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27.06.2008
Sarkozy est-il en guerre contre la presse ?
Malgré l’annonce d’Etats généraux à la rentrée, Nicolas Sarkozy s’est lancé dans un combat de longue haleine contre la presse. Ou du moins contre celle qui entrave, selon lui, l’action de réforme entreprise par des critiques incessantes sur sa méthode et sa personnalité. Il est vrai qu’aucun homme politique de droite n’a été aussi attaqué au point que certains commencent à parler de contre-révolution. Comme s’il fallait tester ses capacités de résistance à l’adversité si l’on en juge par le déferlement d’articles et de livres qui lui sont consacrés. De surcroît, après la sortie du livre d’Anna Bitton sur « Cécilia » qui dévoilait sa part d’ombre et l’affaire du SMS révélé par Airy Routier, l’Elysée avait décidé de donner un coup d’arrêt en intentant une procédure judiciaire finalement abandonnée. Ni Mitterrand ni Chirac ne l’avaient fait par le passé. Récemment, la couverture du Point sur « Sarkozy et les psys » a été très mal vécue. De même, l’Elysée ne se prive pas, par l’intermédiaire du porte-parole de l’UMP Frederic Lefebvre, de s’en prendre à l’AFP.
Notamment quand l’agence est accusée de minimiser certains événements comme la condamnation judiciaire de Ségolène Royal par les prud’hommes. En s’attaquant au service public de la télévision, privé de pub à partir du 1 er janvier prochain, le Président est passé à la vitesse supérieure. Faute de posséder lui-même, à l’exemple de Silvio Berlusconi, des chaînes de télévision, encore que l’un de ses collaborateurs s’active désormais sur le net, Nicolas Sarkozy rabote les ailes de France Télévisions. Non seulement, il décide d’en nommer lui-même les futurs dirigeants, ce qui est un retour en arrière au temps de l’ORTF. Mais, il prive ce gigantesque paquebot de recettes qui ne seront que partiellement compensées. Tout en favorisant l’essor des chaînes privées où il compte de nombreux obligés. Sans doute le chef de l’Etat n’a-t-il pas tort de dénoncer le procès d’intention qui lui est fait régulièrement comme si son ambition n’était pas d’adapter le pays à la compétition mondiale. Il reste que sa gestion autoritaire et sa remise en cause d’une certaine « exception française » sont parfois douloureusement ressenties.
09:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicoals Sarkozy, Silvio Berlusconi, presse, AFP
25.06.2008
Proche-Orient. L'économie au service de la paix
Au dernier jour de son voyage au Proche-Orient Nicolas Sarkozy a rencontré, hier, le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il reste convaincu que le chemin de la paix passe par le développement de la région.
Les services de sécurité en uniformes noirs sont déployés autour de la résidence de Bethléem du président de l'Autorité palestinienne. « Les Palestiniens ont besoin d'avoir à leur tête un homme de paix, pas de guerre », déclare Nicolas Sarkozy, sur la tribune à côté de Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen. Discrète allusion à son prédécesseur Yasser Arafat qui ne sut pas saisir l'opportunité historique des Accords d'Oslo, sans doute pour avoir toujours vécu en chef de guerre. Dans sa réponse, Abbas souligne le courage du président français, utile à une région qui a, selon lui, besoin d'hommes de sa trempe. Il l'invite d'ailleurs avec sa femme Carla à passer la prochaine nuit de Noël à Bethléem.
La nécessité d'un Etat palestinien
« Si les Israéliens nous donnaient la moitié de ce que propose Nicolas Sarkozy, nous serions ravis », glisse Yasser Abed Rabo, le conseiller spécial du chef palestinien. À la Une du quotidien israélien Al Quds figurent les principaux points de l'intervention du Français la veille à la Knesset : outre l'Etat palestinien, le gel de la colonisation, la question des réfugiés et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats. C'est sur ce dernier point que la droite israélienne a manifesté sa mauvaise humeur. La veille, lors de la réception de la communauté française à l'hôtel King David, certains s'interrogeaient sur la propension du président français à leur faire la leçon alors qu'il avait précisément tenté de désamorcer les critiques sur ce point.
Un Etat binational ?
Toutefois, les Palestiniens eux-mêmes ne se font guère d'illusion. « Je ne crois plus beaucoup à un Etat palestinien, indépendant et souverain, analyse l'universitaire Amjad Shahab, professeur de sciences politiques et conseiller d'Ahmad Qoreï. « Je crois qu'il y aura un Etat binational car on est enraciné ici. Ils ne peuvent pas se débarrasser de nous et vice versa. Les Israéliens sont néanmoins les plus forts et ils tiennent tout ». Comme tous les universitaires palestiniens souvent cultivés et formés à l'étranger, Amjad s'exprime sans détour. Il reconnaît que Mahmoud Abbas, qui était l'opposant de Yasser Arafat, n'a pas fait grand-chose depuis son élection pour enrayer le chômage et la chute du niveau de vie en Cisjordanie. Sans même parler de la prise de pouvoir des Islamistes du Hamas à Gaza, où l'autorité palestinienne s'est effondrée, rongée par la corruption.
