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31.01.2008

Nicolas-Angela : l’union forcée

Après Tony Blair, Nicolas Sarkozy accueillait hier Angela Merkel à une convention de l’UMP sur l’Europe. Hommage du titi parisien à l’austère chancelière venue d’Allemagne de l’Est, on n’ose dire du vice à la vertu. Le couple franco-allemand a des allures improbables, genre Laurel et Hardy. Et il est vrai qu’elle n’est pas très sexy notre voisine d’Outre-Rhin, comparée aux mannequins qu’affectionne le Président même s’il a chaussé depuis peu ses godillots pour sillonner la France. Pas sexy mais, en revanche, très sérieuse cette « Ossie » qui poursuit la modernisation de l’Allemagne entamée par Gerhard Schröder. Un pays dont la santé éclatante du commerce extérieur tranche sur notre déficit consternant lié à la faiblesse de nos entreprises à l’export. À Berlin, Sarkozy agace par sa propension à tirer la couverture à lui sur tous les sujets : mini-traité européen, libération des infirmières bulgares, etc. Bref, cette toute-puissance très française qui voudrait remettre la politique au centre de tout alors qu’elle est en voie de banalisation partout ailleurs. Mais il est aussi des désaccords de fond sur le gouvernement économique de la Zone euro, et la forte évaluation de sa monnaie, dont les Allemands ne veulent pas entendre parler. Sans parler du paquet fiscal français qui accroît le déficit des finances publiques même si les Allemands pourraient se montrer plus souples à l’avenir en s’autorisant eux-mêmes des mesures de relance. Et surtout l’Union méditerranéenne, l’initiative du président Sarkozy dont ils ne veulent pas entendre parler parce qu’elle leur échappe et concurrencerait l’Union européenne dont l’Allemagne est désormais le pivot. Il n’y a pas d’amour entre Nicolas et Angela : juste un implacable rapport de forces. Et un mariage d’intérêts auquel Paris s’accroche pour piloter l’Europe de concert.

29.01.2008

L'impuissance du politique

Contradictoire, l'attitude du pouvoir politique à l'égard de la Générale traduit une certaine impuissance. Soyons clairs : ses capacités d'intervention sur une banque privée sont limitées mais il veut donner l'illusion de maîtriser les évènements. En témoigne le mini-sommet de Londres sur la crise financière mondiale en arrière-plan. Certes, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, s'en remet à la sagesse des administrateurs pour décider de l'avenir des dirigeants de la banque : ce sont eux qui ont le pouvoir de décider. De surcroît, elle invite les critiques à la modération afin de ne pas déstabiliser l'établissement financier qui pourrait faire l'objet d'un raid hostile de l'étranger. A dire vrai, cela fait quelque temps que la banque a appris à s'organiser contre un tel risque. Logique donc, sauf que Nicolas Sarkozy, la veille, faisait de la surenchère en invitant le P-DG Daniel Bouton à démissionner. Succès garanti : quelques jours auparavant, Ségolène Royal stigmatisait les dérives du capitalisme financier. On se souvient que Jean-Yves Haberer, l'ancien président du Lyonnais, avait perdu sept milliards d'euros par incompétence. Mais l'affaire est complexe et la justice devra démêler les responsablités des uns et des autres sans parler des délits d'initiés. Il y a donc un brin de populisme dans la remarque présidentielle mais il est vrai que, par le passé, les grands commis de l'Etat ont eu du mal à assumer leurs échecs. En l'occurrence, on peut se demander si les prises de position démentielles de notre trader breton, qui n'auraient pas été contrôlées, n'ont pas servi à écluser les subprimes dont la banque niait la réalité.

