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30.12.2008
L’étau islamiste autour d’Israël
08:41 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Olmert, Tzipi Livni, Ehoud Barak, Hezbollah, Bande de Gaza, TsahalHamas
24.12.2008
Brésil. Nicolas Sarkozy affiche la sérénité
Alors que la presse se préoccupait surtout de l'élégance de Madame, Nicolas Sarkozy a poursuivi hier son séjour brésilien en signant de précieux contrats.
Dans l'édition brésilienne de Marie-Claire, elle confie : « Je ne suis plus une croqueuse d'hommes ». « Carlita » fête aujourd'hui ses 41 ans et la presse brésilienne s'extasie sur les sandales qu'elle arborait la veille au concert de lancement de l'année de la France au Brésil, en présence de Gilberto Gil et Charles Aznavour. Le lendemain, la première dame assistait à un défilé « ethnique » à la mode « favela ». N'en déplaise à l'opposition qui stigmatise la vacance du pouvoir, le couple va séjourner jusqu'au 30 décembre dans la propriété d'un ami du père biologique de Carla. Du côté de Salvador de Bahia, laisse-t-on entendre chez les Brésiliens, l'Élysée restant d'une remarquable discrétion sur la question. Toutefois, le chef de l'État reviendra le 7 septembre dans la capitale Brasilia afin de fêter l'anniversaire de l'indépendance du pays. Entre-temps, 700 événements auront été organisés dans quatorze villes, notamment des opéras lyriques à Manaus ou des expositions d'impressionnistes. Une école de samba défilera lors du carnaval de Rio en février prochain sur le thème de l'histoire de France.
La méthode Sarkozy
Dans le « Jornal do Brasil », une caricature montre le président Lula s'adressant ironiquement à son homologue français : « Eh ! Les amis, vous êtes venus pour les affaires ou pour flirter ? » Il reste que le partenariat stratégique conclu entre les deux pays a pris une réelle consistance avec six milliards de contrats signés, entre hélicoptères et sous-marins, soit le double des contrats d'armement décrochés au cours de l'année écoulée (lire ci-dessous). Le chef de l'État semble satisfait de ce dernier voyage en tant que président de l'Europe qui lui permet de souligner le rôle accru du Brésil en matière d'intégration régionale. Nicolas Sarkozy applique toujours la même méthode. Il flatte ses interlocuteurs en vantant allègrement leurs mérites.
Les vertus d'un monde multipolaire
Après avoir été le meilleur allié de l'Amérique, il redécouvre les vertus du monde multipolaire au sein duquel le Brésil doit être reconnu, selon lui, à hauteur de son poids grandissant. Les règles contraignantes que le pays s'impose en matière de déforestation sont citées en exemple. Tout comme le formidable laboratoire de biodiversité représenté par l'Amazonie. Ainsi que la nécessité d'associer le pays à la refondation du système financier international, même si, comme tous les pays émergents, il est largement resté à l'écart de la crise. Nicolas Sarkozy qui entend multiplier les voyages en Amérique latine, en particulier au Mexique, l'autre grand du continent latino, estime que 2009 opposera les partisans de l'immobilisme à ceux du mouvement. Une petite musique bien connue. Dans une dialectique qui rappelle celle des années 60 en faveur d'un nouvel ordre mondial, il s'associe naturellement aux coups de boutoir des pays du Sud contre ceux du Nord. De Gaulle pratiquant le jeu de la bascule entre les blocs n'agissait pas autrement, même si ses tournées en Amérique latine s'étalaient sur plusieurs semaines.
« Une France éruptive »
2009 sera néanmoins marquée par le retour aux réalités sur la scène intérieure française. Inquiet d'une crise sociale qui l'a conduit à repousser la réforme des lycées, laquelle pouvait servir comme en Grèce de détonateur, Nicolas Sarkozy feint la sérénité. Beaucoup estiment néanmoins son équipe sous-dimensionnée pour affronter les turbulences à venir. « Je ne pense pas que la France soit fragile mais éruptive », aurait-il affirmé selon une source bien informée à l'Élysée.
09:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Lula, Gilberto Gil, Hubert Coudurier
23.12.2008
Brésil. Un insolent optimisme
Le soleil brille pour le Brésil malgré la crise ou l’adaptation à la mondialisation. Les indicateurs économiques sont au vert et le président Lula en accueillant son homologue français peut afficher un sourire plein d’optimisme.
