie de la société ». Mais le passage cet été en Bretagne du dalaï-lama et la curiosité suscitée par le bouddhisme n’est pas non plus anecdotique. Sans doute la déliquescence du lien social et la précarisation croissante dans les sociétés modernes engendrent-elles des souffrances qui développent les croyances et la foi. L’attitude de Nicolas Sarkozy, formidable capteur de tendance, en est le reflet.
08:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Carla Bruni, Benoït XVI, Nicolas Sarkozy
11.09.2008
Les raisons d'un recul
Fantasme, désinformation : la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, dite MAM, ce qui en fait un peu la mère fouettarde du gouvernement, sait parfaitement manier la langue de bois quand la nécessité s'en fait sentir. Dans cette affaire du fichier Edvige, Nicolas Sarkozy a très vite compris qu'il y avait un risque de coagulation socialo-centriste qui risquait, de surcroît, d'ébranler son gouvernement. Car le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui pilote le groupe centriste allié à l'UMP, n'aurait pas réagi de la sorte s'il n'avait pas senti que le président du MoDem, François Bayrou, pouvait en faire son cheval de bataille. Certes, Morin ne constitue pas un point d'appui indispensable pour aider l'UMP à obtenir à l'Assemblée la majorité qu'elle détient déjà. En revanche, organiser le débat sur les libertés publiques au sein de la majorité permet d'éviter qu'il se tienne à l'extérieur. Inutile de donner aux socialistes la force qui leur manque aujourd'hui pour polariser l'opposition autour d'eux. C'est pourquoi les remontrances de François Fillon étaient-elles purement formelles et le Premier ministre s'est presque excusé auprès de son ministre de s'être aventuré sur un terrain aussi hasardeux. Car une fois de plus, Fillon a été désavoué par son chef en raison de nécessités purement tactiques. Après la réforme de l'ISF, la semaine passée, cela devient une habitude. Le président de la République a été d'autant plus prompt à recadrer l'action gouvernementale sur ce terrain glissant qu'il est soucieux de ne pas obérer la remontée qu'il amorce dans les sondages. Enfin, en ce 7 e anniversaire des attentats du 11-Septembre, on ne peut pas dire que les Français ressentent le danger terroriste aussi intensément que les Américains. La menace est présente surtout depuis notre engagement accru en Afghanistan. Mais les entorses au droit ne peuvent, au pire, être tolérées qu'en période de traumatisme national. Ce qui n'est plus le cas depuis les attentats de 1995.
08:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fichier Edvige, Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy, Hervé Morin, François Fillon, Hubert Coudurier
Un couple exécutif déséquilibré
Malgré les efforts déployés, en particulier pour donner à la présidence européenne une réelle consistance comme on l'a vu lundi en Russie puis en Géorgie, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy reste stable, c'est-à-dire négative. Du moins dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match, même si d'autres sondages traduisent une hausse, comme celui, publié hier, du nouvelobs. com qui le crédite de 11 points supplémentaires depuis juin. Le paradoxe d'un couple exécutif où le Premier ministre est plus populaire que le président, et ne lui sert pas de bouclier selon la tradition, perdure. Autrement dit, il y a autant de Français qui approuvent l'action de François Fillon (environ 56 %) que de Français qui désapprouvent celle de Nicolas Sarkozy (environ 58 %). Le chef de l'État a beau faire preuve d'un activisme diplomatique incontestable, lancer des réformes tous azimuts, brider son style bling-bling pour se représidentialiser, après avoir donné le sentiment de banaliser la fonction, rien n'y fait. Ou du moins la pente fatale de la première année du quinquennat est-elle particulièrement difficile à remonter. Il est vrai que les espoirs déçus sur le pouvoir d'achat et la morosité économique (récession, chômage qui risque de repartir à la hausse) ont un effet mécanique sur la cote des dirigeants dans toutes les démocraties occidentales. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy paie les fluctuations de son discours sur les impôts (du paquet fiscal à la taxe pour financer le RSA), au risque d'apparaître comme imprévisible. Le paradoxe est que François Fillon, qui semble partisan d'un plan de rigueur auquel ne veut pas se résoudre le président de la République, ce Premier ministre qui n'hésite pas à dire que la France est en faillite, en tire un crédit supplémentaire. Pas particulièrement heureux d'occuper le poste qui est le sien où il est régulièrement court-circuité, Fillon tente de donner le change. Mais cela ne trompe personne, sauf que son absence de poids sur les décisions le protège aussi dans l'opinion.
08:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, François Fillon, Hubert Coudurier