24.01.2008

Le pédagogue et le florentin

Avec Jacques Attali, Nicolas Sarkozy a réussi l’opération recyclage des mitterrandiens venus donner au nouveau régime l’onction qui lui manquait afin de poursuivre l’entreprise de libéralisation de son économie qu’exige l’adaptation à la mondialisation. N’oublions pas que c’est la gauche, la première, qui a converti les Français au réalisme avec le plan de rigueur de 1982, la désindexation des salaires sur les prix, les privatisations... Ce parrainage mitterrandien n’a donc rien de surprenant d’autant qu’entre l’actuel président et son prédécesseur, il y a quelques ressemblances. Mitterrand lui-même était « people » avant l’heure puisqu’une photo le montre appréciant la fréquentation des starlettes au Festival de Cannes. Plus tard, à l’Elysée, l’ancien chef de l’Etat invitera fréquemment des artistes et autres vedettes du Septième art. On dit même que Carole Bouquet fut mise sur écoutes par les princes de l’époque qui en étaient amoureux. L’avantage de Jacques Attali, que l’on ne prenait pas plus au sérieux sous Mitterrand qu’aujourd’hui Henri Guaino semble-t-il marginalisé même s’il conserve la confiance de Sarko 1 e r , c’est qu’il ne demande rien. Contrairement à Jack Lang que l’on annonce place Vendôme en remplacement de Rachida Dati, Attali ne demande pas un maroquin. Certes, ses propositions qu’il voudrait imposer en bloc et que le président accepte sans réserves, seraient mieux adaptés pour des pays comme l’Inde ou la Chine. Mais elles ont le mérite de montrer le décalage qui nous pénalise avec les pays émergents forts d’une croissance fulgurante. Des géants appelés à modifier l’équilibre de la planète, qu’Attali, esprit ouvert, connaît bien. Son rapport a donc un but d’abord pédagogique, celui de provoquer un électrochoc dans les consciences. Nicolas Sarkozy est un prince florentin ayant compris, contrairement à Mitterrand, l’accélération de l’Histoire.

 

23.01.2008

Sarko-Duracell un nouveau tour de piste

L’une des qualités de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il pige vite et sait recadrer son action pour éviter d’entrer dans la spirale de la chute. Ayant compris que François Fillon était désormais jugé plus sérieux et que les Français, qui ne vivent pas tous avec des top-modèles, commençaient à douter de ses promesses de séducteur, notre pèlerin a repris la route de Compostelle. Après une étape à Sens (sans doute pour en donner à son quinquennat), direction Boulogne-sur-Mer afin de retrouver ses amis pêcheurs, des durs comme il les aime et auxquels le chef de l’Etat est prêt à proposer tout et n’importe quoi comme la suppression des quotas. En voilà un qui pourrait bien être au monde de la pêche ce que Chirac fut à l’agriculture. A Bruxelles, Michel Barnier a dû ramer pour nuancer les propos de son patron qui ont fait tousser les eurocrates. Mais c’est en revenant aux fondamentaux de la campagne, à la case banlieue, que le Président a vraiment repris son envol. Il est vrai que l’amélioration des chiffres sur l’insécurité lui donne rétrospectivement raison. Et à Sartrouville, Sarko, accompagné de MAM, providentiellement remise en selle, a pu montrer que le « kärcher » appartenait au passé. Certes, on demande encore à voir le plan anti-glandouille de Fadela Amara empêtrée jusqu’alors dans son crêpage de chignons avec sœur Boutin. 45.000 emplois créés en trois ans, malgré le krach de l’économie mondiale, on voudrait y croire. L’important pour Sarko, qui présentera, lui-même, cet « Espoir banlieue » en février, est de montrer qu’il n’est pas seulement dans l’ivresse du pouvoir mais fait bouger les lignes au profit des Français. Quitte à se contredire en déclarant, comme hier à Pau, ne pas vouloir se mêler des élections municipales qu’il voulait initialement politiser. C’est dans le mouvement que l’homme trouve son équilibre. Mais trop d’agitation de notre lapin « Duracell » serait signe d’affolement.

22.01.2008

Audiovisuel public. Déstabilisé

Le big-bang déclenché par Nicolas Sarkozy annonçant la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public n’a pas fini de produire ses effets.
 
