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01.10.2008

L’an II du sarkozysme

Il a tenu une réunion à cinq heures du matin et mis un milliard d’euros sur la table pour participer au sauvetage de Dexia, dont le cours s’était effondré. Tous les symboles comptent comme le fait que cette réunion se soit déroulée à l’Élysée au petit matin. Nicolas Sarkozy entend montrer qu’il y a un pilote dans l’avion et que le pouvoir politique n’est pas condamné à l’impuissance face à la crise américaine dont l’Europe subit aujourd’hui le contrecoup. Au passage, il rappelle aux banques leurs devoirs, ce qui relève du vœu pieux. Son entourage fait d’ailleurs remarquer qu’il agit de la même manière que durant la crise géorgienne de l’été quand sa détermination permit d’obtenir un cessez-le-feu. Rassurer et apparaître comme le fédérateur des milieux politico-économiques qui tentent d’endiguer cette bourrasque financière mondiale, tel est son objectif. À l’heure où les chiffres du chômage repartent à la hausse, l’an II du sarkozysme a débuté. Après une première année marquée par l’ivresse du pouvoir et les dérapages du style « bling-bling », le Président français en revient aux fondamentaux de la Ve République qui fête ses cinquante ans. « Du sang et des larmes » : l’heure de la dramatisation n’a pas encore sonné, car le plus dur reste à venir. Mais le cap est fixé. L’heure est grave, fini de rire sur des sujets secondaires, et Fillon renouvelle son couplet sur l’unité nationale afin de bien culpabiliser l’opposition, qui n’entend pas se laisser prendre au piège. Bref, c’est l’heure de vérité pour cette présidence aux débuts chaotiques qui cherchait son style entre rupture et continuité. La représidentialisation du régime, entamée depuis quelques mois, s’impose définitivement. L’heure n’est plus aux états d’âme, et le Premier ministre colle désormais au président. Il fallait bien une crise de cette ampleur pour ressouder le couple exécutif. Mais nous n’en sommes qu’aux débuts.

08:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Dexia, François Fillon

Commentaires

Question stupide sans doute : un milliard d’euros sur la table pour participer au sauvetage de Dexia , comment est-ce possible ?
avec moins d'enseignants , moins de postiers , moins de militaires ??

Ecrit par : gec | 01.10.2008