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02.12.2008
Les médias en ligne de mire
Nicolas Sarkozy a fini par comprendre l'émotion suscitée par l'interpellation du journaliste de « Libération » Vittorio de Filippis que rien ne justifiait. Et il a même lancé une mission pour y réfléchir. Le président de la République contredit ainsi l'attitude de ses deux ministres, Rachida Dati, garde des Sceaux, et MAM, en charge de la Défense, qui n'y trouvaient rien à redire. Sans aucun doute, le tollé engendré par cette arrestation arbitraire dans l'ensemble de la profession mais aussi au sein du syndicat de la magistrature a-t-il fait réfléchir le chef de l'État. Tout comme la demande d'enquête administrative du président de la Cour d'appel. « Nous savons qu'aujourd'hui il y a une chasse engagée contre les journalistes », a même avancé le député des Verts, Noël Mamère. Alors que l'Assemblée examine désormais en seconde lecture le projet de loi sur la protection des sources, plusieurs affaires récentes traduisent un retour en arrière. Cette garantie traditionnelle de l'exercice du métier de journaliste est en effet menacée par la multiplication des procédures judiciaires. De même que la réforme de France Télévisions traduit une volonté de reprise en main du service public. À l'heure des Etats généraux de la Presse, quelque chose semble avoir changé dans le climat du pays. Comme une peur subtile ou du moins une prudence excessive qui se serait insidieusement infiltrée dans l'esprit des journalistes. Lesquels exerçaient jusqu'alors leur métier en toute liberté. Certes, nous n'en sommes pas encore à la Russie de Poutine. Et l'affaire de la bague de Rachida Dati nous a plutôt attristés pour ce grand quotidien du matin qui avait su retrouver une place éminente dans la vie intellectuelle du pays. Il ne faudrait pas que la crise économique induise la répétition de comportements liberticides dont les journalistes ne seront évidemment pas les seules cibles. C'est donc le rôle du président de la République de calmer le zèle intempestif de ceux qui se croient tout permis.
08:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Libération, Vittorio de Filippis, interpellation, Nicolas Sarkozy, Hubert Coudurier, presse, médias









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