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30.05.2008

Hollande veut sortir de la confusion

L’affrontement quasi programmé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë donne l’occasion à François Hollande, dont la succession est annoncée, de se poser en juge de paix dans une tribune au Monde.

Laquelle définit un cap pour réussir le congrès de Reims dont Hollande espère, par une de ses synthèses dont il a le secret, tirer son épingle du jeu. Sortons d’abord d’une idée reçue qui consiste à considérer que le premier secrétaire du PS n’a pas de charisme. C’est exactement l’inverse puisqu’il est le plus brillant et celui qui a le plus d’humour. Ségolène Royal, elle, n’a pas de charisme au sens où elle n’est pas en apparence d’une intelligence foudroyante. Les témoignages sur sa personnalité la décrivent comme une femme dure et ne versant pas dans le sentimentalisme. En revanche, elle apparaît courageuse, intuitive et développe une approche quasi mystique de la politique, qui était perceptible à la fin de sa campagne. D’où l’empathie qu’elle crée sur sa personne et qui ne se porte pas sur son ancien compagnon. C’est que François Hollande dit des choses intelligentes mais on ne sent guère sa souffrance à fleur de peau comme Ségolène Royal. L’homme a raison de vouloir en revenir au débat d’idées, ce qu’il appelle « une offensive idéologique » pour clarifier cette période de « transgression et de confusion ». C’est Laurent Fabius qui, le premier, a choisi la transgression en prônant le « non » au référendum européen. Puis Nicolas Sarkozy a enchaîné avec l’ouverture. Et maintenant, c’est le bouquet avec Bertrand Delanoë qui se prononce en faveur du libéralisme, même s’il joue au plus malin en se limitant au libéralisme politique. Selon Jean-Louis Bianco, resté fidèle à Ségolène, « la montée de l’envie d’un leader fort » se manifeste au sein du Parti socialiste, malgré la peur d’un Congrès de Rennes bis (où les courants s’étaient déchirés). Autant dire que les prochaines échéances (désignation du premier secrétaire puis du candidat à la présidentielle), révèleront la force des caractères autant que la force des idées.

09:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, François Hollande

27.05.2008

Darcos ou la révolution tranquille

Le projet de service minimum dans les transports était l’une des mesures emblématiques de la campagne présidentielle. En annonçant sa mise en œuvre à brève échéance, Nicolas Sarkozy a détourné l’attention des médias des suppressions de postes dans la Fonction publique, lesquelles sont nécessaires pour redynamiser l’économie et restent modestes dans le domaine de l’enseignement (11.000 postes) eu égard à l’ampleur des effectifs. Mais elles constituent néanmoins un point de fixation pour les syndicats qui ne cessent de réclamer des moyens supplémentaires. Et cela alors même que la qualité se dégrade du fait de la massification de l’Education nationale et d’une hiérarchie des valeurs ayant profondément évolué depuis Jules Ferry. Or, l’application à l’école du service minimum est très populaire tant les parents sont exaspérés par les absences à répétition de certains professeurs. Xavier Darcos, qui s’ennuyait ferme sous la férule de Luc Ferry dans le gouvernement Raffarin, apparaît comme une révélation du casting de Nicolas Sarkozy. Lequel ne tarit pas d’éloges sur lui, phénomène assez rare pour le souligner. Sans céder aux provocations d’un Allègre qui voulait « dégraisser le mammouth », Darcos ne cède rien aux pressions purement corporatistes et remet à l’ordre du jour les fondamentaux, tel l’apprentissage de la grammaire. Il dit les choses calmement et pointe la politisation de certains slogans à l’université dont les jeunes ne peuvent que faire les frais en étant instrumentalisés par des combats qui ne sont pas les leurs. Darcos apparaît déjà comme l’artisan d’une révolution tranquille pour laquelle les esprits sont prêts.

08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Xavier Darcos, Nicolas Sarkozy, fonction publique