Dynamiser l'économie de la région
Quelques heures auparavant, s'exprimant devant des chefs d'entreprise, Nicolas Sarkozy appelait à un renforcement des relations franco-israéliennes qui ont régressé depuis les années 90. « Il faut qu'on en fasse plus autour des petites entreprises et de grands projets pour la région auxquels il faut associer la Jordanie et l'Autorité palestinienne. Ainsi, les politiques pourront construire sur du solide. Sur la misère et le sous-développement, on ne construit que la guerre », dit-il. Des voeux pieux sans doute mais qui semblent satisfaire l'assistance. Le président français estime que les Israéliens et les Palestiniens ont suffisamment souffert de leur affrontement sans fin pour ne pas prendre le risque de la paix. Or, les Israéliens semblent vouloir bouger. Le Premier ministre Ehud Olmert qui pourrait bien être remplacé à son poste par le chef de l'opposition, Benjamin Netanyahu, place visiblement quelques espoirs dans la présidence française de l'Union européenne. C'est en effet sa dernière carte avant une éventuelle éviction. Même s'il n'est pas question d'une poignée de mains entre Olmert et le Syrien el-Assad lors du sommet de l'Union pour la Méditerranée à Paris le 13 juillet prochain.
08:52 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Proche-Orient, Nicolas Sarkozy, Mahmoud Abbas, Palestiniens, Israéliens, Jérusalem, Gaza
24.06.2008
La main tendue de l’ami français
En intervenant devant les députés israéliens, Nicolas Sarkozy peut espérer replacer la France au centre du processus de paix au Proche-Orient. Renforcé par la présidence de l’Union européenne qu’il exercera à partir du 1e r juillet, Nicolas Sarkozy voulait faire un coup pour son discours devant la Knesset. Etre à l’origine d’une initiative qui rappellerait l’audace de François Mitterrand en 1982, demandant ici même aux Israéliens d’accepter le principe d’un Etat palestinien. Ce qui est aujourd’hui le cas, même s’il a été vidé de sa substance. Volonté également d’apparaître comme le promoteur d’une relance du processus de paix dans l’interrègne courant jusqu’à la désignation du nouveau président américain en novembre prochain. Bref, profiter d’une fenêtre de tir de quelques mois favorisée par la montée des tensions dans la région avec les menaces de bombardements sur l’Iran qui suscitent une légitime inquiétude. Sensible et épris de réconciliation Dans une superbe intervention écrite par le parolier Henri Guaino et le conseiller diplomatique Jean-David Lévitte à laquelle il aurait ajouté sa patte personnelle, le chef de l’Etat a donc fait la preuve de ses talents d’avocat de la paix. Intervention brillante et sincère car elle touche au fond la part intime d’un homme qu’on se plaît à décrire comme cynique et brutal, mais qui est aussi sensible et épris de réconciliation, donc toujours prêt à endosser le rôle d’arrangeur, chargé de faire mûrir les compromis quand tout a échoué. Numéro d’équilibriste En rappelant l’horreur de la Shoah, les valeurs universelles des prophètes d’Israël et le besoin de sécurité d’un État qui vient de fêter son 60 e anniversaire, Nicolas Sarkozy ne risquait guère d’être démenti, lui qui est ici perçu comme un ami en rupture avec une diplomatie française traditionnellement pro-arabe. Mais sans vouloir se poser en donneur de leçon et en réclamant l’arrêt des colonies juives (même s’il a gommé de son discours les adjectifs « immédiat » et « total »), en évoquant Jérusalem capitale de deux Etats ou encore le problème des réfugiés palestiniens, le président français a surpris son auditoire par son numéro d’équilibriste. Certains diront que ce romantisme ne cadre plus avec un conflit enkysté dans la haine, où le Hamas, maître de Gaza, estime avoir remporté une victoire en obtenant une trêve, alors que l’autorité palestinienne, totalement démoralisée par la poursuite des implantations juives en Cisjordanie, ne règne plus que sur elle-même. Au point d’envisager de rendre les clés à l’Etat hébreu qui depuis l’échec des accords d’Oslo, n’a cessé d’imposer un rapport de force totalement déséquilibré aux Palestiniens. Lesquels, en partie à cause d’Arafat, ont tout perdu des concessions que les Israéliens leur avaient faites. Le risque d’être démenti Toutefois, en déplaçant sur la scène internationale son pari de l’ouverture selon lequel « le fort ayant gagné toutes les guerres doit triompher de la paix » et donc tendre la main, Nicolas Sarkozy ne prend aucun risque. Sinon, celui d’être démenti par les événements après avoir apporté sa contribution aux règlements d’une question insoluble et d’avoir replacé, l’Union pour la Méditerranée aidant, son pays au centre d’un processus dans lequel il ne jouait plus aucun rôle.
08:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Palestine, Proche-Orient, Nicolas Sarkozy








