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24.07.2008

Pas de refuge pour les criminels

Avec l’arrestation de l’ultra-nationaliste serbe de Bosnie, Radovan Karadzic accusé de génocide et de crimes contre l’humanité, la justice internationale a de nouveau marqué des points. On se souvient de la saga du procès Pinochet, poursuivi et arrêté à Londres en octobre 1998, à la suite du mandat lancé par le juge espagnol Baltasar Garzon. En avril 2008, l’ancienne procureure internationale Carla Del Ponte accuse le premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, de trafics d’organes sur des prisonniers serbes. Au Rwanda, la vérité sur le déclenchement du génocide résultant de l’affrontement entre les Tutsis et les Hutus a été en partie dévoilée par le tribunal installé à Arusha. Désormais, la Justice n’a plus de frontières et une Cour pénale internationale ne s’interdit aucune investigation. De surcroît les institutions étatiques ont du mal à s’y opposer. La preuve : un juge chargé de l’enquête sur la disparition du journaliste Guy-André Kieffer, à Abidjan en 2004, a saisi hier à l’Elysée un dossier le concernant. C’est que le magistrat souhaite entendre, comme témoin dans cette affaire, l’épouse du président ivoirien, Simone Gbagbo. Laquelle fut un temps soupçonnée de superviser des « escadrons de la mort » ayant éliminé des opposants au régime. Et d’avoir couvert des personnes de son entourage qui auraient commandité le meurtre du journaliste. Lequel enquêtait d’un peu trop près sur la corruption au sein de la filière cacao. Du coup, après avoir auditionné l’ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, le juge que l’on présente comme une sorte de « Don Quichotte », envisage de se rendre en Côte-d’Ivoire. La démarche est pour le moins incertaine mais la mondialisation prive aussi les criminels de refuge.

08:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Radovan Karadzic, Bosnie, Serbie, Tribunal international