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22.12.2008
Diplomatie. Sarko le Brésilien
Nicolas Sarkozy arrive aujourd’hui à Rio de Janeiro, pour une visite officielle de deux jours. La France compte séduire ce géant stratégique qu’est le Brésil. Plusieurs contrats dans le domaine de la Défense devraient être signés.
La fin d’année s’annonce brésilienne pour Nicolas Sarkozy puisque le président français sera l’hôte de ce pays grand comme seize fois la France, à l’occasion du sommet UE-Brésil, à Rio de Janeiro, où il débarque ce matin avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui le suit désormais partout bien docilement.
Chez le père biologique de Carla Bruni
Mais la visite officielle du chef de l’État sera prolongée par un séjour privé chez le père biologique brésilien de Carla Bruni-Sarkozy, qui fut élevée par son père adoptif italien. Les retrouvailles sont anciennes mais il y a là comme la symbolique d’une réconciliation, qui permet à Nicolas Sarkozy de découvrir un pays neuf qu’il ignore largement et qu’il va s’employer à « draguer » comme l’homme politique sait si bien le faire.
Hommage à Lula
Après Sarko l’Américain, la saison 2 du sarkozysme présidentiel devrait donc nous offrir la séquence Sarko le Brésilien. L’épisode est intéressant en ce que le président Luiz Inacio Lula Da Silva est une figure emblématique des pays émergents que Jacques Chirac soignait particulièrement. Nicolas Sarkozy lui rend d’ailleurs hommage dans une interview au grand quotidien Folha de Sao Paulo : « La contribution du Brésil au sein du G 20 est décisive : elle est exigeante, car le président Lula est un homme de conviction qui sait toujours faire valoir ses arguments avec force et détermination, et elle est consultative car le président Lula est avant tout un homme de modération et de dialogue », dit-il. Et le président français de souligner l’audace d’un pays qui a su devenir leader mondial dans l’utilisation des bio-carburants, notamment par la production d’éthanol, mais apparaît également comme un facteur de stabilisation sur le continent latino-américain où il fait figure de géant avec ses 130 millions d’habitants. L’intégration encore timide se manifestant par des structures de dialogue politique comme l’Unasul ou un Conseil de défense interétatique.
Sous-marins et hélicoptères
C’est d’ailleurs dans ce domaine que la France, qui partage à travers la Guyane sa plus grande frontière avec un pays étranger, entend apporter au Brésil sa valeur ajoutée. Avec 8.500 kilomètres de côtes et ses eaux territoriales où plongent une centaine de plateformes pétrolières, le Brésil, qui fut pendant vingt ans une dictature militaire, n’a pas les moyens d’une protection efficace. D’où la volonté de la marine brésilienne d’acquérir un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire et quatre sous-marins Scorpene à propulsion diesel, accord qui sera entériné lors de cette visite du président français. Comme c’est aujourd’hui souvent le cas, la France a accepté de larges transferts de technologie qui seront fournis par le groupe DCN-Thalès, notamment pour la coque et l’informatique embarqué. Paris apportera également son aide aux constructeurs brésiliens associés à Eurocopter pour la livraison de 51 hélicoptères Super Cougar ainsi qu’une assistance aux programmes nucléaires brésiliens. Le Rafale est aussi en lice pour le renouvellement de la flotte brésilienne d’ici à une quinzaine d’années. Un enjeu majeur pour Dassault qui n’arrive décidément pas à exporter son avion.
De notre envoyé spécial à Rio, Hubert Coudurier
08:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicoals Sarkozy, Brésil, Lula









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