Benamou a pris la grosse tête

Les 11.000 salariés du secteur répartis en cinq sociétés, chiffre qui peut monter à plus de 100.000, si l’on compte les sous-traitants du paquebot installé sur les bords de Seine, sont totalement déstabilisés. Certes, leur sort n’est pas suspendu à ce petit marquis de Georges-Marc Benamou, comme le qualifie Patrick Rambaud dans son roman sur la cour du roi Sarko. L’ancien fondateur de Globe, organe de la « tontonmania » triomphante dans les années 80, financé par Pierre Bergé, a tellement pris la grosse tête que le président de la République l’a rabroué lors d’une réunion, en décembre dernier. Notre conseiller aux affaires audiovisuelles, qui ne cessait de se répandre dans le tout Paris en traitant d’incapables le tandem Carolis-Duhamel dirigeant France Télévisions, n’a désormais plus de rapports avec eux. La ministre de tutelle, Christine Albanel, a déclaré, hier, lors de ses vœux à la presse, que la télévision publique « nouvelle manière » devait rester généraliste. Elle suit désormais le dossier, malgré les tentatives de Benamou pour la bordurer. Il lui arrive néanmoins de faire des gaffes lorsqu’elle annonce à RTL qu’il n’y aura aucun licenciement dans la régie publicitaire appelée à disparaître. Pour l’heure, les chaînes privées font le forcing auprès de l’Etat afin de durcir le cahier des charges qui sera imposé au service public.

Une privatisation inévitable

Toutefois, si l’audience des chaînes de France Télévisions devait s’effondrer pour cause de programmation trop élitiste, Bercy n’attendrait pas pour rogner la dotation budgétaire. La privatisation d’une des chaînes, peut-être France 3, deviendrait alors inévitable malgré les garanties données au personnel sur un maintien du périmètre actuel. A la tête d’un groupe affaibli, l’équipe dirigeante navigue désormais entre l’inquiétude des salariés et les décisions de l’Etat-actionnaire auquel Patrick de Carolis s’est immédiatement rallié pour survivre.

11.01.2008

La diplomatie des otages

La libération de Clara Rojas, l’ex-assistante d’Ingrid Betancourt, et de Consuelo Gonzalez, l’une des six parlementaires enlevées par les Farc, montre, comme l’a dit Nicolas Sarkozy, que les choses bougent en Colombie. On le sait, beaucoup d’obstacles restent dressés sur le chemin de la liberté pour la Franco-Colombienne dont le dernier message de désespoir était particulièrement émouvant. Le paradoxe étant que l’ancienne sénatrice apparaît beaucoup plus populaire en France que dans son pays où sa lutte contre la corruption dérangeait nombre de positions acquises. Premier obstacle, le caractère totalement archaïque de cette guérilla coupée du monde et exigeant une très lourde contrepartie à la libération de ses 45 otages (au minimum un échange contre 500 guérilleros détenus dans les prisons colombiennes). Deuxième obstacle, l’intransigeance du président Alvaro Uribe, dont le père fut assassiné par les Farc et qui n’entendait pas faire la moindre concession, à commencer par l’instauration d’une zone démilitarisée dans la jungle. Enfin, la médiation du Vénézuélien Hugo Chavez est apparue dès le départ ambivalente, personne ne sachant si elle était de nature ou non à débloquer la situation. Médiation suspendue dans un premier temps par Uribe parce que Chavez avait eu l’outrecuidance de lui passer au-dessus de la tête en s’adressant directement aux militaires colombiens. Dans cette affaire, le président français ne peut être qu’un spectateur, témoignant régulièrement son soutien à la famille Betancourt, mais n’étant pas au cœur de la négociation. Même si la diplomatie française et singulièrement celle des otages, qui tend à devenir un véritable business au risque que ce genre d’affaires se multiplient, peut jouer un rôle de facilitateur. Il n’empêche, le moment venu et on l’espère dans l’hypothèse d’un dénouement heureux, Sarko saura être sur la photo.

