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31.10.2007
La transparence inflationniste
En revendiquant une augmentation de salaire qui aligne le sien sur celui du Premier ministre, le président de la République manifeste une nouvelle fois sa relation décomplexée à l’argent. Personne, avant lui, n’avait osé le faire. Et on avait déjà vérifié cette attitude lors de sa croisière de milliardaire sur le yacht de Vincent Bolloré ou à l’occasion de ses vacances d’été outre-Atlantique. Dans un pays d’une culture catholique comme la France, personne n’aime donner spontanément son salaire, contrairement aux États-Unis. De surcroît, l’idéal révolutionnaire qui nourrit notre inconscient collectif a engendré des réflexes égalitaristes qui s’accommodent mal des inégalités sociales, pourtant croissantes. Nicolas Sarkozy bouscule ces conceptions traditionnelles. Certes, il est anormal que le chef de l’État soit moins bien loti que le Premier ministre. D’autant que ce dernier a été transformé en sous-fifre par la présidentialisation du régime. Il reste que la contrepartie logique serait que Nicolas Sarkozy règle ses dépenses personnelles, comme le suggère le député socialiste René Dosière, spécialiste budgétaire des finances du « château ». Car chacun sait que le locataire de l’Élysée ne débourse jamais un centime. Ainsi, quand l’ancien secrétaire général, Jean-Louis Bianco, laisse entendre que François Mitterrand réglait ses notes de restaurant, il fait doucement rigoler pour qui a connu la propension du « Sphinx » à se faire systématiquement inviter. La volonté de rendre l’Élysée plus transparent en y affectant les dépenses de personnels prélevées sur les autres ministères apparaît comme une bonne chose. Encore faudrait-il que cette transparence ne soit pas un leurre, car on sait, depuis l’arrivée de M. Sarkozy rue du Faubourg Saint-Honoré, que la rotation des chauffeurs et des maîtres d’hôtel a atteint un niveau inégalé. Pas question, semble-t-il, de réduire son train de vie et on l’imagine mal installer, comme le général De Gaulle, un compteur électrique personnel pour ses appartements privés.
09:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Elysée, Premier ministre, salaire du Président
30.10.2007
Edito vidéo du 30 octobre
10:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, Edito vidéo
Balladur occupe le terrain
L’ancien mentor du chef de l’Etat a bien travaillé. Edouard Balladur a accouché d’un projet équilibré, pondéré, tout à son image. L’opportunité de cette réforme institutionnelle n’était pourtant pas évidente. Hormis le fait de saturer l’agenda médiatique selon une technique politique désormais éprouvée : gaver les journalistes pour qu’il n’y ait pas un seul point de fixation. Bref, lancer toutes les réformes en même temps afin d’empêcher le blocage de l’une d’entre elles qui déboucherait immanquablement sur un sentiment de paralysie. Car, au fond, cette réforme-là, les Français s’en fichent. Avant le premier tour de la présidentielle, le futur président ironisait sur cette VI e République que voulait promouvoir Arnaud Montebourg pour le compte de Ségolène Royal. Edouard Balladur a donc œuvré avec l’objectif de satisfaire tout le monde. Nicolas Sarkozy bénéficie d’un renforcement du régime présidentiel, qui cantonne le Premier ministre à un rôle d’exécution, et lui permet de venir s’exprimer devant les parlementaires. Comme s’il ne disposait pas déjà d’un nombre suffisant de tribunes. Les parlementaires disposeront néanmoins de moyens de contrôle plus importants, permettant au pouvoir législatif actuellement sous tutelle de devenir enfin adulte, à l’exemple des Etats-Unis. Quant à l’opposition, elle peut se targuer d’obtenir une dose de proportionnelle et l’interdiction du cumul des mandats qui déplaît souverainement à l’UMP. Le risque d’un tel projet, c’est au fond, en voulant plaire à tous, de ne satisfaire personne. A commencer par le Premier secrétaire du PS, François Hollande, qui trouve très minime le renforcement des droits du Parlement. Edouard Balladur a beau plaider que la présidentialisation n’est pas le volet le plus important, personne ne le croit. Déflorées dans la presse avant même que l’Elysée en ait pris connaissance, les conclusions du comité Balladur devraient voir leur mise en œuvre reportée à l’après-municipales, dans le but de ne pas indisposer la majorité. Et qui sait peut-être aux calendes grecques. L’important n’est-il pas d’occuper le terrain ? C’est aussi cela la modernité dans une démocratie d’opinion.
09:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Balladur, Hubert Coudurier, Nicoals Sarkozy, UMP, PS
25.10.2007
Maroc. Sarkozy se remet en selle
Le président français, Nicolas Sarkozy, a achevé, hier, sa visite d’Etat au Maroc largement consacrée aux liens économiques entre les deux pays ainsi qu’à son projet d’Union de la Méditerranée.
09:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Maroc, Nicolas Sarkozy, Hicham El Guerrouj
24.10.2007
France-Maroc. Le rêve d'une fusion euro-méditerranéenne
S'exprimant, hier, à Tanger, face aux chefs d'entreprises après une allocution le matin, devant le parlement marocain à Rabat, Nicolas Sarkozy était confronté à une redoutable difficulté. Comment faire décoller cette union de la Méditerranée, compte tenu du scepticisme né de l'enlisement du processus euro-méditerranéen de Barcelone ?
De notre envoyé spécial.
Dans cette zone qui englobe les pays riverains de la « mare nostrum », il n'y a aucune intégration économique comme en Europe, mais des nations qui se chamaillent, notamment celles du Maghreb, ou se font la guerre, à l'exemple du Proche-Orient. Pas facile donc de s'inventer un destin commun. Et pourtant le président français a dressé les contours de ce rêve d'une nouvelle entente en lançant « Peuples de la Méditerranée, notre avenir est à nous ».
Pas question de choquer
La plume du conseiller Henri Guaino, qui porte le projet d'union méditerranéenne, devait se faire pardonner le discours de Dakar, où quelques vérités bien senties avaient eu du mal à passer. Cette fois, pas question de choquer qui que ce soit, mais au contraire de rassembler largement, comme le président français sait le faire en louant ses interlocuteurs pour leurs capacités de tolérance : « Ici on a protégé des juifs », et leur civilisation raffinée. Hommage à la relation franco-marocaine et aux deux vieilles nations « jalouses de leur indépendance » qui se vivent comme des creusets. Rappel de la haute figure de Lyautey, mais aussi des « fautes et parfois des crimes du protectorat », sans pour autant verser dans cette propension très française à la repentance.
Coup de blues
« Nous ne bâtirons pas l'union méditerranéenne sur l'expiation de la faute des pères par les fils », a dit le chef de l'Etat français dans une problématique singulière qui le renvoie au déchirement du passé, à sa propre souffrance et à son ambition de dépasser les conflits pour construire du neuf. Une volonté de ne pas s'enkyster dans la haine, comme le montre l'affrontement israëlo-palestinien enfermé aujourd'hui dans une véritable impasse. Un point de fixation d'ailleurs exclu du noyau dur de l'union (Algérie, Tunisie, Maroc, Libye), afin de démarrer au plus tôt, c'est-à-dire lors d'une conférence qui se tiendra probablement en juin 2008, à Marseille. Une manière d'enterrer, sans le dire, le processus de Barcelone pour ne pas fâcher les Espagnols et remettre astucieusement la France au centre du jeu dans un nouveau cadre. Et pour ce rêve d'une fusion euro-méditerranéenne renouvelée, Sarko sait trouver les mots qui touchent, agiter les notions d'audace et de courage, puis invoquer ce mot fétiche de rupture qu'il a tant de mal à apprivoiser. La veille, un coup de blues lui avait fait annuler son dîner dans la médina à Marrakech pour rester en compagnie de ses deux anges blonds de fils. Dans un geste d'affection, le roi Mohammed VI s'était alors invité à l'improviste avec sa femme Salma, son fils et deux neveux, afin de recréer cette atmosphère familiale que le président de la République affectionne tant. Une attention pour le moins délicate venant d'un homme que l'on dit parfois caractériel et qui peut à l'occasion terroriser ses généraux, et dont la presse qualifie désormais le style de gouvernement d'hyper monarchie en référence à l'hyper présidence française. Le lendemain, au parlement de Rabat, Nicolas Sarkozy semblait fort ragaillardi face aux députés ayant troqué la gandourah pour le costume-cravate. Toute en noir (couleur de deuil), Dati (Rachida), née de père marocain, conversait sur les bancs de l'assemblée avec son homologue Radi. Et le président français de vanter les acquis du Maroc dans le domaine des Droits de l'homme, de saluer son gouvernement composé d'une nouvelle « génération de ministres prometteurs », de se féliciter des progrès sur le Sahara occidental, de l'ouverture du pays à la compétition mondiale...
