« lun 14 jui - dim 20 jui | Page d'accueil | lun 06 oct - dim 12 oct »
25.07.2008
Hervé Morin le supplétif
Hervé Morin a eu l’intelligence ou l’opportunisme, selon le point de vue que l’on adopte, de négocier son ralliement à Nicolas Sarkozy quand François Bayrou s’enfermait dans une posture d’opposant intransigeant. « Soit tu soutiens Sarko, soit tu passes un accord avec le PS », a-t-il lancé au président de l’UDF qui ne voulait pas choisir. Et du coup, Morin a décidé d’incarner un groupe parlementaire issu de l’UDF alors que Bayrou n’a plus de troupes. Certes, c’est un dispositif d’appoint qui ne peut prétendre au rôle de parti charnière puisque l’UMP dispose de la majorité à elle seule. Mais Morin ne désespère pas d’influencer le parti majoritaire et dit à Fillon que tant qu’à avoir sauvé ce groupe centriste, autant le laisser exister. Ce rôle de supplétif, il l’exerce également à la tête du ministère qui est le sien puisque toutes les décisions se prennent à l’Elysée. Rien d’anormal d’ailleurs puisque le Président est chef des Armées même s’il laisse le soin au Premier ministre, responsable des arbitrages, de dévoiler les conséquences de la réforme qu’il avait soigneusement dessinée. Après quelques couacs de départ qui pouvaient faire douter de sa longévité au sein du gouvernement notamment sa phrase sur l’incapacité de Dassault à exporter son Rafale, le ministre, jugé un peu « dilettante », a trouvé son rythme de croisière et approfondi sa connaissance des dossiers. Cette réforme que les militaires attendaient se traduira par une économie de deux milliards d’euros par an, déduction faite des coûts de restructuration. On ne peut pas dire qu’elle ait été réalisée sur des critères politiques puisque l’Est, région à dominante sarkozyste lors du scrutin presidentiel, est la plus durement touchée tandis que des hauts responsables socialistes, tel François Hollande, sont épargnés dans leur circonscription. Et le gouvernement montre qu’en l’occurrence, l’aménagement du territoire n’est pas mort. Au total, le supplétif démontre qu’il est parfois plus efficace de rentrer dans le rang. Hubert Coudurier
08:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hervé Morin, Défense nationale
24.07.2008
Pas de refuge pour les criminels
Avec l’arrestation de l’ultra-nationaliste serbe de Bosnie, Radovan Karadzic accusé de génocide et de crimes contre l’humanité, la justice internationale a de nouveau marqué des points. On se souvient de la saga du procès Pinochet, poursuivi et arrêté à Londres en octobre 1998, à la suite du mandat lancé par le juge espagnol Baltasar Garzon. En avril 2008, l’ancienne procureure internationale Carla Del Ponte accuse le premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, de trafics d’organes sur des prisonniers serbes. Au Rwanda, la vérité sur le déclenchement du génocide résultant de l’affrontement entre les Tutsis et les Hutus a été en partie dévoilée par le tribunal installé à Arusha. Désormais, la Justice n’a plus de frontières et une Cour pénale internationale ne s’interdit aucune investigation. De surcroît les institutions étatiques ont du mal à s’y opposer. La preuve : un juge chargé de l’enquête sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer, à Abidjan en 2004, a saisi hier à l’Elysée un dossier le concernant. C’est que le magistrat souhaite entendre, comme témoin dans cette affaire, l’épouse du président ivoirien, Simone Gbagbo. Laquelle fut un temps soupçonnée de superviser des « escadrons de la mort » ayant éliminé des opposants au régime. Et d’avoir couvert des personnes de son entourage qui auraient commandité le meurtre du journaliste. Lequel enquêtait d’un peu trop près sur la corruption au sein de la filière cacao. Du coup, après avoir auditionné l’ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, le juge que l’on présente comme une sorte de « Don Quichotte », envisage de se rendre en Côte-d’Ivoire. La démarche est pour le moins incertaine mais la mondialisation prive aussi les criminels de refuge.
08:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Radovan Karadzic, Bosnie, Serbie, Tribunal international








