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04.09.2008

Les raisons de la complaisance

Faut-il dialoguer avec un régime qui s’apparente à « la secte des assassins » ? Après avoir tendu la main au père Hafez, puis au fils Bachar, Chirac, furieux de l’assassinat de son ami Hariri, avait rompu les ponts. Aucune expérience n’étant réellement transmissible, Sarkozy répète l’exercice et finira sans doute par en tirer la même conclusion. Mais pour l’heure, quelques raisons plaident en faveur de l’ouverture sarkozienne alors que les Américains maintiennent leurs sanctions depuis 2003. Tout d’abord, les gestes symboliques de Damas, qui a finalement accepté l’élection du président libanais, le général Sleimane, et l’ouverture d’une ambassade à Beyrouth, considérée jusqu’alors comme simple préfecture de la Syrie. Nicolas Sarkozy a été encouragé dans ce sens par l’émir du Qatar, en passe de remplacer l’Arabie saoudite comme facilitateur régional, ce qui agace sérieusement les autorités de Ryad avec lesquelles François Mitterrand, puis Jacques Chirac, entretenaient des relations plus étroites. Depuis le sommet de Doha qui permit d’apaiser la crise libanaise, l’émirat se sent pousser des ailes comme en témoigne le sommet quadripartite réunissant, ce matin à Damas, l’émir du Qatar, le président français et le Premier ministre turc. L’occasion pour la France de se hausser du col dans une région où elle avait perdu toute influence, en profitant de la vacance du pouvoir aux Etats-Unis jusqu’à l’entrée en fonctions du successeur de George W. Bush, en janvier prochain. Un peu comme elle l’avait fait lors de la crise israélo-libanaise de 1996, qui vit le ministre Hervé de Charette faire la navette entre les capitales de la région. Enfin, aussi dictatorial soit-il, le régime de Damas présente l’avantage aux yeux des dirigeants français d’être laïc. Soutenir ainsi les derniers vestiges du nationalisme arabe à l’heure où l’islamisme progresse un peu partout, notamment en Egypte et en Israël, c’est faire le même pari que naguère avec les dirigeants algériens. « Eux, au moins, on les connaît », entendait-on à l’époque chez ces diplomates qui incarnent une vision avant tout conservatrice de l’histoire et auxquels Sarkozy donne partiellement raison malgré l’agacement que lui inspire le quai d’Orsay.

 

 

08:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, Nicolas Sarkozy, Syrie, Bachar el-Assad

03.09.2008

Les codes du pouvoir

Pas touche aux amis du Prince. Pour avoir laissé brièvement occuper la résidence secondaire en Corse de l’acteur Christian Clavier, le coordonnateur des services de sécurité, Dominique Rossi, qui n’avait pourtant pas démérité en matière de lutte contre la délinquance dans l’île de Beauté, a été brutalement limogé. Intraitable sur son propre pouvoir puisqu’à travers son ami, c’est lui que les nationalistes défient, Nicolas Sarkozy, comme tous les dominants, n’entend rien céder à personne. Il suffit de voir le sort réservé au secrétaire général de l’UMP, qui a perdu de sa superbe depuis quelques mois. Au vu du nombre déclinant des adhérents de l’UMP et du fonctionnement bloqué au sein du conseil général des Hauts-de-Seine en raison de ses différends avec les époux Balkany, le Président aurait laissé filtrer que décidément Patrick Devedjian avait une certaine propension à casser les jouets qu’on lui donnait. Formule évidemment injuste puisque c’est Sarko qui s’est appliqué à « casser » cet homme dont la liberté de ton commençait à l’agacer et auquel il voulait montrer qui était le patron. Le chef de l’Etat le lui avait d’ailleurs rappelé d’une phrase lors d’un petit-déjeuner à l’Elysée alors que le secrétaire général de l’UMP contrait ses arguments. Désormais encadré par une « armée mexicaine », Devedjian ne doit son maintien en fonction qu’au peu d’appétence de Brice Hortefeux pour le poste et aux réticences de Sarko à y nommer Xavier Bertrand. Autre cas typique de cette gestion des hommes à « la trique », le sort réservé à François Fillon. Alors que le Premier ministre demandait au groupe des sept ministres ayant la faveur du monarque de ne pas ébruiter leurs conciliabules à l’Elysée, Nicolas Sarkozy les encourageait, au contraire, à en donner le maximum de publicité. Et forçait le chef du gouvernement à désavouer sa ministre de l’Economie qui prônait une réforme de l’ISF que Fillon avait préalablement approuvée. Lequel commençait à peine à se remettre de sa sciatique...

 

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02.09.2008

Le président diplomate

Laissant au Premier ministre François Fillon le soin de gérer les contradictions de sa politique économique qui pourraient à terme devenir inextricables, le président de la République Nicolas Sarkozy se recentre depuis quelques semaines sur son domaine régalien que l’on appelait naguère réservé. La Constitution lui donne à cet égard une responsabilité particulière même si certains considèrent qu’elle est partagée avec le Premier ministre. Les événements ont par ailleurs décidé pour lui durant l’été : de l’ouverture des JO de Pékin à la mort de nos dix soldats en Afghanistan en passant par l’offensive russe contre la Géorgie. La responsabilité que lui confère la présidence européenne incitait par ailleurs le chef de l’Etat, outre son tempérament, à ne pas rester inactif. Il n’en demeure pas moins que sa marge de manœuvre demeure fort étroite. Les Chinois se sont contentés de promesses d’ouvrir des négociations avec le dalaï-lama, lesquelles ont été glaciales et n’ont pas mis fin à la répression qui s’abat au quotidien sur le Tibet.
On l’a également constaté hier, lors du sommet de Bruxelles qui a écarté toute sanction contre la Russie et reporté la plupart des décisions au prochain sommet prévu à la mi-novembre à Nice. Sur l’Afghanistan il était difficile de ne pas y aller sans être ravalé au rang d’une puissance de troisième zone. Mais comme le disait justement le chef d’état-major des armées avant de se voir imposer un accroissement des effectifs, c’est un « merdier ingérable ». Encore heureux que Chirac nous ait évité l’aventure irakienne ! Quant à la normalisation des relations avec Damas, à la veille du voyage de Sarkozy en Syrie, l’expérience prouve que ses dirigeants ne sont pas fiables et déçoivent toujours les meilleures volontés du monde. Au total on ne peut reprocher au président français de jouer sa partition à travers cette intense activité diplomatique. Mais il faut être conscient que la politique étrangère ne rapporte rien dans l’esprit des Français : elle peut juste contribuer en cas de gaffe, à faire chuter les hommes politiques de leur piédestal.

14:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : François Fillon, Nicoals Sarkozy

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