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03.07.2008

L'audiovisuel public dans la tourmente

« Carolis a un mandat jusqu’en août 2010 dont la seule interruption ne pourrait venir que de son fait », m’assurait il y a quelques semaines un haut responsable de France Télévisions. Beaucoup moins sûr de lui, il me confiait en début de semaine : « Nous allons être laminés ».


Et de fait, le président Patrick de Carolis confirmait hier au Figaro son intention d’en tirer « toutes les conséquences d’ici à la fin du mois d’août » si des garanties budgétaires ne lui étaient pas apportées par l’Etat durant l’été. C’est que le refus de Nicolas Sarkozy d’augmenter la redevance qu’aurait volontiers préconisé la commission Copé si elle avait eu voix au chapitre, place le service public dans une posture fort délicate compte tenu de la suppression de la publicité au 1 er janvier prochain. Pourtant Patrick de Carolis et Patrice Duhamel n’ont pas démérité, comme le montre le succès des fictions (Maupassant ou Guerre et Paix), ou du théâtre, à l’antenne, et la qualité des magazines d’information. Aussi les critiques du président de la République sur des émissions qui « ressemblent encore trop aux programmes d’une chaîne privée » sont-elles injustes. Il reste que la volonté sous-jacente de casser le service public, l’absence de visibilité pour ses dirigeants soumis à l’interventionnisme incessant des conseillers de l’Elysée, pourraient conduire Carolis et Duhamel à baisser les bras. Même si le « paquebot » des bords de Seine vit aujourd’hui de l’aveu de certains de ses cadres dans un « bordel pire qu’en 1981 », une démission en rase campagne serait regrettable. Car face à une telle volonté de retour à l’ORTF, un minimum de résistance est toujours possible. Encore faudrait-il que certains salariés de ces chaînes abandonnent les comportements par lesquels ils ont creusé leur tombe. Multiplier comme ils l’ont fait par le passé, les motions de défiance à l’égard de leurs responsables qui ne pouvaient plus sanctionner les attitudes déviantes, ne pas répondre à un chef d’Etat qui se rend dans un studio et salue les techniciens, tout cela relève d’une certaine inconscience.

11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audiovisuel public, France Télévision, Patrick de Carolis, Hubert Coudurier