C’est l’été en hiver à Rio de Janeiro. Aussi, la plage d’Ipanema ne désemplit guère, même durant la semaine, surtout quand le soleil reparaît. Entre adeptes du football et beautés métissées en string, le pays affiche sa joie de vivre et son insolente santé. Car le Brésil, fort de sa croissance et d’un endettement fortement réduit, voit l’avenir avec insouciance. Et le président Lula peut se targuer d’être déjà entré dans l’Histoire. Sous sa férule, le parti des travailleurs (TP) a abandonné ses oripeaux marxistes. Ce petit homme barbu, surgi du syndicalisme, a également consolidé l’alternance et entrepris d’éradiquer la misère par un système de bourses dont bénéficient onze millions de Brésiliens.
Deux millions d’emplois créés en un an
Certes, les écarts de revenus demeurent énormes et les favelas qui surplombent les plages à flanc de collines sont là pour le rappeler. Il n’est pas rare qu’après des descentes de police dans ces quartiers tenus par les trafiquants de drogue, lesquelles se soldent généralement par plusieurs morts, les gangs fassent irruption dans la ville afin de régler leurs comptes. Pour autant, contrairement à la vieille Europe, le Brésil affronte la mondialisation sans inquiétude. « Nous avons créé deux millions d’emplois depuis un an et nous ne succombons pas au pessimisme malgré la crise. Nous en sortirons plus forts », constate le président Lula devant les hommes d’affaires français et brésiliens qui participent au deuxième sommet Union européenne-Brésil. Avec une inflation désormais contrôlée et de bonnes réserves de change, le pays peut s’enorgueillir d’être devenu créditeur net. « Nous avons reçu un satisfecit des agences de notation qui ont fait faillite », ironise même Lula, comme si la crise financière mondiale lui était désormais indifférente.
L’effet de mode du Brésil
Le président brésilien n’en salue pas moins son homologue français comme « l’homme le plus optimiste du monde » et, face à ce géant dont l’appétit semble sans limite, Nicolas Sarkozy tempère les reproches de protectionnisme traditionnellement faits aux « 27 » : « Je sais que les Brésiliens sont inquiets pour leur agriculture. Mais leurs exportations ont été multipliées par trois en Europe », note le Français, qui achève sa présidence européenne en soulignant que « l’Europe croit en vous, à votre culture, à votre amour de la vie ». Dans ce pays, où la chambre de commerce franco-brésilienne fut créée en 1902, les liens sont anciens, même si la communauté française reste modeste (30.000 personnes). Trente-huit sociétés du CAC 40 sont néanmoins présentes au Brésil, qui connaît un effet de mode comme naguère Marrakech : Jean-Paul Gaultier, Alberto Pinto et Paco Rabanne viennent, en effet, s’y ressourcer.
L’effet Carla
C’est pourquoi « l’effet Carla », qui redécouvre ici ses racines paternelles, joue à plein. Deux pages en ouverture du « Jornal do Brasil » y expliquent que la première dame découvre aujourd’hui la favela Pavao-Pavaozinho. Auparavant, Carla Bruni-Sarkozy s’était rendue dans un hôpital du centre de Rio pour visiter une banque de lait maternel destinée à éviter la contamination aux enfants dont la mère est atteinte du sida. Pour celle qui est devenue ambassadrice mondiale des mères et des enfants victimes de la pandémie, on ne pouvait trouver mieux.
Hubert Coudurier
11:18 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brésil, Rio de Janeiro, Lula, Sarkozy, favelas, Hubert Coudurier
22.12.2008
Diplomatie. Sarko le Brésilien
Nicolas Sarkozy arrive aujourd’hui à Rio de Janeiro, pour une visite officielle de deux jours. La France compte séduire ce géant stratégique qu’est le Brésil. Plusieurs contrats dans le domaine de la Défense devraient être signés.
La fin d’année s’annonce brésilienne pour Nicolas Sarkozy puisque le président français sera l’hôte de ce pays grand comme seize fois la France, à l’occasion du sommet UE-Brésil, à Rio de Janeiro, où il débarque ce matin avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui le suit désormais partout bien docilement.