« On s'est souvent fait berner »
Même les députés islamistes du PJD (Parti de la Justice et du Développement), généralement muets sur leurs bancs, devaient approuver sa prestation. « Sur l'immigration, il a arrondi les angles. Il faut renforcer le contenu de l'union méditerranéenne au niveau économique et social. On s'est souvent fait berner, donc on se méfie des beaux discours », commentait le numéro deux du PJD, Lahcene Daoudi, soulignant néanmoins les limites du rêve sarkozyste : « Les généraux algériens n'ont pas intérêt à ce que le terrorisme disparaisse, pas plus que les frontières avec le Maroc. Toute seule la France ne peut rien, car avec son gaz, l'Algérie est désormais trop puissante. Mais le rapprochement de M. Sarkozy avec les Américains peut aider ».
10:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, Maroc, Hubert Coudurier
19.10.2007
La Rupture tranquille
Notre prudence des derniers jours n’était pas justifiée puisque la rumeur a été confirmée mais nous ne la regrettons pas. La matière est en effet délicate. Pour une telle première dans l’histoire de la République, il n’y a de surcroît guère de jurisprudence.
Un certain panache
Par cette séparation, Cécilia Sarkozy renonce à ce qui fait encore rêver de nombreuses midinettes : un Palais pour une princesse. Mais cette démarche déterminée - car ce n’est un secret pour personne que la Première dame a forcé la main d’un Président qui a tout fait pour la garder - a le mérite de la clarté. Elle ne manque pas d’un certain panache à moins que cela soit de l’inconscience car la liberté se paie toujours d’un prix élevé. Il reste que les conséquences d’un tel divorce ne sont pas insurmontables pour le chef de l’Etat. Lequel en a souffert mais ne semble désormais pas aussi atteint que lors de leur première séparation. Sa tranquillité, comme les conditions de l’annonce faite d’un commun accord, contraste désormais avec l’énervement d’alors. En réalité, l’homme se trouve à l’unisson de nombreux Français qui ont traversé les mêmes affres. Cela ne l’empêchera pas de gouverner, pas plus que cela ne l’avait privé, la première fois, de faire campagne. Ni de retrouver une nouvelle compagne alimentant le feuilleton de sa vie amoureuse qui ne cessera plus d’être scrutée par les observateurs médiatiques.
Les socialistes n’ont pas alimenté le feuilleton
Tout le monde aura noté que la rupture promise vient de se produire, fut-ce dans son couple et à son corps défendant. Cette « peoplelisation » de la vie politique, déjà observée durant la campagne électorale, a en partie occulté l’actualité sociale du jour, au grand dam des socialistes qui espéraient en profiter pour se refaire une santé. Déjà agacés par les commentaires sur le couple Hollande-Royal, ils n’ont pas voulu alimenter le feuilleton. On les comprend. On peut le déplorer, constater que cela détourne l’attention des vrais problèmes et que cette surexposition médiatique que Sarko a recherchée pour son couple lui a explosé à la figure. « Pour vivre heureux vivons cachés », dit le proverbe. Mais c’est un fait de société. L’américanisation de la vie politique, qui a porté le Président au pouvoir, est partie pour durer.
09:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hubert Coudurier, Cécilia Sarkozy, Nicolas Sarkozy
17.10.2007
Point de vue. Un test social
Le gouvernement aborde cette semaine sa première épreuve de force sur le front social, laquelle constituera un vrai test pour la suite. Il n’empêche, le contexte est très différent de celui de l’hiver 95 qui avait scié les pattes d’Alain Juppé. A l’époque, le gouvernement avait chargé la barque en additionnant réformes de la Sécu et des retraites des fonctionnaires. Ensuite, la popularité du tandem exécutif reste forte même si l’état de grâce s’achève. La légitimité d’un alignement de la durée de cotisation des régimes spéciaux est incontestable. On peut s’étonner que la gauche qui brandit constamment la notion d’égalité ne l’ait pas fait. D’autant que la période de référence sera celle, plus favorable, de la Fonction publique. L’affaire Gautier-Sauvagnac, du nom de la caisse noire de l’UIMM, introduit le doute sur les relations entre le grand patronat et certains syndicalistes au moment où l’on aimerait que le monde syndical soit plus représentatif des salariés pour accoucher de véritables compromis. Aujourd’hui, nous avons encore trop souvent des affrontements idéologiques qui masquent de petits arrangements. Le savoir-faire de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Xavier Bertrand, qui ont pris le soin d’annoncer une forte mobilisation, incite les syndicats à se montrer circonspects. Nous sommes dans une période de refondation où les règles changent et chacun s’observe en conséquence. Paradoxalement, les difficultés économiques qui s’annoncent peuvent inciter à la réforme d’un système de protection sociale à bout de souffle comme l’ont fait les Allemands. Les aides à l’emploi représentent aujourd’hui la moitié du déficit du pays. Or, sans désendettement, il n’y aura pas ce point de croissance supplémentaire que le président appelle de ses vœux. Le seul moyen de créer de l’emploi qui ne soit pas de l’assistance. Pour le reste, ce n’est pas la réforme de la carte judiciaire, quelles que soient les maladresses et l’inexpérience de Rachida Dati, ou la polémique sur les tests ADN qui vont bouleverser l’opinion. La seule chose qui importe, c’est le pouvoir d’achat dont le ressenti ne correspond d’ailleurs pas toujours à la réalité. S’il est avéré que Nicolas Sarkozy a fait une erreur de cadrage de sa politique budgétaire à travers un paquet fiscal inapproprié ayant saupoudré ses maigres marges de manœuvre budgétaires, il pourrait en payer le prix.
08:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, manifestation, réforme, grève
11.10.2007
Quand Guaino mouche BHL
Piqué au vif, le conseiller du président, Henri Guaino, a traité Bernard Henri-Lévy de « petit con prétentieux ». Émoi à Saint-Germain-des-Prés qui se délecte de cet affrontement à fleurets non mouchetés entre le conseiller du Prince et le symbole de la gauche caviar. Il se trouve que BHL est en tournée de promo pour la sortie de son dernier essai consacré à la décomposition de la gauche (« Ce grand cadavre à la renverse », chez Grasset). L’ouverture du livre est d’ailleurs consacrée à un entretien téléphonique croquignolet entre le philosophe très médiatique, auteur il y a trente ans de « La barbarie à visage humain » et celui qui n’était alors que candidat à la présidentielle.
« Alors tu me la fais ta petite lettre ? », insiste lourdement Nicolas Sarkozy, qui a déjà enregistré le soutien d’André Glucksman dans une tribune libre au « Monde ». Tour à tour patelin, ironique et véhément quand il revendique, face à la gauche, le titre de meilleur défenseur des droits de l’homme, Sarko n’obtiendra pas ce qu’il veut. Et en dévoilant cette conversation privée, BHL cherche une nouvelle fois la posture qui le fera passer à la postérité. Celle du type admirable qui n’abandonne pas ses compagnons de route dans la tourmente et singulièrement Ségolène Royal, dont il fut le confident. Bref, le fidèle de la gauche, hérissé par les clins d’œil de Sarko au Front National à travers notamment sa politique d’immigration et qui a convaincu Dominique de Villepin de signer la pétition anti-tests ADN de « Charlie Hebdo ». Rien que de très classique pour ce milliardaire ayant su créer son personnage avec un sens fulgurant du marketing et dont la notoriété dépasse désormais les frontières.
Là où l’exercice devient quelque peu crapuleux, car il dépasse la simple auto-célébration, c’est quand ce philosophe que la Sorbonne n’a jamais reconnu comme tel, s’en prend à des esprits libres et éclairés, tels Jean-Pierre Chevènement et Henri Guaino, qui ont constamment ramé à contre-courant du conformisme ambiant. Accusant le premier qu’il n’est pas loin d’assimiler à la « France moisie » décrite par Philippe Sollers, d’avoir causé la défaite de Lionel Jospin ce qui est une contre-vérité. Et le second d’avoir écrit « le discours raciste » de Nicolas Sarkozy à Dakar. Lequel se contentait de leur dire enfin quelques vérités. Conclusion : il y a des limites à l’imposture même si une polémique est toujours utile pour la vente.
09:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : BHL, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy
09.10.2007
Point de vue. EADS : Sarko se dédouane
En exigeant que l’enquête sur EADS soit conduite à son terme afin que les éventuels fraudeurs puissent être punis, Nicolas Sarkozy joue sur du velours. Une fois de plus, et sans grande difficulté, il pianote sur le thème de l’État impartial face aux patrons supposés « voyous ». Un registre auquel le candidat avait déjà eu recours durant la campagne électorale. Cette posture symbolique où Sarko se met en avant pour commenter une décision qui relève de la justice, ne peut qu’être favorablement appréciée par une opinion exaspérée. Elle vise aussi à le dédouaner des agissements que l’on pourrait imputer aux collaborateurs d’Arnaud Lagardère, longtemps considéré comme l’un des proches du président. Un « frère », si l’on en croit le patron du groupe d’armement et de médias, auquel le chef de l’État a imposé, dans le courant de l’été, de se plier à l’arrangement industriel conclu pour EADS avec Angela Merkel. Lequel définissait un nouveau partage des responsabilités entre les Français et les Allemands. Mais la réalité est plus complexe. Sous François Mitterrand, l’affaire Péchiney, qui avait pour origine une OPA sur un groupe canadien, mettait en scène un délit d’initié dont fut accusé un intime du chef de l’État, Roger-Patrice Pelat. Mitterrand, interviewé par Anne Sinclair, l’avait défendu avec des accents mélodramatiques. Cette fois, il ne s’agit plus d’acheter des actions d’une entreprise avant une hausse prévisible du cours en fonction d’informations privilégiées. À l’inverse, plusieurs dirigeants du groupe Lagardère sont accusés d’avoir vendu leurs actions en sachant que les retards de l’A380 allaient faire plonger le cours d’EADS. Dans les deux cas, ceux qui sont au cœur du système ont un avantage décisif par rapport à la multitude des petits porteurs, livrés à la fluctuation du marché. L’État a-t-il, pour autant, accompagné ce mouvement qui pourrait être qualifié de frauduleux ? Non, répond l’ancien ministre de l’Économie, Thierry Breton, qui estime que la vente de ces actions par la Caisse des Dépôts s’est faite à son insu, malgré un bordereau attestant du contraire. En se défaussant d’emblée d’éventuelles malversations, Nicolas Sarkozy montre à ses nombreux amis du monde patronal les limites de sa solidarité.
08:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, EADS, Angela Merkel
05.10.2007
Point de vue. L'absente
On croyait avoir compris qu’elle se voyait dans un rôle plus proche de Danièle Mitterrand que de Bernadette Chirac, trop traditionnelle à son goût. Plus engagée dans l’humanitaire que dans la collecte des pièces jaunes. Et voilà que Nicolas Sarkozy rend une nouvelle fois hommage, dans un journal bulgare, à sa femme pour le rôle qu’elle a joué dans la libération des infirmières. A cette occasion, le chef de l’Etat dit publiquement ce qu’il confiait en privé sur sa fine appréhension de la psychologie du colonel Kadhafi. Ce faisant, il souligne, a contrario, son absence regrettée à Sofia qui l’a décoré, hier, comme un héros national. L’Elysée avait néanmoins une explication toute prête pour justifier ce nouveau « no-show », comme disent les Anglo-Saxons. Surtout, ne pas relancer la polémique après le refus de l’épouse du président de témoigner devant la Commission d’enquête parlementaire sur les conditions exactes de leur libération. Certes, on peut comprendre que la première dame de France souhaite se protéger de la cruauté du monde politique, de cette arène infernale où à travers elle, c’est son gladiateur d’époux qui est visé. Quel tumulte, en effet, pour une bonne action bien mal récompensée puisque l’Elysée a été accusé, à cette occasion, de toutes les turpitudes. Il n’empêche, après sa visite écourtée au G8 en Allemagne et son angine blanche ressentie comme un prétexte pour ne pas déjeuner à la résidence familiale des Bush, beaucoup s’interrogent sur sa volonté d’assumer des fonctions de représentation qui semblent de plus en plus la « raser ». Bref, à remplir une fonction qui n’est pas vraiment codifiée. Alors que le chef de l’Etat apparaît de plus en plus souvent seul en public tout en demandant qu’on respecte sa vie privée, de nombreuses spéculations fleurissent sur le couple présidentiel qui n’a toujours pas emménagé à l’Elysée.
09:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kadhafi, Nicolas Sarkozy, Danièle Mitterrand, Cécilia Sarkozy








