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08.07.2008
Du risque d’humilier
Privé de Carla Bruni, retenue à Paris pour assurer la promotion de son disque qui sort le 11 juillet, Nicolas Sarkozy ne semble guère enthousiaste à l’idée d’être bloqué pendant trois jours dans une île du Japon. Et pourtant, la tornade déclenchée par le Président dans l’Hexagone depuis huit jours mérite bien qu’il prenne un peu de distance. Sur trois dossiers essentiels, son style est en effet contesté. La sanction ayant frappé le chef d’état-major de l’armée de Terre est-elle réellement choquante ? Certes, l’institution paie à travers son premier responsable le dysfonctionnement de Carcassonne qui a frôlé la tragédie. La sanction est néanmoins symbolique car le général Cuche s’apprêtait à partir en retraite. Mais cette décision « à la japonaise » (*) s’est accompagnée de propos maladroits sur l’amateurisme d’une armée dont l’expertise est reconnue. Parfois même en dépit de matériels défectueux, comme l’a montré la libération des otages du Ponant. Au moment où les moyens de cette institution sont drastiquement réduits, quoi qu’on en dise pour des questions strictement budgétaires, il était inutile d’en rajouter. Même chose pour la télévision publique. La décision présidentielle de priver France Télévisions de recettes publicitaires n’est pas dénuée de logique. Fallait-il pour autant harceler ses dirigeants qui n’ont pas démérité dans une démarche programmatique où la qualité reste encore le maître mot du service public ? Exaspéré, Patrick de Carolis a qualifié sur RTL l’attitude présidentielle de « stupide » et « injuste ». Ses propos lui vaudront probablement d’être remplacé par Michel Drucker, Jean-Marie Colombani ou un autre. Même comportement, enfin, à l’égard du monde syndical. Sur les régimes spéciaux de retraite ou les 35 heures, le chef de l’Etat a fini par avoir gain de cause. Etait-il pour autant nécessaire de provoquer les syndicats en déclarant que leurs grèves n’ont plus aucun impact ? En tant que président de la République, Nicolas Sarkozy estime pouvoir intervenir sur tout. Toutefois, après avoir humilié ses principaux collaborateurs, il s’en prend à des institutions qui lui opposeront plus de résistance que ses interlocuteurs habituels.
* Contrairement à la France, il est fréquent dans l’Empire du Soleil levant qu’un patron démissionne en cas de faute grave d’un de ses subordonnés.
* Contrairement à la France, il est fréquent dans l’Empire du Soleil levant qu’un patron démissionne en cas de faute grave d’un de ses subordonnés.
09:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Carla Bruni, Nicolas Sarkozy, syndicat