Chez le père biologique de Carla Bruni
Mais la visite officielle du chef de l’État sera prolongée par un séjour privé chez le père biologique brésilien de Carla Bruni-Sarkozy, qui fut élevée par son père adoptif italien. Les retrouvailles sont anciennes mais il y a là comme la symbolique d’une réconciliation, qui permet à Nicolas Sarkozy de découvrir un pays neuf qu’il ignore largement et qu’il va s’employer à « draguer » comme l’homme politique sait si bien le faire.
Hommage à Lula
Après Sarko l’Américain, la saison 2 du sarkozysme présidentiel devrait donc nous offrir la séquence Sarko le Brésilien. L’épisode est intéressant en ce que le président Luiz Inacio Lula Da Silva est une figure emblématique des pays émergents que Jacques Chirac soignait particulièrement. Nicolas Sarkozy lui rend d’ailleurs hommage dans une interview au grand quotidien Folha de Sao Paulo : « La contribution du Brésil au sein du G 20 est décisive : elle est exigeante, car le président Lula est un homme de conviction qui sait toujours faire valoir ses arguments avec force et détermination, et elle est consultative car le président Lula est avant tout un homme de modération et de dialogue », dit-il. Et le président français de souligner l’audace d’un pays qui a su devenir leader mondial dans l’utilisation des bio-carburants, notamment par la production d’éthanol, mais apparaît également comme un facteur de stabilisation sur le continent latino-américain où il fait figure de géant avec ses 130 millions d’habitants. L’intégration encore timide se manifestant par des structures de dialogue politique comme l’Unasul ou un Conseil de défense interétatique.
Sous-marins et hélicoptères
C’est d’ailleurs dans ce domaine que la France, qui partage à travers la Guyane sa plus grande frontière avec un pays étranger, entend apporter au Brésil sa valeur ajoutée. Avec 8.500 kilomètres de côtes et ses eaux territoriales où plongent une centaine de plateformes pétrolières, le Brésil, qui fut pendant vingt ans une dictature militaire, n’a pas les moyens d’une protection efficace. D’où la volonté de la marine brésilienne d’acquérir un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire et quatre sous-marins Scorpene à propulsion diesel, accord qui sera entériné lors de cette visite du président français. Comme c’est aujourd’hui souvent le cas, la France a accepté de larges transferts de technologie qui seront fournis par le groupe DCN-Thalès, notamment pour la coque et l’informatique embarqué. Paris apportera également son aide aux constructeurs brésiliens associés à Eurocopter pour la livraison de 51 hélicoptères Super Cougar ainsi qu’une assistance aux programmes nucléaires brésiliens. Le Rafale est aussi en lice pour le renouvellement de la flotte brésilienne d’ici à une quinzaine d’années. Un enjeu majeur pour Dassault qui n’arrive décidément pas à exporter son avion.
De notre envoyé spécial à Rio, Hubert Coudurier
08:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicoals Sarkozy, Brésil, Lula
19.12.2008
Sarkozy culpabilise la gauche
Piqué au vif par les pancartes des élus socialistes dénonçant la télé sarkozyste en clôture du débat sur l’audiovisuel public, Nicolas Sarkozy, en déplacement dans les Vosges, n’a pas pu s’empêcher de déplorer le « blocage systématique » de l’opposition.
C’est pourtant de bonne guerre et on se souvient avec quelle virulence la droite se distinguait au Palais Bourbon lors du premier mandat de François Mitterrand. Tels des voltigeurs, des hommes comme Jacques Toubon, Michel Noir ou François d’Aubert se relayaient à l’Assemblée et ne reculaient devant aucun excès verbal. Alors que la droite semble durablement installée au pouvoir, du moins depuis 1995, le président de la République ne peut s’empêcher de pousser son avantage en culpabilisant l’adversaire socialiste. Lequel apparaît fort affaibli par ses déchirements internes, que l’élection de Martine Aubry au poste de Premier secrétaire du PS a aggravés. Et aussi son incapacité à fixer un cap idéologique, hésitant entre l’alliance au centre et le coup de barre à gauche. Enfin, l’ouverture qui devrait se poursuivre avec l’entrée au gouvernement de nouveaux ministres, comme Claude Allègre, décrédibilise encore un peu plus le PS. C’est ce qui rend Nicolas Sarkozy si sûr de lui, malgré les difficultés économiques et sociales résultant de la crise financière mondiale. La gauche ne le menace donc pas vraiment. Son baroud d’honneur sur la télévision publique sera d’ailleurs vite oublié. Et en reculant sur la réforme des lycées ou le travail du dimanche, le chef de l’État évite soigneusement d’alimenter les braises d’une révolte sociale par ailleurs improbable dans une période où l’opinion est inquiète. « Réformes inutiles, bâclées et bourrées d’injustices », tonne en vain le président du groupe parlementaire socialiste Jean-Marc Ayrault. La gauche a perdu la main.
08:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Martine Aubry, assemblée nationale
18.12.2008
Sabeg ou le modèle républicain
Au fond, Nicolas Sarkozy est plus un homme de tradition et de synthèse qu'il veut bien l'admettre. Il y avait quelque paradoxe à promouvoir la discrimination positive, injuste dans son principe, alors que les États-Unis l'ont peu ou prou abandonnée et que l'élection d'Obama, mal interprétée en France, apparaît d'abord comme celle d'une réconciliation entre communautés. En nommant Yazid Sabeg « commissaire à la diversité et à l'égalité des chances », le président de la République a fait un choix judicieux. Car l'homme est à la fois remarquablement intelligent, ouvert, sensible et déterminé. Sa réussite industrielle initiée à la Datar (*) et dans les milieux pétroliers, puis à la tête de l'ex-Compagnie des Signaux, il la doit d'abord à lui-même. À son énergie et à sa générosité qui en ont fait un homme rayonnant dans sa communauté et bien au-delà. Sabeg reste un exemple parfait d'intégration à la française, en clair de ce que le modèle républicain peut faire de mieux pour un enfant d'immigrés ayant su trouver les parrains les plus avisés pour accompagner son parcours dans la société française. Quand Nicolas Sarkozy dit « l'égalité des chances doit cesser d'être théorique pour devenir réelle », il semble abandonner des gadgets médiatiques pour entrer dans le dur d'une problématique complexe. Car Sabeg a beau plaider pour la discrimination positive, il n'en reste pas moins le pur produit de l'assimilation républicaine à une époque où tout était possible. Mais au fond, ce qui manque à de nombreux jeunes aujourd'hui, qu'ils soient issus ou non de banlieues, c'est d'abord l'existence d'un référent, c'est-à-dire d'un père qui n'a pas démissionné. La tâche est immense, d'autant que la période des Trente Glorieuses n'est qu'un lointain souvenir. Des déceptions sont donc prévisibles. C'est pourquoi il faut souhaiter bonne chance à Yazid Sabeg. (*) Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale.
07:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Yazid Sabeg, discrimination positive, Hubert Coudurier
17.12.2008
UE. Sarkozy l'Européen de l'année
Nicolas Sarkozy a clos, hier à Strasbourg, sa présidence de l'Union européenne, en affirmant que l'Europe l'« avait changé ». Il a promis qu'il ne renoncerait pas à peser sur sa marche une fois son mandat expiré.
Il y a chez Nicolas Sarkozy une force de caractère qui le conduit à supporter les attaques à répétition dont il est l'objet comme si les Français se construisaient sur lui. Sans doute est-ce le lot commun des politiques qui ne cessent de prendre des coups et se forgent dans cette résistance quotidienne aux épreuves. Ainsi, le président de la République qui n'oublie rien, mais dose soigneusement ses réponses aux outrages qu'on lui inflige, a-t-il ironisé sur Daniel Cohn-Bendit qui avait déjà qualifié au Parlement européen son comportement de « minable » à propos des Chinois. Cette fois, l'ancienne figure emblématique de Mai-68 l'a qualifié de « président girouette ». Sarkozy a alors indiqué que Cohn-Bendit, qui ne détestait pas venir déjeuner à l'Elysée et bénéficier au passage d'une escorte de motards, se montrait beaucoup plus mesuré dans l'intimité. Mais que les caméras le rendaient « fou ».Acteur incontournable
En réalité, il faut rendre à César ce qui lui revient. Si l'on peut contester son action sur le terrain économique et social, sa diplomatie a fait preuve, jusqu'à présent, d'un remarquable réalisme. En rencontrant le dalaï-lama en Pologne, il a concilié les intérêts économiques du pays et la nécessité de ne pas se soumettre à Pékin. Sur l'invasion de la Russie en Géorgie, il a fait preuve d'un talent inégalé dans la gestion de crise, donnant à l'Europe un rôle qu'elle n'avait jamais eu. Même chose en organisant le G-20 à Washington, accueillant pour la première fois les pays émergents. Sa présidence européenne cumulée à l'agonie de la présidence Bush, qui lui avait permis d'effectuer une percée au Proche-Orient, en a fait un acteur incontournable de la scène internationale pendant quelques mois.
