« Les médias en ligne de mire | Page d'accueil | Un bouc émissaire commode »

03.12.2008

Une révolution conservatrice

En ouvrant la possibilité du travail le dimanche et en suggérant l'hypothèse d'une loi dépassant l'âge légal de la retraite, voire même le prolongeant jusqu'à 70 ans, le gouvernement retrouve ses marqueurs libéraux que la crise financière et le plan de relance de l'activité que Nicolas Sarkozy présentera demain à Douai avaient presque fait oublier. D'autant que la nécessité de « travailler plus pour gagner plus », selon le slogan de campagne, n'a pas disparu. Le déficit du commerce extérieur résulte directement du manque de compétitivité de l'entreprise France dans le monde. Après une première année placée sous le signe de « Sarko l'Américain », puis un virage étatiste lors du discours de Toulon, en septembre dernier, l'identité attrape-tout du sarkozysme commençait à en déconcerter plus d'un. La presse américaine, qui l'avait jusqu'alors fermement soutenu, prenait ses distances au vu de sa prétention à refonder le capitalisme mondial. L'éventualité d'envoyer en prison des enfants à l'âge de douze ans, tout comme le tour de vis à l'égard de la presse sur laquelle la réforme de France Télévisions et l'arrestation maladroite de l'ancien président de Libération ont attiré l'attention, participent de cette révolution conservatrice que portait en germe le score de Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle. Ce n'est pas un hasard si le cinéma français produit aujourd'hui des films comme « Mesrine » ou « La bande à Baader », qui rappellent les années 70. Le thème du retour à l'autorité est désormais bien installé dans la vie politique du pays avec un Premier ministre et un gouvernement aux ordres sans oublier le patron de l'UMP et les préfets qui font désormais prévaloir la départementalisation au détriment des régions socialistes. La crise, qui suscite la peur, favorise ce mode de gouvernance hyper centralisée de nature à remettre en cause les acquis des vingt dernières années. Le rideau de fumée de l'ouverture ne vise qu'à étouffer l'opposition alors que les ministres recrutés dans ce but n'ont aucun pouvoir. Des résistances continueront à se manifester mais la ligne est bien tracée. Comme si la mondialisation ne laissait pas d'alternative au pouvoir.

Les commentaires sont fermés.