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20.12.2007
La réforme institutionnelle selon Fillon
« S’il y a une disposition qui prévoit que Nicolas Sarkozy veut venir devant le Parlement, on ne votera pas. Cela mettrait en cause le principe de responsabilité du Premier ministre et de séparation des pouvoirs », nous disait François Hollande, il y a quelques semaines. Sur la réforme des institutions, le premier secrétaire du PS sera reçu aujourd’hui par le Premier ministre, lequel s’est déjà entretenu avec les responsables de l’UMP, du Nouveau Centre et du PCF. On verra alors s’il a changé d’avis. L’argumentation que développe François Fillon dans une interview au « Monde » est qu’il ne voit pas pourquoi le président de la République s’exprimerait devant des Parlements étrangers et pas devant le sien comme le font les chefs d’Etat de passage à Paris. Par ailleurs, le chef du gouvernement exclut pour l’instant de légiférer contre le cumul des mandats, vu l’opposition notamment de l’UMP à ce sujet que confirme le président du groupe à l’Assemblée, Jean-François Copé. Seule la réforme de l’Etat permettra à terme l’éventuelle introduction du mandat unique après clarification de compétences enchevêtrées (conseil général, conseil régional...). Enfin, une dose de proportionnelle est envisagée, elle sera introduite à l’occasion du redécoupage des circonscriptions prévu en 2008. Cette réforme que Fillon compare à un « coup d’oxygène donné à la démocratie » ne sera comme prévu, pas votée avant les municipales. Elle hésite sur le passage d’un régime parlementaire ou le Premier ministre est responsable devant les assemblées, à un régime présidentiel à l’américaine que Fillon juge néanmoins inéluctable. La contrepartie que constitue l’accroissement des pouvoirs du Parlement lui donne des pouvoirs nouveaux en matière d’ordre du jour, d’initiative, de contrôle des nominations. Sur ce dernier point, Hollande en relativise la portée, considérant qu’il s’agit juste d’un avis. Rien de révolutionnaire mais une inflexion subtile qui conduira à terme à un changement de régime.
08:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, François Hollande, UMP, François Fillon
18.12.2007
La grande parade
08:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, pipolisation, Christophe Barbier, L'Express, Edouard Coudurier
17.12.2007
Paris-Londres: l’éternelle rivalité
Le retrait du contingent britannique, ramené à 2.500 hommes en Irak, était prévu de longue date. Son engagement au côté de George W. Bush aura coûté très cher, en terme de popularité, à Tony Blair. Lequel, qualifié de « caniche » du président américain, connut, malgré ses talents de communicateur, une fin de mandat difficile. La posture d’allié privilégié de l’Amérique était sans doute à ce prix. Mais les Anglais, également présents en Afghanistan, ne pouvaient indéfiniment maintenir leurs troupes sur tous les fronts. Aujourd’hui encore, les diplomates britanniques restent prudents sur le relatif apaisement qui prévaut en Irak. Cette décroissance de la violence, notamment entre chiites et sunnites, leur apparaît comme un calcul des principaux protagonistes du conflit. Pour l’heure, tant qu’un accord politique sur la répartition du pouvoir n’aura pas été trouvé entre les principaux partis de la scène irakienne, le calme restera précaire. Malgré leur différence de stratégie sur l’engagement en Irak, Paris et Londres conservent de nombreux points communs. Même format d’armée professionnelle, même capacité d’engagement sur des théâtres extérieurs qui font des Français et des Anglais le noyau indispensable de toute opération européenne pour qu’elle soit crédible. Qu’il s’agisse d’un porte-avions en commun ou d’une force européenne d’intervention au Tchad, Paris et Londres ont des intérêts convergents et une planification commune. Les réticences d’un des deux partenaires, comme c’est le cas des Britanniques sur le Darfour, peuvent bloquer l’opération. Par ailleurs, le Royaume-Uni, fort de sa tradition impériale, s’agace, tout comme l’Allemagne, de l’activisme diplomatique du président de la République. Certes, on reconnaît que Nicolas Sarkozy a accéléré le processus dans l’affaire des infirmières bulgares. Mais l’on tient à souligner que la communauté internationale avait bien travaillé le dossier, même si Sarko a remporté la mise. De part et d’autre du Channel, les choses ne seront jamais simples. Surtout depuis que le chef de l’Etat français s’est mis dans la tête de devenir le meilleur allié de l’Amérique.
08:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Irak, Hubert Coudurier
14.12.2007
Une sanction exemplaire
Les arguties de la défense qui incitaient la cour de ne pas faire du « berger de Cargèse » un « Dreyfus corse » auront finalement eu peu de poids. Sans doute parce que les plaidoyers des avocats sur l’absence de certitudes dans le dossier n’ont pas convaincu alors que pour l’accusation, la culpabilité d’Yvan Colonna ne faisait aucun doute. La riposte de l’Etat à l’assassinat par trois balles de son représentant en Corse aura donc été tardive mais foudroyante. En condamnant à la perpétuité l’homme accusé d’avoir tiré sur le préfet Erignac, la Cour d’assises spéciale de Paris a ainsi délivré une sanction exemplaire. Il n’est pas innocent que ce verdict intervienne sous la présidence de Nicolas Sarkozy qui avait organisé la traque de Colonna lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et fut fier d’avertir Chirac que les forces de police avaient accompli leur mission. Et cela malgré les rivalités entre services et les rodomontades du commissaire Marion. Quatre semaines d’un procès sous tension mais enfermé dans sa logique criminelle n’auront toutefois pas dérapé sur la question corse. Signe, comme l’a annoncé le président de la République à l’occasion de multiples déplacements dans l’île de Beauté, que le temps de la complaisance à l’égard de certains comportements de type mafieux est révolu. Le nationalisme corse a longtemps fait l’objet d’arrangements au plus haut niveau de l’Etat ou le clanisme local était parrainé par des hommes comme Charles Pasqua. La gangrène du nationalisme, débordé par des affaires de droit commun, et l’atteinte à un symbole de l’autorité de l’Etat justifiaient cette fermeté. Pour autant, la gestion du problème corse par Paris et sans doute les traditions insulaires ont évité une dérive bien plus grave, à la sicilienne, ce dont on ne peut aujourd’hui que se féliciter.
08:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Yvan Colonna, Hubert Coudurier, Corse, Erignac
11.12.2007
Rama Yade : un diamant français
En ruant dans les brancards, quitte à nuancer par la suite son propos, Rama Yade a finalement volé la vedette au colonel Kadhafi. Jamais dans l’histoire de la V e , un secrétaire d’Etat n’avait osé défier de la sorte le président de la République. La situation est en effet surréaliste. En forçant le trait, c’est un peu comme si Hillary Clinton, élue à la Maison Blanche, recevait Ben Laden devenu président de l’Afghanistan en lui concédant, pour cause de grands contrats, l’absolution de ses forfaits. Bref, c’est une formidable leçon de dignité que cette jeune femme, belle et courageuse, a infligée au gouvernement, qui continue, malgré les changements de présidents, à conduire une politique étrangère ambivalente. La rupture, en l’occurrence, ne paraît guère évidente. Glorification des droits de l’Homme d’un côté, brandis comme un manuel de relations publiques. Realpolitik de l’autre, sur fond de compétition économique acharnée dans les principales dictatures de la planète. Sauf que la chancelière Angela Merkel ne se précipite pas pour féliciter un homme comme Poutine, conforté par un scrutin douteux. Peut-être parce que ses excédents commerciaux lui en laissent le loisir. Certes, Jacques Chirac avait été le premier à renouer avec le régime du dirigeant libyen, qui acceptait de faire amende honorable pour obtenir sa réinsertion dans la communauté internationale. Le Premier ministre Lionel Jospin, s’immisçant en période de cohabitation dans le domaine réservé, avait d’ailleurs fait annuler, en 2000, une invitation que lui avait adressée Jacques Chirac. Les attentats du 11-Septembre ont néanmoins détourné l’attention de cet étrange personnage, qui fut des années durant l’un des principaux financiers du terrorisme international. Si l’on ne peut contester la normalisation en cours, quel besoin avait Nicolas Sarkozy de recevoir avec un tel éclat ce « rastaquouère », dont la démarche titubante indique déjà le caractère déséquilibré. Il est un peu facile de stigmatiser les intellectuels germanopratins, même si personne ne peut contester au président d’avoir libéré les infirmières bulgares détenues dans des conditions ignominieuses.
