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23.05.2008
Delanoë, l’homme de la rupture
Et si l’homme de la rupture s’appelait Bertrand Delanoë. En rendant hommage dans son livre (1) à Lionel Jospin, Claude Estier et Daniel Vaillant, il dit adieu à ses parrains en politique et tourne le dos au vieux socialisme qui a multiplié les défaites à l’élection présidentielle depuis 1995. Ceux qui estiment qu’il n’a pas lâché la main de Jospin n’ont rien compris. C’est, à l’inverse, les partisans de la synthèse qui sont les nostalgiques d’une époque révolue à l’heure ou les clivages s’accentuent. François Mitterrand avait pris le parti par la gauche en s’appuyant sur les communistes. Puis il avait mené une politique sociale-démocrate (désindexation des salaires sur les prix, privatisations, libéralisation des marchés financiers...). Ségolène Royal eut l’intuition que le PS devait s’allier au centre pour épouser cette mue idéologique lui ayant fait accepter l’économie de marché sans le dire. Delanoë va encore plus loin et déborde sur sa droite en s’affichant socialiste et libéral au sens historique du terme. « On peut préférer les économies dirigées : elles ne marchent pas. Je préfère les économies régulées », dit-il insistant surtout sur son libéralisme sociétal qui lui fait rejeter les tests ADN et l’actuelle politique du gouvernement en matière d’immigration. Car il y a un sens tactique indéniable quoiqu’il en dise dans cette posture à la Mendès qui voudrait incarner une avancée sur le fond sans se déclarer ouvertement candidat au poste de premier secrétaire puis à la présidentielle. Bertrand Delanoë vante ses qualités de manager dans la capitale et se targue d’y avoir pratiqué la démocratie participative avant Ségolène Royal. Il prône un congrès de clarification idéologique sortant des approximations de sa rivale. Il est devenu incontournable.
1. « De l’audace ». Bertrand Delanoë (entretiens avec Laurent Joffrin). Robert Laffont, 20 €.
08:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bertrand Delanoë, Lionel Jospin
22.05.2008
L’Elysée, citadelle assiégée
En voulant humilier le Premier ministre, François Fillon, qui ne l’aurait pas assez soutenu contre ceux qui l’attaquaient, mais aussi le président du groupe parlementaire UMP, Jean-François Copé, accusé de ne pas tenir ses troupes, ainsi que le secrétaire général du parti, Patrick Devedjian, rendu responsable de la déroute des municipales, le chef de l’Etat a pris un risque inutile qui a conduit, hier, ses proches à un rétropédalage laborieux.
En effet, les réformes en cours, que ce soit sur les institutions, la loi sur la modernisation économique, l’ajout d’une année supplémentaire pour les cotisations de retraite ou les suppressions de postes dans la Fonction publique, supposent un effort de pédagogie et une unité sans faille de la majorité. Or, la création d’une task force réunissant Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Nadine Morano, Laurent Wauquiez et Xavier Darcos n’est pas d’une grande habileté puisqu’elle marginalise les autres ministres, à commencer par le premier d’entre eux dont on dit désormais que le Président ne le supporte plus. Et pourquoi donc, si ce n’est que le chef du gouvernement a eu l’insolence de dépasser le chef de l’Etat dans les cotes de popularité ? Si l’on a pu, par le passé, considérer que l’accusation de dérive monarchique était quelque peu excessive, il y a là comme l’instruction méthodique d’un crime de lèse-majesté qu’une partie de la presse, toujours aussi moutonnière, s’est empressée de relayer. Or, les trois hommes, dont deux (Copé et Devedjian), ont déjà fait ouvertement alliance, constituent un triangle incontournable pour l’équilibre de la majorité que les manœuvres de contournement actuelles risquent d’encourager à la rébellion. Laquelle a été maladroitement exagérée lors du vote sur les OGM dont l’interprétation aurait pu être circonscrite à un problème de procédure. Ainsi, en donnant l’impression de vouloir régler des comptes, l’Elysée s’est mis dans la position inconfortable d’une citadelle assiégée avec un Président soucieux de couper toutes les têtes qui dépassent. D’où les propos apaisants pour calmer le jeu.
10:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : François Fillon, Jean-François Copé, Patrick Devedjian, réformes
21.05.2008
Sarkozy fait le deuil de sa popularité
09:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pêcheur, Sarkozy
20.05.2008
Palestine : la France peut-elle déplacer les lignes ?
08:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Kouchner, Claude Guéant, Yasser Arafat