Un homme obstiné
N'en déplaise à Newsweek qui semble lui reprocher d'avoir établi des rapports privilégiés avec Gordon Brown et José Luis Zapatero, Nicolas Sarkozy a réussi à déborder Angela Merkel, faisant oublier l'humiliation du « non » au référendum européen. Sur les dossiers de fond, il faudra plus de temps. Mais ce petit homme obstiné n'est-il pas en train de refaire de la France un grand pays qui retrouve son rayonnement traditionnel ?
08:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Union européenne, Daniel Cohn-Bendit, Angela Merkel, Hubert Coudurier
16.12.2008
De l'art du compromis et du passage en force
Xavier Darcos, ministre de l'Education, s'inquiète de la situation « dans une certaine mesure inacceptable et dangereuse » à Gaza où les Israéliens ont accru le blocus. Cette prise de distance à l'égard de l'Etat hébreu est fort intéressante, mais on attendait sa parole sur la scène hexagonale où il devait présenter aujourd'hui sa réforme de la seconde. Or, la montée en puissance des mouvements lycéens a conduit l'Elysée à suspendre provisoirement la réforme qui devait entrer en vigueur à la rentrée 2009. Pas assez bien expliquée, a jugé le Premier ministre François Fillon ayant estimé que le gouvernement n'était pas à « trois mois près ». « Je n'aime pas avoir des lycéens dans la rue, ils peuvent faire n'importe quoi. Aujourd'hui, il n'y a pas de coordination ni d'interlocuteurs. Ce qui est demandé est extrêmement vague », nous confiait, hier, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, sans doute alertée de la situation en Grèce. Ainsi, le président de la République a joué la prudence même si, selon les confidences de Bruno Julliard, ancien président de l'Unef devenu secrétaire national du PS à l'Education, Nicolas Sarkozy avait clairement manqué à la solidarité gouvernementale durant la crise du CPE en soutenant les syndicats qui s'opposaient au Premier ministre Dominique de Villepin. Une reculade rapide et sans bavures vaut mieux qu'une retraite après des semaines de résistance, juge l'Elysée qui joue constamment sur la réactivité et la mobilité. Il reste qu'un retrait définitif serait désastreux pour les lycéens dont beaucoup n'ont pas forcément compris le sens de la réforme. D'autant qu'il ne s'agit que du début d'un processus visant à mieux adapter l'école à son environnement. Autrement dit, ce n'est pas leur rendre service que de céder constamment. Contesté sur le dossier de l'audiovisuel public où il a montré sa nature autoritaire en affaiblissant le CSA, le pouvoir a donc besoin d'un succès sur le travail du dimanche. Voire même d'un passage en force qui laisse peu de chances au compromis, à vrai dire bancal, de Jean-François Copé.
07:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Xavier Darcos, Education nationale, lycéens, Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier
12.12.2008
Présidence française. L'illusion d'être au centre de l'Union
C'est déjà l'heure du bilan de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy. Ses initiatives ont-elles permis à la France de revenir au tout premier plan de l'Europe ?
