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12.09.2008
La laïcité en question
En accueillant, avec Carla Bruni, le pape Benoît XVI, Nicolas Sarkozy se plie à la tradition suivie par ses prédécesseurs pour les visites antérieures dans l’Hexagone de Jean Paul II. Il reste que les propos du chef de l’État et ses échanges avec le souverain pontife seront scrutés par tous les défenseurs de la laïcité républicaine. Lesquels ne s’y retrouvent pas forcément dans les inflexions subtiles apportées depuis des mois par le président français au dogme de la séparation de l’Église et de l’État. Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait déjà entrepris d’institutionnaliser la représentation du culte musulman afin de substituer, disait-il, un islam officiel à l’islam des caves. Face à une communautarisation rampante, il agissait, toutes proportions gardées, comme certains pays arabes qui intègrent les Frères musulmans dans le jeu parlementaire pour mieux les canaliser. Lors de sa visite officielle en Arabie saoudite, en janvier 2008, il prononce un discours surprenant devant le Parlement où il déclare que la religion libère l’homme. L’élever eut été plus approprié. Quelques semaines plus tôt, dans son discours de Latran, où le chef de l’État évoquait la notion de « laïcité positive », il prévenait que la laïcité « n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Autrement dit, c’est à une forme de prosélytisme discret en faveur des religions que semble se livrer le président, comme s’il intégrait le regain d’adhésion qu’elles suscitent dans le pays. À commencer par la première d’entre elles, la religion catholique, dont le pape se réjouit qu’elle « prenne une part toujours plus active à la vie de la société ». Mais le passage cet été en Bretagne du dalaï-lama et la curiosité suscitée par le bouddhisme n’est pas non plus anecdotique. Sans doute la déliquescence du lien social et la précarisation croissante dans les sociétés modernes engendrent-elles des souffrances qui développent les croyances et la foi. L’attitude de Nicolas Sarkozy, formidable capteur de tendance, en est le reflet.
08:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Carla Bruni, Benoït XVI, Nicolas Sarkozy









Commentaires
Capteur de tendances ...
En effet ,ne dit-on pas que l'on a les élus que l'on "mérite" ?
N'en déplaise à certains,ce Président refléte parfaitement bien ,malgré quelques apparences contraires, les Français d'aujourd'hui,tous âges et CSP confondus.
D'ailleurs son élection est acquise nettement ,il y a déjà plusieurs paires de mois,et à l'heure qu'il est,je pense qu'il attirerait autant d'électeurs.
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Et comme nous vivons en démocratie,essayons d'y vivre en démocrates...constructifs.
Ecrit par : jean louis | 12.09.2008
Quand le président Sarkozy reçoit le chef du Vatican , il respecte les règles de la démocratie républicaine.
Quand il se lance dans un débat avec le pape des catholiques , il sort des prérogatives liées à la Constitution de la République Française , état LAÏC.
Nous ne sommes plus sous la Royauté depuis un certain temps , semble-t-il.
Ecrit par : gec | 15.09.2008
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