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03.07.2008

La victoire de la fermeté

La libération d'Ingrid Betancourt apparaît d'abord comme un formidable soulagement pour une famille qui craignait le pire. Le dernier témoignage de cette prisonnière de la jungle était, en effet, poignant.


Ainsi, la vie de la sénatrice de Colombie enlevée par les Farc ne tenait plus qu'à un fil. Et, malgré tout, sa mère Yolanda lui adressait tous les matins un message d'amour sur la radio Caracol. Cette libération est ensuite une grande victoire pour le président Alvaro Uribe dont le père avait été assassiné par cette guérilla marxiste d'un autre âge. Uribe n'a jamais voulu céder au chantage et l'exécution du nº2 des Farc, Raul Reyes, en était déjà le signe. Au point que les liens entre le gouvernement colombien et les groupes paramilitaires commençaient à apparaître en pleine lumière. Mais, fort du soutien de l'administration Bush et malgré ses accrochages avec le Vénézuélien Hugo Chavez qu'il accusait d'avoir voulu le court-circuiter dans la négociation, Alvaro Uribe n'a pas dévié d'un pouce. Dans cette affaire, le rôle des Français sera resté marginal, si ce n'est que cette icône de la lutte contre la corruption et les narcotrafiquants était presque devenue plus populaire en France, à travers la multiplication des comités de soutien, que dans son propre pays. Dominique de Villepin s'était beaucoup impliqué dans la libération de son ancienne élève de Sciences Po. Une tentative d'envoi d'un avion militaire à la frontière du Brésil avait même tourné à la pantalonnade. Tout comme les efforts plus médiatisés de l'actuel président français n'avaient abouti à rien. Au final, la diplomatie française devrait quand même s'enorgueillir de ce succès pour lequel elle n'a pas ménagé ses efforts au risque de rallonger la captivité de l'otage dont la valeur ne cessait de croître.

11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ingrid Bétancourt, Colombie