10.01.2008

Le catalyseur

Les mots ont-ils un sens dans l’univers sarkozyste ou sommes-nous dans une simple théâtralisation de l’action politique ? En le qualifiant de « personnage plastique » dans une interview à « Libé », Edgar Morin évoque son caractère protéiforme. L’homme n’en reste pas moins soucieux d’impulser une dynamique et de faire table rase du passé. D’où le regard peu amène sur ses prédécesseurs qu’il n’est pas loin de comparer à des rois fainéants, tant pour leur action publique que sur leur vie privée jugée hypocrite. Quoi qu’il en soit, l’opposition n’entend pas lâcher le morceau sur le pouvoir d’achat, un peu vite évacué au profit d’une noble politique de civilisation qui ferait prévaloir le qualitatif sur le quantitatif. Car on ne peut d’un côté afficher des goûts ostentatoires et de l’autre inciter la population à consommer mieux parce que les caisses sont vides. Tout celà rappelle une certaine retraite annoncée dans un monastère au lendemain de la présidentielle qui s’était terminée sur le yacht de Vincent Bolloré. Bref, il y a des contradictions qui ne manqueront pas d’être stigmatisées, comme le fait Arnaud Montebourg qui compare le pouvoir d’achat pour Sarko à ce que fut la « fracture sociale » pour Chirac. Une promesse non tenue, en dépit des efforts de rattrapage au cours des dernières années, qui souligna l’impuissance du politique. Or, on entend ces jours-ci quelques esprits avisés annoncer que Sarko est en train de tuer la fonction présidentielle. Hollande comme Bayrou ont décidé d’entrer en résistance et ne se sont pas rendus à la cérémonie des vœux pour les parlementaires. Ce n’est pas l’exil vers Londres en 1940 mais ça en prend le chemin. Evoquant une politique qui lui donne le tournis dont il ne voit ni la logique ni la cohérence, le président du MoDem souligne qu’il y a un côté enfantin à vouloir tout mettre par terre. C’est son droit mais n’est-ce pas sous-estimer l’ampleur du changement auquel nous assistons et dont Nicolas Sarkozy est en toute immodestie le catalyseur.

09.01.2008

La tentation de l’autojustification

Pour cette première conférence de presse à l’occasion des vœux à l’Élysée, les journalistes en ont pris pour leur grade. Comme François Mitterrand en son temps, Nicolas Sarkozy aime avoir le dernier mot. Hormis avec notre consœur de France 24, Roselyne Febvre, à laquelle Sarko a réservé une indulgence quelque peu paternaliste pour sa question sur Carla Bruni, Laurent Joffrin, le patron de Libération, s’est, par exemple, fait proprement étriller sur sa vision d’une dérive monarchique du régime. Écartant drôlement l’idée d’être le fils illégitime de Jacques Chirac dont on ne peut ignorer qu’il a tout fait pour lui barrer la route, le Président n’est pas du genre à se laisser enfermer dans une image réductrice comme celle de Charlie Chaplin dans « Le dictateur ». Complexe, l’homme l’est assurément d’où la difficulté d’en saisir la cohérence sans le caricaturer. D’autant que ses conseillers s’exprimant dans les médias développent une sorte de prêt-à-penser en concurrence avec les interprétations journalistiques. Durant deux heures, l’homo politicus a donc démontré une nouvelle fois sa connaissance des dossiers et sa maîtrise de la communication avec une gestuelle d’acteur. Tel un virtuose mélangeant rouerie et sincérité, indignation apparente et simplifications parfois hâtives. Le tout sur un fond d’autosatisfaction en ayant le sentiment de pouvoir réussir là où ses prédécesseurs ont échoué. Quitte à appliquer au public les méthodes du privé. Annonçant clairement la fin des 35 heures, ou la suppression de la publicité sur la télévision publique, réorientant le rôle de la Caisse des dépôts comme un instrument de défense des entreprises, tout en demandant à ces dernières de mieux partager les résultats entre salariés et actionnaires, lançant une dizaine de projets de rénovation universitaire, bref faisant feu de tout bois comme dans un show bien rodé. Insensiblement, le Président, qui ne déteste pas la qualification de « stratège génial » dont l’a affublé Edgar Morin, nous entraîne sur son terrain, éludant les questions délicates sur le pouvoir d’achat. Mais comme il l’a dit lui-même à propos de sa vie privée, la presse en a fait sa créature et cela ne lui déplaît pas encore. On réalisera plus tard les dangers de la transparence.