09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rama Yade, Droit de l'homme, Kadhafi, Nicolas Sarkozy
06.12.2007
La drague en politique
11:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, PS, François Hollande, François Bayrou, Modem
05.12.2007
Sarko avocat du big business
Agacé par les critiques de chiraquiens sur ses penchants atlantistes, Nicolas Sarkozy, encore candidat de l’UMP, avait lancé : « Moi au moins, je ne sers pas la pogne de Poutine ». Allusion à l’attitude de son prédécesseur à l’égard du président russe dont la répression en Tchétchénie fut passée par pertes et profits. En félicitant Vladimir Poutine pour l’élection de dimanche, alors que la chancelière allemande prenait ses distances, le président français effectue un virage sur l’aile qui a scandalisé la Fédération des Droits de l’Homme. On est bien loin de Mitterrand, évoquant le cas des Sakharov sous les lambris dorés du Kremlin, alors que Gorbatchev s’apprêtait à prendre le pouvoir. Est-ce la récente visite de travail à Moscou de Nicolas Sarkozy qui l’a fait changer d’avis ? Trouverait-il des vertus à cette dérive autoritaire unanimement dénoncée ? En privant la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Rama Yade, de voyage en Chine, le président français avait clairement indiqué que la signature de grands contrats valait plus qu’une avantageuse posture prétendant faire la leçon à tous les pays de la planète. Certes, cette rhétorique traditionnelle de la diplomatie française est parfois ignorante des réalités mondiales. « C’est comme si la Jordanie nous donnait des conseils sur la Corse », ironisa un jour devant moi un ambassadeur, conscient du ridicule de certaines positions où la France prétend « dire le Droit ». Il n’empêche, entre repentance et arrogance, la voie est souvent étroite pour une puissance moyenne comme la France. Laquelle n’a pas les moyens militaires de sa gesticulation diplomatique. Mais à se comporter comme un président VRP, Nicolas Sarkozy ne rompt guère avec son prédécesseur, souvent oublieux des principes. Dans ce cas, pourquoi avoir tenu au soir de son élection un discours aussi ambitieux sur les Droits de l’Homme qui est régulièrement démenti dans les faits ?
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicoals Sarkozy, UMP, Gorbatchev, Tchétchénie, Poutine
04.12.2007
France-Algérie : l’enjeu de la réconciliation
La polémique ayant conduit le ministre algérien des Anciens combattants à traiter le président français de représentant du « lobby juif », avant d’être mollement désavoué par le président Bouteflika, n’est que le prolongement d’un bras de fer persistant entre Paris et son ancienne colonie, toujours en quête d’identité. Durant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy a rompu avec l’attitude chiraquienne consistant à quémander un traité d’amitié avec un pays dont les sphères dirigeantes n’ont de cesse de traiter la France comme le bouc-émissaire de leurs propres turpitudes. Tout en stigmatisant cette propension très française à la repentance (*). Attitude d’autant plus incompréhensible que la France a défendu, lors de la décennie sanglante, le régime algérien contre le péril islamiste d’ailleurs instrumentalisé par les généraux. La loi du 23 février 2005 sur les bienfaits de la colonisation, finalement abrogée par le Conseil Constitutionnel à la demande de Chirac, traduisait l’offensive des députés de droite, notamment du Sud de la France, ayant assuré la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Ainsi la venue à Perpignan d’Alain Marleix, secrétaire d’Etat aux anciens combattants pour l’inauguration d’une stèle à la mémoire des Français tombés en Algérie, parmi lesquels les anciens de l’OAS, a t-elle ulcéré le régime d’Alger. Sauf que le ministre algérien s’est pris les pieds dans le tapis au nom d’un populisme islamiste qui progresse dans la société et que cautionne le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem. Du coup, il a versé dans une diatribe antisémite. Une « opération revancharde » eût été plus acceptable. Dans une interview à l’agence algérienne APS, Nicolas Sarkozy a décidé de calmer le jeu au nom de cette réconciliation mémorielle si difficile à accepter de part et d’autre de la Méditerranée. Il ne pouvait être question d’annuler le voyage ce qui n’aurait fait qu’aggraver les plaies. C’est la nature du président français et c’est sa force. Mais il y a à la clef des enjeux économiques, cinq milliards de dollars de grands contrats, et l’on sait que les Algériens désormais riches de leur pétrole et sollicités de toutes parts, n’entendent faire aucun cadeau à l’ancienne métropole. * Lire à ce propos Paris-Alger couple infernal, de Jean-Pierre Tuquoi, chez Grasset.
08:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : repentance, Chirac, Sarkozy, Algérie








