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09.12.2008

Sarko ou le retour en son royaume

A l’issue d’une présidence européenne brillante qui lui a permis de donner toute la mesure de son talent politique, Nicolas Sarkozy doit préparer son atterrissage sur la scène intérieure française. Son plan de relance ciblé sur l’investissement ne sera pas la panacée, vu l’ampleur de la crise, mais il a au moins le mérite d’exister. En réalité, cette tourmente financière, qui débouche sur une récession, donne au chef de l’Etat, outre l’abandon de ses promesses de campagne, l’opportunité d’une véritable pédagogie de la mondialisation à laquelle ses prédécesseurs se sont toujours refusés. Mais pour ce faire, il lui faut un dispositif gouvernemental en ordre de bataille sur le terrain essentiel de la communication. En intronisant Xavier Bertrand comme animateur en chef de l’UMP, Nicolas Sarkozy fait de cet assureur rassurant, qui a réformé les régimes spéciaux de retraite, son dauphin. Il ne lui livre évidemment pas le parti pour lequel Bertrand fera, dans un premier temps, office de courroie de transmission ce que Patrick Devedjian n’avait pas voulu comprendre. Mais nul doute qu’à un poste aussi stratégique, qui visera aussi à contenir les ambitions présidentielles de Jean-François Copé, Xavier Bertrand, bon communicant, saura s’imposer. Les critiques sur son style très « perso », derrière son énergie et les sourires de circonstance, n’ont pas ébranlé la volonté du chef de l’Etat, qui se retrouve assez bien en lui. D’autant que Brice Hortefeux ne voulait pas du poste, souhaitant rester au gouvernement où, à défaut de l’Intérieur, il pourrait obtenir un grand ministère des Affaires sociales englobant l’actuel portefeuille de Bertrand, comme une étape vers Matignon. Qui de Bruno Le Maire, villepiniste bon teint, ou de Rama Yade, autre « chouchou » (*) avec Bertrand du chef de l’Etat, succèdera aux Affaires européennes à Jean-Pierre Jouyet ? L’important, dès lors que le PS continue à se déchirer, étant que le gouvernement aborde l’année 2009, très délicate au plan social, en position de force.

(*) Lire « Le chouchou, le fabuleux destin de Xavier Bertrand », par Christophe Jakubyszyn et Muriel Pleynet (Anne Carrière)

Commentaires

"Présidence européenne brillante". Je reconnais là un humour que je qualifierai de surréaliste et qui est tout à votre honneur.
Pour rester dans le registre de l'humour, je préfère, pour caractériser notre président, l'image du "lapin Duracell" dont les piles semblent inépuisables.
J'aime aussi l'appellation "monsieur réponse à tout" ou, reprenant un titre de journal d'avant-guerre, "je suis partout".
L'avenir s'interrogera plus sérieusement, comment le pays de Descartes, et de quelques autres grands penseurs, a pu tolérer cette anti-thèse de son meilleur patrimoine intellectuel.
Je suis plutôt disposé à croire qu'en fait de "présidence brillante", notre président est la risée de toutes les chancelleries du monde.

Ecrit par : Jean-Pierre Dubois | 13.01.2009

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