08.01.2008

Le goût du risque

Si la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est en baisse, une majorité de Français lui fait encore confiance pour résoudre les problèmes auxquels il s’est attelé. La pipolisation apparaît comme un phénomène inéluctable, qui accompagne une certaine américanisation de la société française. Si Sarko apparaît parfois désireux de prendre une revanche sur son ex-femme, qui l’a quitté en semblant s’exhiber avec un nouveau trophée, il n’est pas le seul responsable de l’étalage de sa vie privée. Certains verrous ont sauté, les chaînes d’information se sont multipliées, au même titre que les magazines people : bref, tout concourt à cette médiatisation qui agace. Laquelle serait surtout choquante si les Français avaient élu un roi fainéant. Ce n’est assurément pas le cas et la liste des chantiers ouverts reste impressionnante. La réforme des régimes spéciaux était avant tout un symbole, puisque Chirac avait échoué en la matière. La réforme des universités s’est faite tout en souplesse, contrairement à celle de la carte judiciaire, dont la brutalité initiale a été atténuée. Tout cela a donné le tempo, comme la réforme de la Constitution, qui débouche sur une présidentialisation progressive. Mais aussi la réforme du service minimum, entrée en vigueur le 1er janvier et qui s’est faite en douceur. Il n’y a aucune brutalité dans tout cela. Décrire l’actuel président comme un dictateur en puissance, une sorte de Poutine en plus soft, semble donc très excessif. Ce sont là des effets de manche. Les critiques à son égard traduisent la résistance des élites à une mutation qui ébranle les fondements d’une certaine exception française. Ainsi, Sarko accompagne le mouvement d’une société qui veut bouger. Il exaspère par sa prétention à tout récupérer mais, au fond, demeure, par nature, animé d’une volonté de bien faire. Ses maladresses ou ses provocations ne doivent pas faire oublier qu’il a réintroduit le goût du risque et la force d’aimer. Une starlette au passé sulfureux et son pays, qu’il faut bien sortir de la morosité.

04.01.2008

Humanisme et management

Chez Sarko, tout est dans le yin et le yang. D’un côté, il évoque une « politique de civilisation » qui rappelle le « dialogue des civilisations » cher à Chirac ou la « mission civilisatrice » que s’attribuait traditionnellement la France, seule nation avec les Etats-Unis à partager la même vision messianique. Idées généreuses dont notre pays s’est fait une spécialité pour tenter d’être un pont entre l’Orient et l’Occident, comme naguère entre l’Est et l’Ouest. De l’autre, le chef de l’Etat tient les rênes de son Premier ministre très courtes tout en l’incitant paradoxalement à être heureux. Il n’hésite pas à jouer les uns contre les autres, laisse filtrer ses humeurs. Mais instille aussi des rumeurs de remaniement pour mieux les faire démentir par François Fillon ou son conseiller spécial, Henri Guaino. Ainsi, Michèle Alliot-Marie et Christine Boutin comme Hervé Morin seraient-ils sur un siège éjectable ? Rachida Dati, trop décriée à la Justice, pourrait, elle, changer de ministère. Certains nouveaux entrants sont cités, type Jean-Marie Cavada. Surtout, cette technique de management qui consiste à mettre le système sous tension en rappelant à tous la précarité de leur emploi, s’accompagne-t-elle désormais d’une redoutable nouveauté : le carnet de notes. Et Fillon, en maître d’école, d’annoncer qu’il recevra individuellement chacun de ses ministres pour évaluer leurs performances. Combien de logements sociaux Christine (Boutin) ? Et Valérie (Pecresse) combien d’universités ayant opté pour l’autonomie ? Et Christine (Albanel), quel est le taux de fréquentation des musées ? Certes, cette culture du résultat n’est pas en soi condamnable, sauf que le gouvernement ne peut être totalement assimilé à une entreprise surtout pour ses missions de service public. Aussi le risque de démagogie n’est-il pas loin. Dire pour autant, comme le PS, que le « pire est à venir » semble assurément excessif. Le pire n’est jamais sûr, même si le Président nous promet une année « dure et exigeante ». Le changement est aussi un humanisme en ce qu’il vise à préserver l’essentiel des valeurs que beaucoup nous envient.

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