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23.08.2007

La lutte contre l’impuissance

Une catastrophe naturelle, aérienne ou ferroviaire, un accident de pêche (au demeurant scandaleux) ou d’autocar et voilà que les hommes politiques débarquent désormais au plus haut niveau, comme hier, pour témoigner leur solidarité avec les familles des victimes. Dans ces moments douloureux, leur soutien est précieux et apprécié. Rien que de très normal au sein de sociétés où la vie humaine, comme le respect de l’enfant, sont mieux pris en compte que sous d’autres latitudes ou à d’autres époques. Nicolas Sarkozy n’a pas inventé cette gestion compassionnelle dont Jacques Chirac avait fait un style de gouvernement au point de l’étendre aux victimes de l’esclavage. Avec un goût pour la repentance qui confinait à l’excès. Déjà ministre de l’Intérieur, le nouveau président assistait systématiquement aux obsèques des représentants des forces de l’ordre tués dans l’exercice de leurs fonctions. Il n’hésitait pas à interpeller la justice quand un crime était le résultat d’une récidive que les magistrats n’avaient pas su prévenir. Ainsi, tenait-il récemment en privé des propos très critiques sur la procureure dans le dossier du pédophile Francis Evrard qui a focalisé l’attention des médias en début de semaine.
Reste que ce recours systématique à un registre émotionnel n’est pas sans danger. Simplifier à l’excès des problèmes qui ont souvent des causes plus complexes peut apporter un réconfort momentané. Au risque de déresponsabiliser la chaîne de tous ceux qui, à des degrés divers (éducateurs, soignants, psychologues, magistrats...), auraient pu agir avec plus de célérité. « L’affaire Evrard, ce n’est pas un dysfonctionnement, c’est un vide juridique », tranche le chef de l’État. De même s’est-il engagé à tout faire pour que le procès du bateau ayant coulé le Sokalique se tienne en France. On est loin de la macroéconomie et de la crise financière sur laquelle les Etats ont moins de prise à l’heure de la mondialisation. Par ses intrusions répétées dans le quotidien des Français, du pouvoir jadis qualifié de suprême, le président veut montrer l’exemple. C’est une course contre l’impuissance qui finit toujours par tuer le politique et plus symboliquement le père... de la nation.

12:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Hubert Coudurier, Sokalique, naufrage