Il est convenu de dire que la présidence européenne de Nicolas Sarkozy, qui s'achève symboliquement aujourd'hui par le sommet de Bruxelles, va le contraindre à se recentrer sur la scène intérieure avec le cortège de difficultés économiques et sociales qui l'attendent. Mais peut-on d'ores et déjà dresser le bilan de ces six mois entamés en fanfare avec le lancement de l'Union pour la Méditerranée en présence du dictateur syrien Bachar el Assad ? « Quel Européen est Nicolas Sarkozy ? Sauveur du traité constitutionnel ou suiveur d'Angela Merkel ? Matamore d'un jour à l'assaut de la BCE (Banque centrale européenne) ? Élève insolent affichant son déficit ? Inventeur d'une Union méditerranéenne vite rentrée dans le rang européen ? Pourfendeur des spéculateurs ou observateur consentant des excès du capitalisme financier ? », s'interroge notre correspondante à Bruxelles, Florence Autret dans un brillant essai (1). Visiblement moins sensible aux sirènes du show sarkozyste que les journalistes politiques qui suivent au quotidien le président français, elle estime que l'histoire européenne avance dans une réalité qui, elle, n'a rien de virtuelle.Constamment en initiative
L'activisme de Nicolas Sarkozy n'en a pas moins permis à la France de marquer quelques points. D'abord, en faisant oublier l'épisode calamiteux du référendum européen qui nous stigmatisait comme « l'homme malade de l'Europe ». Ensuite, en bousculant l'Allemagne et sa chancelière impavide qui installait une domination sans partage dans laquelle le couple franco-allemand n'était plus qu'un lointain souvenir. En multipliant les coups comme la libération des infirmières bulgares, en nouant une alliance de revers avec la Grande-Bretagne, en mobilisant les Européens et les pays émergents pour la tenue d'un G20 à Washington, le président français est apparu constamment en initiative, laissant Angela Merkel quelque peu isolée durant la crise financière. De surcroît, la Commission européenne s'est trouvée marginalisée dans cette gestion de crise qui a amplifié une tendance à la renationalisation des politiques communes, du moins dans la gestion politique.
Inflation de dépenses
Hostiles au « keynésianisme (2) grossier » des Britanniques, passés d'une « prudence financière à un endettement élevé », les Allemands, qui ont beaucoup donné lors de la réunification, restent circonspects face à cette inflation de dépenses. Mais pour la Grande-Bretagne, dont l'économie repose en grande partie sur la finance, c'était vital. La France conserve pour sa part un endettement élevé et un problème de compétitivité. Toutefois, en quelques mois, le chef de l'État a créé l'illusion qu'elle était redevenue le centre de l'Europe.
08:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidence européenne, Nicolas Sarkozy, Union européenne, Bruxelles, Angela Merkel, Hubert Coudurier
11.12.2008
Des icônes médiatiques malmenées
Il y a quelque chose d'assez fascinant chez Bernard Kouchner, homme fort sympathique et apprécié des Français : sa propension aux gaffes, qui rappellent le parler-vrai de Michel Jobert, assez peu compatible avec la parole politique. Dire que la création d'un secrétariat d'Etat aux droits de l'Homme était une erreur apparaît carrément paradoxal de la part d'un homme dont ce fut le fonds de commerce et qui souffre de voir Nicolas Sarkozy pratiquer, comme tous les chefs d'Etat, la realpolitik en fréquentant allègrement des dictateurs. Même si la récente rencontre du président français avec le dalaï-lama était devenue incontournable pour se faire respecter du régime chinois. De surcroît, dans son interview au Parisien, le ministre des Affaires étrangères semble vouloir « flinguer » celle à qui Nicolas Sarkozy a donné une leçon d'éducation politique en lui expliquant qu'elle devait mouiller sa chemise et ne pas se comporter en enfant gâtée du gouvernement. Refusant d'être tête de liste aux élections européennes et revendiquant le poste de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Rama Yade faisait preuve d'une certaine désinvolture à l'égard de ses patrons que son charme et son intelligence ne pouvaient totalement excuser. Alibi au sein du gouvernement, elle fut d'ailleurs écartée du voyage en Chine et réduite au silence en Tunisie. Rama Yade n'en est pas moins passée du stade de la créature présidentielle à celle de figure emblématique (*) au même titre que Rachida Dati. Ses propos sur Kadhafi feront date. Mais la diversité semble désormais moins d'actualité qu'au lendemain de la présidentielle. Si Rachida Dati s'est fait corriger coup sur coup par le Président (à propos de l'arrestation du journaliste de Libération) et le Premier ministre (sur l'incarcération des enfants de douze ans), c'est un signe. Elles ne seront plus considérées comme des icônes intouchables et continueront à prendre des coups en fonction des nécessités politiques du moment quand les grands chefs devront corriger le tir. Ce qui est finalement la meilleure chose qui puisse leur arriver. (*) Rama Yade : « Les droits de l'Homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans ». Editions Seuil (7 euros).
08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bernard Kouchner, secrétariat d'Etat, Nicolas Sarkozy, Rama Yade, Rachida Dati, droits de l'Homme








